Peu de villes nourrissent autant l’imagination que la mégalopole japonaise. Véritable hotspot pour les accros au shopping, les geeks et les amateurs d’expériences contrastées. Notre journaliste vous raconte son séjour au pays du Soleil Levant.

Un autre monde

Pleine d’attente, je monte dans l’avion de la compagnie All Nippon Airways, en route pour le Soleil levant. Douze heures plus tard, après m’être fait chouchouter par des hôtesses en tenue de soie, après avoir regardé des films japonais, somnolé et étonnamment bien mangé à bord, je débarque dans un autre monde. Un monde où tous les habitants ont les cheveux noirs et où le thermomètre indique 30 degrés. Un monde où mon fils a posé ses valises il y a huit ans. Il m’y attend avec ses mèches blondes et son épouse japonaise, sublime et élégante. Les revoir est déjà un merveilleux cadeau, mais découvrir Tokyo à trois rend cette expérience encore plus mémorable.

Direction le centre-ville!

Depuis l’aéroport, nous prenons le shuttle jusqu’à l’Hôtel Metropolitan Ikebukuro et je me rends immédiatement compte de l’immensité de la ville. À l’hôtel, les réceptionnistes se plient en quatre dès qu’elles nous voient arriver. Nous recevons les clés de nos chambres avec les deux mains. C’est ce que veut la coutume locale, m’explique mon fils. Nos chambres sont spacieuses, avec des lits plus longs et plus larges que dans la plupart des hôtels japonais. Mais le plus impressionnant, c’est la vue: les lumières étincelantes d’une mégalopole qui s’étend devant nous, sans limites.

Du lèche-vitrine à Ginza

C’est à Ginza que nous commençons notre exploration des plus beaux quartiers de Tokyo. Une Lamborghini rouge, dont la portière s’ouvre à la verticale, se gare à côté de nous. Le conducteur sort du véhicule et se dirige vers un grand magasin. Il laisse la clé sur le contact. Si nous le voulions, nous pourrions partir avec sa voiture de sport. Ici, per- sonne ne s’en étonne: dans cette ville de 13 millions d’habitants, on ne vole pas. Si vous oubliez votre ordinateur portable dans le train ou que vous perdez votre portefeuille dans le métro, comme c’est déjà arrivé à mon fils, vous le récupérez le soir même sans que le moindre centime n’ait été dérobé. C’est aussi ce qui fait le charme de ce pays incroyable.
Croiser une Lamborghini n’est pas rare à Ginza: c’est le quartier de luxe de Tokyo, où le géant Sony a son flagship store, où Hermès est toujours bondé et où les magnifiques vitrines se disputent la vedette. On y vient pour faire du shopping et la rue piétonne de Chuodori est l’endroit de prédilection pour être vu. Je contemple les vitrines, mais je regarde surtout les gens, car tous sont habillés de manière impeccable. Quand il se met à pleuvoir, personne n’enfile de veste de pluie, mais tout le monde ouvre son parapluie transparent. À Ginza, les rues sont pavées d’or et les magasins garnis de bijoux hors de prix. Heureusement, chez Mikimoto, on peut simplement acheter… des bonbons.

DES DÉGUISEMENTS À HARAJUKU

Le quartier jeune et branché de Shibuya est tout à fait différent. Ici, l’habitant le plus récemment installé est un robot. Via des applications, il discute avec les gens et crée des versions amusantes de leurs selfies. Il aide également les habitants du quartier à envoyer des messages aux autorités locales. Le premier habitant virtuel au monde va sans aucun doute rendre ce quartier encore plus populaire. Nous marchons jusqu’au Shibuya Crossing, le carrefour le plus chargé au monde, où nous traversons en toute sécurité sur le passage pour piétons géant, sans que personne ne klaxonne ou ne nous presse. Tout autre chose qu’en Europe!

Nous continuons à marcher vers Harajuku, où les jeunes viennent faire du shopping, manger des glaces et goûter des crêpes dans les nombreux stands à sucreries. Un magasin vend des boissons lumineuses, servies avec une paille dans une ampoule — la tendance, apparemment. Nous longeons des magasins vintage, des cosplay shops, où sont vendus des vêtements pour jeux de rôles, mais qui sont tout aussi bien portés en rue. Dans la Takeshita Street, des jeunes filles au style lolita très étudié vagabondent. Elles sont habillées comme des poupées victoriennes, avec des froufrous, des jupons, des parapluies et des chaussures aux semelles immenses. Il y a beaucoup de variations sur le thème, mais le fil rouge est évident: mignon et rétro. Les garçons, eux, choisissent souvent le style gyaru: ils portent des vêtements chers, des tonnes d’aftershave et des coiffures à la Rod Stewart, de préférence dans un blond criard. Ici, on aime aussi porter des uniformes scolaires en dehors des heures d’école, des costumes de marin ou des kilts tendance très courts. Une des lolitas que nous croisons semble être un homme, son maquillage est parfaitement exécuté et de sa jupe plissée émergent de solides tibias. Il/elle danse sur le macadam avec un transistor, mais ici non plus, personne ne s’en étonne.

L’heure du déjeuner approche: direction Harajuku Gyoza Lou, où sont servis des dumplings frits ou à la vapeur, de petits buns fourrés à la viande, aux légumes, au poisson ou au tofu. Je choisis les dumplings frits, délicieusement croustillants. Nous continuons à marcher vers Omotesando Avenue, où se trouvent les plus belles marques nationales et internationales. Dans les rues qui entourent l’avenue se nichent des tas de petits bars et de cafés trendy. Nous nous promenons, admiratifs, dans le Watari Museum of Contemporary Art pour ensuite nous émerveiller à Laforet, un gigantesque magasin où sont exposés les labels les plus récents, les créateurs les plus avant-gardistes et les artistes de demain. Le personnel du magasin, qui a les cheveux roses et des chaussettes hautes blanches, est un préambule en soi à tout ce spectacle.

DU SAKÉ POUR LE DIVIN EMPEREUR

Ce qui est particulier à Tokyo, c’est qu’on peut retrouver le silence partout. Je n’entends nulle part des voitures klaxonner ou des habitants crier. Les temples japonais sont eux aussi des endroits de calme complet. Meiji Shrine se dresse dans un parc impressionnant, comptant 120 000 arbres, et est rénové en vue de son centième anniversaire. Le temple est consacré aux esprits déclarés divins de l’empereur Meiji — premier empereur du Japon moderne — et à son épouse Shōken. Les futs de saké qui s’y trouvent pour honorer les dieux rappellent que cet empereur n’a rien perdu de sa popularité.

Dans le quartier d’Asakusa, c’est le temple Sensoji qui impressionne. En passant par une porte sous un lampion gigantesque, nous arrivons dans une sorte de marché ponctué d’échoppes où l’on peut acheter à manger, des souvenirs ou même des chaussures. Beaucoup de filles s’y promènent en portant ces sandales en bois à plate-forme typiques, ainsi qu’un kimono — ou plus souvent un yukata. Les vrais kimonos sont très chers et souvent transmis de génération en génération ou loués pour des occasions particulières. Le yukata est une version plus légère, sans jupon. Nous achetons des bâtons d’encens et mangeons du pain chaud au melon sur l’une des échoppes.

Mais nous oublions bien vite tous ces fastes quand nous arrivons au sanctuaire d’Asakusa. Nous gravissons les énormes marches vers l’autel. Ici, la nourriture se donne en offrande, les moines chantent et les visiteurs prient. Impossible de rester de marbre…

LA SPLENDEUR DES JARDINS JAPONAIS

Loin de cette agitation, nous rêvons de nous promener dans des jardins japonais. Nous visitons le Rikugien Garden, un jardin aux étangs silencieux et aux petits ponts qui s’élancent au-dessus des rochers. Un homme, sous la chaleur accablante, joue des tours avec un parasol. Pour notre dernier jour en famille, je me rends au Kiyosumi Garden à Koto. Nous nous y baladons autour d’un large étang, où les tortues sortent la tête de l’eau ici et là. Un vieil homme me tend un morceau de sa tartine en me montrant les koïs du doigt et nous nourrissons ces animaux qui se précipitent dès qu’on tape dans les mains. Un couple de jeunes mariés pose dans un costume traditionnel. Un homme vêtu de vêtements de femme photographie une fille en kimono. Je vous le disais, tout est possible au Japon.

Là, au bord de l’eau qui clapote, je comprends pourquoi mon fils ne veut plus quitter ce pays. Les gens, les contrastes, l’effervescence et le silence… Tout cela me manque déjà.

Tokyo en pratique

Y ALLER

  • Avec All Nippon Airways, vous volez directement de Bruxelles à Tokyo en 12 heures. WWW.ANA.CO.JP.
  • Dans la ville, achetez une carte Pasmo, prépayée, valable dans tous les transports en commun de Tokyo ainsi que dans certains taxis. L’application Navitime for Japan Travel est aussi utile puisqu’elle permet de découvrir le moyen le plus rapide pour se rendre d’un point A à un point B. WWW.JAPAN-RAIL-PASS.FR.
  • Il vous faut un passeport international valable au moins six mois après votre retour. Pour un séjour de maximum 90 jours, aucun visa n’est requis et aucun vaccin nécessaire.

MEILLEURE PÉRIODE

  • Les saisons sont similaires aux nôtres, mais il fait légèrement plus chaud à Tokyo, jusqu’à 30 °C en été. En hiver, au printemps et en automne, il pleut moins souvent que chez nous. En été, il pleut plus souvent, environ 20 jours par mois, et il peut faire très chaud.

CITYTRIP OU CIRCUIT?

  • Vous voulez voir plus que Tokyo? Tooku, spécialiste du Japon, propose des voyages personnalisés et sur mesure. Réservez par exemple un circuit de deux jours «Deux villes impériales» de Tokyo à Kyoto àpd 2 350 € par personne (vols inclus). WWW.TOOKU.BE.

SE LOGER

  • L’Hôtel Metropolitan Ikebukuro est situé dans le quartier animé d’Ikebukuro, à proximité des restaurants, des boutiques et des bars. Àpd 145 € par personne.
  • Le Sunshine City Prince Hotel propose un spa et 4 restaurants. Àpd 120 € par personne. WWW.HOTELMETROPOLITAN.JP. WWW.PRINCEHOTELS.COM.

LE TOP DE LA GASTRONOMIE

Tokyo possède le plus grand nombre de restaurants étoilés au monde, mais on mange très bien aussi dans les petits restaurants bon marché.

  • Ginza Kojyu, un restaurant 3 étoiles, est réputé pour ses ingrédients frais, ses excellents vins, le saké Shizuoka et d’authentiques plats japonais tels que le bœuf wagyu. WWW.KOJYU.JP.
  • Le marché Tsukiji est le lieu incontournable pour les amateurs de sushis et de sashimis. Les étalages proposent des préparations de poisson ultra- fraîches. Allez-y tôt, car il y a la file! WWW.TSUKIJI-MARKET.OR.JP.
  • Un burger de la chaîne célèbre MOS prouve que le fast food peut aussi être sain et raffiné. WWW.MOS.CO.JP/GLOBAL.
  • Tsurutontan propose d’énormes bols avec des nouilles udon consistantes ainsi que des bouillons ramen et des currys. WWW.TSURUTONTAN.CO.JP.

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