Cette destination envoûtante est réputée pour être l’une des plus authentiques et diversifiées d’Afrique. Une popularité qui n’a pas altéré sa beauté incandescente et contrastée, où s’épanouissent les animaux sauvages.

Escapade en Namibie

Cela fait 28 ans que la Namibie a accédé à l’indépendance. Après une colonisation par l’Allemagne et une mise sous tutelle par l’Afrique du Sud, la Namibie a retrouvé sa liberté le 21 mars 1990, après une guerre de plus de deux décennies. Lorsque nous y avons posé le pied pour la première fois, au printemps 2006, le pays ne figurait pas sur la carte touristique… jusqu’à ce qu’Angelina Jolie et Brad Pitt y donnent naissance la même année à leur fille Shiloh. Tous les projecteurs se sont alors tournés vers cet immense pays d’Afrique, le moins densément peuplé au monde après la Mongolie. Les médias reviennent sur son passé colonial et ses paysages extraordinaires qui donnent le vertige et invitent à tout remettre en perspective. Depuis dix ans, la Namibie est ainsi devenue l’une des destinations les plus prisées et «instagrammées» du continent africain.

ENTRE ÉLEVAGE ET VIE SAUVAGE

Mais le pays a des raisons supplémentaires de porter haut ses couleurs. Il sert ainsi d’exemple en matière d’éducation et de protection de la faune et de la flore. Alors que d’autres pays africains peinent à protéger leurs espèces animales contre la chasse illégale et les fermiers mal intentionnés, la Namibie a trouvé un équilibre naturel. En témoigne par exemple le projet AfriCat de Donna Hanssen. Cette battante aux faux airs de Bo Derek se bat avec passion pour protéger les félins, ou «gros chats sauvages», comme elle aime les appeler. Sa fondation est la preuve que la conservation de la nature est primordiale et que la vision à long terme et la persévérance mènent à de beaux résultats dans le bush africain. Le projet AfriCat a élu domicile dans le magistral Okonjima Lodge, situé à deux heures et demie de la capitale, Windhoek.

Voyage de rêve: vol au-dessus de la Namibie

Les parents de Donna étaient des fermiers blancs qui ont importé des vaches en Namibie en 1970. Mais c’était sans compter avec la présence des lions, des guépards et des léopards… Le père de Donna a alors dû s’assurer qu’aucune de ses bêtes ne finisse dévorée sans avoir à chasser les animaux sauvages, bien conscient que ces terres étaient leur territoire et non celui de fermiers avides de faire du profit grâce à leurs bœufs. Il a d’abord lancé le projet AfriCat dans sa ferme, avant de le faire évoluer rapidement vers une structure plus grande: il est ainsi passé de la recherche d’un équilibre entre élevage et vie sauvage à la sauvegarde des félins, puis, aujourd’hui, à la sensibilisation des paysans namibiens au vivre ensemble.

LES FÉLINS AMBASSADEURS

Donna nous explique comment certains agriculteurs en ont eu assez de perdre leur bétail à cause d’animaux affamés et comment elle a, un jour, été appelée par l’un d’eux qui se préparait à tirer sur un léopard et ses deux petits, à moins qu’AfriCat ne vienne les chercher. Elle nous raconte comment la ferme familiale s’est peu à peu transformée en réserve et centre de recherche, mais aussi en école pour les enfants du village. AfriCat dispose d’une douzaine de félins ambassadeurs, des guépards et des léopards portant un collier radio. Ils peuvent ainsi être suivis et observés dans le parc. En fin d’après-midi, notre guide, Martin, repère les signaux d’Electra, un guépard, ainsi que de son petit de quelques mois, qui, lui, n’a pas de collier. Nous avons la chance d’observer et de photographier ces animaux généralement si discrets. «Savez-vous pourquoi la Namibie est l’un des seuls pays d’Afrique où les animaux sauvages peuvent encore vivre si bien hors des parcs naturels?» nous demande Donna. «Parce qu’il n’y a presque pas d’humains ici! Autant d’espace pour seulement 2,5 millions d’habitants!»

DU ROUGE AU BLEU

Dans la ville côtière de Swakopmund, il n’est question que de contrastes. Les dunes d’un rouge profond côtoient l’impétueux océan Atlantique. Vous êtes toujours en Afrique, mais tout semble très germanique, dont la langue, qui est un mélange d’allemand, d’anglais et de dialecte local. Alors qu’à l’intérieur de la Namibie, les températures avoisinent les 40 °C, la ville de Swakopmund est nettement plus fraîche. De l’océan et ses courants froids émerge une brume épaisse et fantomatique qui se répand généreusement sur le littoral et légèrement à l’intérieur des terres. L’atmosphère est plaisante pour ceux qui en auraient assez de l’air chaud et sec qui règne souvent en Namibie. Généralement, le brouillard se brise vers midi, pour céder la place à un radieux ciel bleu. D’abord, il fait frais et gris. Ensuite, on peut se dorer la pilule sur la plage. Ou boire une bière Weis. Les voyageurs viennent ici pour se rafraîchir, voir les phoques, les chacals en attente de phoques, les pélicans, les dauphins, les flamants roses… ou traverser les immenses dunes en quad ou en sandboard, déguster des huîtres, des moules et autres délices en provenance directe de l’océan. La plupart des hôtels, des B&B et des maisons d’hôtes, soit se situent au cœur de la ville, soit ont vue sur mer. Le Desert Breeze, en revanche, a bien l’air d’être le seul hôtel bâti sur les dunes rouges. Dans les chambres, des poêles à bois pour les nuits froides et calmes de Swakopmund. Loin de la foule.

LA BEAUTÉ AU MILIEU DE NULLE PART

Voler de Swakopmund au désert du Namib est sans doute l’un des plus beaux itinéraires d’Afrique. Le vol à bord d’un Cessna dure environ 1 heure 20. Pour un aller-retour, il faut compter environ 220 €. Il est également possible de loger dans le désert. La raison pour laquelle ce vol panoramique est incontournable, c’est le littoral. De Swakopmund, vous volez au-dessus de la plage, d’abord via Walvis Bay, avec ses reliefs et son phare, ensuite direction les salines et, enfin, le désert. Si la vue est dégagée — parfois, le brouillard persiste —, vous verrez les dunes plonger dans l’océan Atlantique. Dans les mares d’eau de mer stagnante, on aperçoit des flamants roses et des phoques. Des épaves de navires sont échouées sur le sable, comme si l’océan les avait jetées là et qu’elles avaient été mangées par les dunes. Un peu plus loin, le pilote de Wilderness Air vire à gauche, en direction de l’intérieur des terres. La température augmente et la chaleur provoque quelques turbulences. Le Cessna est parfois secoué par des vagues de chaleur. On conseille aux estomacs sensibles de prendre quelques zestes de gingembre avant d’embarquer… Nous continuons à survoler un bout de désert qui ressemble à des plaques de marbre, où dérive le sable, et, plus loin, les fameuses dunes rouges du désert de sel de Sossusvlei. Ce «vlei», mot africain pour «vallée», est entouré de hautes dunes en forme d’étoiles, aux noms clinquants comme Big Daddy et Big Mommy. Sossusvlei est généralement la raison pour laquelle les voyageurs plongent dans les profondeurs du désert du Namib. Ou le survolent. Notre avion atterrit à Geluk, un nom bien de chez nous pour un atterrissage au milieu de nulle part: le désert à perte de vue, quasiment aucune plante, pas d’eau, mais l’espace et le silence, et un ciel étoilé à tomber.

La Namibie en pratique

VOUS Y RENDRE

• De Bruxelles, vous volez via Doha vers Windhoek àpd 654 € par personne, avec Qatar Airways. Avec KLM, vous voyagez via l’Angola ou l’Afrique du Sud.
• Si vous optez pour un fly & drive, vous pouvez, par exemple, louer une voiture chez Sunny Cars àpd 226 € la semaine, assurance comprise.
• Si vous souhaitez personnaliser votre voyage, contactez l’agence belge Terre d’Afrique, qui préparera votre voyage en fonction de votre budget.
• Bon à savoir: il n’y a qu’une heure de décalage avec la Belgique, vous ne souffrirez donc pas du jetlag. Vous n’avez pas besoin de visa, mais bien d’un titre de transport valide au moins six mois après le retour. Toutes les informations sur la vaccination et la prévention du paludisme se trouvent sur itg.be.

MEILLEURE PÉRIODE

• Pour éviter les moustiques, voyagez de préférence dès juin, pendant les mois de l’hiver africain. Les jours sont ensoleillés, mais les nuits froides (soyez prévoyants en termes de vêtements). Les mois de septembre et octobre sont agréables et calmes.
• De novembre à mars, les pluies donnent au désert du Namib une couleur verte. Il fait chaud et les orages sont fréquents.

DES LOGEMENTS ADAPTÉS À TOUS

En Namibie, il y en a pour tous les budgets: simples campings, B&B abordables, chambres d’hôtes le long de la côte — aux noms allemands et aux looks similaires — ou lodges luxueux dans les parcs nationaux.

  • Wolwedans est unique, l’un des plus beaux endroits du monde. De plus, des investissements sont faits pour la protection et la conservation de la nature, ainsi que pour la communauté locale. Excellent rapport qualité/prix. Nuit àpd 280 € par personne en all in.
  • Windhoek, The Olive Exclusive est l’adresse de luxe de la ville. Chambre double àpd 240 €.
  • Le nouvel hôtel phare de Pelican Point à Walvis Bay est géré par le belge Dirk Maes. Chambres àpd 640 € en demi-pension.
  • Okonjima est un lodge fantastique dans le bush, lié au projet AfriCat. Nuit àpd 90 € par personne en demi-pension.
  • Desert Breeze à Swakopmund offre une vue frontale sur les dunes rouges. Chambre double àpd 120 €.

GAEL en avrilRetrouvez ce dossier complet dans le GAEL d’avril, disponible en librairie!

Plus de voyages: