Hôtels somptueux et villages typiques, parenthèse wellness et excursions en montagne, restos gastronomiques et plages de carte postale… Nous nous sommes abreuvées de cette île enchanteresse.

PAR TANIA DIERCKX, AVEC LA COLLABORATION DE MARIE AUBIN. PHOTOS: MARYSE KUYPERS.

À en croire les spots publicitaires dans l’avion, il n’y a pas d’île plus verte que l’île Maurice. Et en effet, durant le trajet allant de l’aéroport Plaisance à notre hôtel, nous apercevons énormément de plantations de canne à sucre. Elles couvrent 40 % du territoire mauricien et avec l’exubérante végétation tropicale qui l’entoure, l’île nous met du vert vif plein les yeux. Et le bleu n’est jamais bien loin puisque l’océan Indien longe 177 km de côtes. Plus nous approchons de notre destination, plus nous apercevons les flashs lumineux des plages de sable d’un blanc éclatant, bordées par le récif de corail qui tempère les vagues. L’eau, aux mille nuances de bleu, de turquoise à azur, ondule tranquillement.

JOUR 1: LE RESORT AUX SEPT COULEURS

L’île Maurice est une destination aux plaisirs variés qui propose des logements pour tous les types de touristes, du bed & breakfast cool au resort chic. Nous avons opté pour le programme de luxe: repas gastronomiques, wellness, sports aquatiques, yoga et pilates, le tout dans l’élégant resort 5* Heritage Le Telfair Golf & Wellness Resort, à Bel Ombre. Dès notre arrivée, tout un staff nous attend, prêt à devancer tous nos désirs. Un majordome nous emmène à notre suite, puis nous montre les cinq restaurants, les deux piscines, le golf 18 trous et la plage avec son beach club et ses milliers de palmiers. Il y a tant de choses à faire sur place que l’on pourrait facilement passer une semaine sans quitter ce petit paradis! C’est d’ailleurs ce que nous ferons aujourd’hui. Les bonnes excuses ne manquent pas: nous reposer après onze heures de vol de nuit, déconnecter de notre vie trépidante en Belgique et s’acclimater à l’ambiance tropicale.

JOUR 2: SAFARI VERT EXOTIQUE

Aujourd’hui, nous partons dans le «monde sauvage» et explorons en 4×4 la réserve naturelle Frédérica, grande de 1 300 ha, qui fait partie du domaine Telfair. C’est ici que l’île se dévoile dans toute sa splendeur. Le guide nous fait traverser la végétation, si dense qu’on arrive à peine à marcher. Nous voyons des montagnes recouvertes de palmiers, des criques moussues avec des chutes d’eau et au point culminant, une tour d’observation d’où nous apercevons des cerfs en train de brouter. Le cerf javanais a été introduit autrefois par les Néerlandais et depuis, en compagnie du dodo (éteint depuis longtemps), il orne l’armoirie nationale de l’île Maurice. Mais la véritable fierté de l’île, ce sont les arbres, 300 variétés différentes, parmi lesquelles certaines produisent le fameux bois d’ébène.

JOUR 3: CÔTES SAUVAGES ET DOUCEUR DE VIVRE

Cette exploration nous a donné envie de voir le reste de l’île. Surtout le sud, moins peuplé et à la nature plus sauvage que le nord, où la capitale Port-Louis et les jardins botaniques de Pamplemousse attirent les touristes. À peine avons-nous quitté Le Telfair de Bel Ombre que nous voilà plongées dans une ambiance authentique, loin des chichis d’un cinq étoiles. Nous passons Surinam, un village typique aux maisons multicolores en pierre et tôle ondulée, et atteignons assez rapidement Gris-Gris, le point le plus bas de l’île. Sans récif de corail pour tempérer la puissance des vagues, la côte orientale est sauvage. Fini la mer calme du reste de l’île, ici les vagues ressemblent à un monstre violent fouettant les rochers. Un décor de rêve pour notre lunch.

Nous continuons notre balade par un sentier de sable, en direction du Pont naturel. Seuls les plus téméraires osent prendre ce pont creusé dans la roche, où l’on risque à tout moment de se faire renverser par les vagues. Sur le trajet du retour, nous faisons une halte près d’un temple hindou dans la petite ville de Rivière des Anguilles et tentons de jeter un coup d’œil discret à l’intérieur, on nous fait alors signe pour nous inviter à assister à la cérémonie. Nous nous empressons de retirer nos chaussures pour contempler le rituel dominical où les visiteurs, de 0 à 100 ans, se font couvrir le front d’une poudre blanche. Dehors, des jeunes filles en tenue de fête sont impatientes de se faire prendre en photo.

JOUR 4: LA MONTAGNE MAGIQUE

Aujourd’hui, on se dégourdit les jambes. À une demi-heure de route, il y a la presqu’île Le Morne, avec la montagne du même nom et la lagune tout autour. La presqu’île a été classée Patrimoine universel de l’Unesco, pour la beauté de la nature mais aussi pour sa valeur historique. Au début du 19e siècle, c’est ici que se cachaient les marrons (esclaves africains évadés), dans la forêt et les grottes.

Les premiers kilomètres, le sentier est large et la marche facile. Ensuite, on doit jouer des mains, des pieds et des cordes pour avancer le long des parois pentues. Nous sommes heureuses d’avoir mis nos chaussures de marche, parce que la balade n’est pas sans danger. Mais plus nous montons, plus nous comprenons pourquoi cela en valait la peine: la vue sur la lagune et la mer est époustouflante. Quatre heures plus tard, nous sommes revenues à notre point de départ, comblées et riches d’une montée d’adrénaline de plus.

JOUR 5: DU MARCHÉ À LA PLAGE

Aujourd’hui, nous réservons la journée à la visite, sur la côte sud-est, de Mahébourg, petite ville authentique de 15 000 habitants fondée jadis par les Français. Aujourd’hui, elle fait surtout office de centre névralgique du commerce local. Nous nous baladons dans son célèbre marché et prenons notre lunch dans la spicy food street. L’ambiance est chaleureuse et l’église, la mosquée et le temple qui se tiennent littéralement côte à côte témoignent de l’ouverture d’esprit. Après le chaos de la ville, nous nous reposons sous les palmiers des plages de rêve de Pointe d’Esny et Blue Bay.

Sur la route du retour, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire une petite halte pour admirer un banyan indien, cet arbre immense dont les racines aériennes descendent comme des lianes pour s’ancrer dans le sol. Ici, on voit régulièrement un banyan au coin d’une rue, envahissant millimètre par millimètre la route par son tissage de racines. C’est de loin l’arbre le plus impressionnant que j’ai jamais vu.

JOUR 6: LAC SACRÉ DANS UN CRATÈRE

Le dernier jour, il est temps de se laisser tenter par les deux grandes attractions du sud de l’île. Les dunes de sable de Chamarel forment un phénomène naturel unique en sept couleurs: rouge, brun, mauve, bleu, violet, vert et jaune. Les scientifiques n’ont toujours pas compris pourquoi les couches terrestres ne se mélangent pas et, même quand on les secoue, s’organisent à nouveau par couleur. Ce bout de paysage n’est pas grand, on en fait le tour à pied en une demi-heure, visite de la ferme de tortues comprise. Du coup, nous décidons d’ajouter une visite de la cascade de Chamarel: 83 mètres de haut, dans cette verdure incroyable dont nous ne nous lassons pas.

Nous roulons ensuite quelques kilomètres, le long de plantations de thé et de camélias, jusqu’au Grand Bassin. C’est un lac dans un cratère volcanique décoré de statues de dieux hindous et considéré comme un lieu sacré. Les visiteurs pataugent dans l’eau, font brûler de l’encens et font des offrandes à leur divinité préférée.

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