Dernièrement, des initiatives voient le jour un peu partout en Belgique pour proposer aux parents des alternatives à l’enseignement classique. Explications. Par Mathilde Warnier.

L’enseignement alternatif, c’est quoi?

L’idée, c’est de totalement repenser l’école. Le focus est sur l’enfant et le respect de ses capacités, et plus sur le contenu de l’enseignement. Exit la compétition pour les « meilleurs points »! Ici, les enfants sont véritablement acteurs de leur apprentissage, dans un cadre qui développe la créativité et la confiance en soi. À la base de ces révolutions scolaires? Des grands pédagogues du nom de Célestin Freinet, Maria Montessori ou encore Ovide Decroly.

Les initiateurs de l’enseignement alternatif

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Célestin Freinet

Instituteur français, il met sur pied, avec sa femme Elise, une pédagogie qui prône avant tout la collaboration entre élèves, la vie en collectivité. La méthode d’évaluation repose elle aussi sur le dialogue. Son rêve? Une école qui mettrait l’enfant au premier rang des priorités. Tout est ainsi mis en place pour favoriser le bien-être de l’élève, qui passe évidemment par des projets créatifs, toujours en groupe. L’expression des ressentis est capitale pour bâtir une solide confiance en soi. Cette valorisation est la clé de la réussite de l’enfant. Concrètement, cela peut passer aussi par des classes multi-niveaux, où petits et grands apprennent les uns des autres.

Vous trouverez ici la liste des écoles à pédagogie Freinet en Belgique.

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Maria Montessori

Médecin, cette italienne recentre l’attention sur l’enfant via le suivi de son propre rythme. Ainsi, l’éveil kinesthésique de l’élève est primordial et respecte les « phases de vie » qu’il traverse. Ces phases rendent plus accessibles pour lui certaines compétences à certains moments. Le but? L’autonomisation. Elle est rendue possible aussi par l’adulte accompagnant, qui assure un cadre bienveillant et montre les différentes activités possibles. Ensuite, les enfants sont libres d’aller vers ce qui les inspire et apprennent en toute indépendance. Pas de panique: il y a des règles. C’est aussi l’apprentissage de la vie en société qui est en jeu.

Attention: si vous êtes intéressé par la pédagogie Montessori, sachez que les prix sont souvent beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Ce qui peut paraître un poil paradoxal…

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Ovide Decroly

Psychologue et médecin, Decroly est révolté par l’idée que la méthode traditionnelle d’apprentissage soit réservée à une élite. A l’époque (au début du 20e siècle), on qualifiait encore « d’anormaux » ou « arriérés » les enfants qui ne rentraient pas dans ce moule. Il construit une pédagogie qui lui semble accessible à tous, même à ces élèves qu’il préfère appeler « irréguliers ». On lui doit notamment la méthode globale de lecture, qui est basée sur ce que l’enfant rencontre dans son environnement. Ce sont les intérêts de l’enfant, observé dans sa globalité, qui servent de base à son apprentissage. Là aussi, l’idée est la « classe laboratoire » en toute liberté, simplement supervisée par un professeur-guide.

L’enseignement alternatif: quels résultats?

Des résultats en hausse, une motivation plus importante, une large baisse (si pas l’absence) de la violence,… La prise en compte des besoins de l’enfant a des effets impressionnants. Et si l’enseignement est à l’écoute de chacun, les élèves le sont aussi. Pas mal pour former les futurs adultes, non?

Cet article est inspiré et documenté par ligue-enseignement.be, qui consacre à l’enseignement alternatif cette page d’information.

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