Si le nombre de divorces a fort baissé ces dernières années, c’est surtout parce qu’il y a plus de couples qui optent pour la cohabitation plutôt que pour le mariage. Ces séparations-là ne se retrouvent pas dans les statistiques. Une étude récente n’annonce rien de bien rassurant: dans un échantillon de 20 000 couples cohabitants, en quatorze ans, 2 couples sur 3 se sont séparés.

PAR KELLY DERIEMAEKER, AVEC LA COLLABORATION DE MARIE AUBAIN.

UN OUI RAPIDE, UN NON HÉSITANT

Même le législateur a rendu le divorce plus facile. Jusqu’en 2007, dans notre pays, on ne pouvait pas divorcer tant que les deux parties n’étaient pas d’accord sur tout.

Sinon, la loi vous imposait un période de réflexion de deux ans, pendant laquelle on ne vivait plus ensemble, mais on ne divorçait pas. Grâce à la réforme de cette loi, aujourd’hui, la plupart des divorces sont réglés en six mois environ.

«Un divorce est toujours une bonne nouvelle, puisque c’est la fin d’une mauvaise relation, Ce qui serait triste, c’est de divorcer quand on est heureux ensemble. Mais ce n’est jamais arrivé», dixit l’humoriste américain Louis C.K. Vraiment?

« On réfléchit généralement plus longtemps à l’idée de divorcer qu’à celle de se marier. »

En pratique, prendre conscience que son couple part à la dérive, voire va droit dans le mur, ce n’est pas facile. Elle peut être longue, la période écoulée entre le moment où quelqu’un pense pour la première fois: «Mon couple? Bof…» et la signature des papiers du divorce.

Parfois, on remet la décision à plus tard, quand les enfants seront un peu plus grands, puis quand ils auront quitté la maison. Ou quand l’un des deux partenaires sera pensionné. Parfois, le pas n’est jamais franchi, mais la vie reste pétrie de doutes. Une hésitation qui a un prix.

Ne pensez pas pour autant que la décision de partir fasse automatiquement disparaître le doute. En fait, les spécialistes semblent tous d’accord pour dire qu’on réfléchit généralement plus longtemps à l’idée de divorcer qu’à celle de se marier.

ON N’ÉPOUSE JAMAIS LE BON

Le philosophe Alain de Botton a fait un buzz immédiat dans un article pour le New York Times « Why you will marry the wrong person ». Le fondateur de The School of Life recommande de remplacer notre image de l’être parfait, capable de combler tous nos besoins et désirs, par une certitude certes tragique, mais ô combien plus réaliste, celle que chaque être humain engendrera chez vous de la frustration, de la colère et de la déception.

Et ce n’est pas grave, c’est normal et ce n’est pas un motif de divorce. Son conseil: choisissez un partenaire pas trop inadapté, avec lequel vous arrivez à négocier de façon plutôt intelligente à propos de vos différends. Soyez content si vous réussissez à relever un défi quasiment impossible: cohabiter avec un autre être, aussi vulnérable et aussi imparfait que vous.

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GAEL août

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