Nos deux comiques ont rangé (pour un bref instant) leur précieux sourire afin de suivre un cours de premiers secours donné par Olivier, formateur à la Croix-Rouge.

Trente compressions, deux insufflations et on recommence jusqu’à l’arrivée des secours. Après un malaise cardiaque, les trois premières minutes sont vitales. À partir de la quatrième, à chaque minute sans que le cerveau soit irrigué, c’est 10 % de fonctions cérébrales en danger. Cette formation, c’est une idée de Laurence. Il y a des années, elle a participé à une action pour la Croix-Rouge mais n’a pas trouvé le temps de faire la formation en premiers secours qu’on lui proposait. « Je m’en suis toujours voulu. Les rares fois où j’ai été confrontée à des gens qui faisaient un malaise, j’ai été comme paralysée. Je me suis sentie complètement incompétente… Même lâche, en fait. J’avais juste envie de fuir ».

« Chaque jour, en Belgique, vingt personnes font un arrêt cardiaque »

Guillermo Guiz, quant à lui est un peu plus tendu. En spectacle, deux fois, il a assisté à des malaises impressionnants. « La personne est tombée, il a fallu écarter les chaises. Moi, je ne savais pas trop quoi faire, heureusement, il y avait un médecin. L’ambulance est arrivée, mais après 25 minutes seulement », se souvient-il.

Oser passer le cap

Chaque jour, en Belgique, vingt personnes font un arrêt cardiaque (hors du cadre hospitalier). Beaucoup perdent la vie parce qu’il n’y a pas à côté d’eux de personne formée aux premiers secours. « En cas de malaise, explique Olivier, 80 % des gens vont juste regarder sans rien faire. 10 % vont réagir, mais absolument n’importe comment, en mettant des claques ou en secouant la victime. Il reste seulement 10 % de gens qui sont capables de poser les gestes adéquats » Des gestes simples, mais qui peuvent être impressionnants.

« 80 % des gens vont juste regarder sans rien faire »

Toujours essayer

Guillermo Guiz; « Et tu risques pas d’écraser une cage thoracique? Je suis une personne d’une grande force, je le rappelle », ajoute-t-il avec humour. Olivier rassure: « Même si vous froissez un peu, il faut le faire. C’est souvent une question de vie ou de mort », assure l’expert. « Prenons quelqu’un qui est inconscient, insiste Guillermo, même s’il a l’air bien mort, faut quand même essayer? » Oui, il faut essayer. « On peut stabiliser une vie. Mais on peut aussi stabiliser des organes et donc sauver d’autres vies par la suite », poursuit Olivier.

Demander de l’aide

« Ce qui tue les gens, explique Olivier, ça n’est pas la perte de connaissance, c’est l’arrêt respiratoire. Il faut donc impérativement dégager les voies respiratoires, lever le menton. Et n’hésitez pas à rester au téléphone avec le 112. Ils sont là pour vous guider”. C’est vrai qu’on aurait tendance à vouloir libérer la ligne, pour les autres… Mais le 112, c’est aussi une assistance jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. Et même les pros comme Olivier peuvent en avoir besoin. “Ça m’est arrivé avec ma propre fille. Alors que je sais tout, c’est mon métier, je perdais mes moyens. Ils sont restés au bout du fil et m’ont aidé”.

Et le défibrilateur?

Se pose la délicate question du défibrillateur. “Comment on peut être sûr? Si on se trompe, ça peut être dangereux, non?” L’appareil est bien fait, il n’envoie pas de choc s’il sent un cœur qui bat. “Faites toujours quelque chose. Dégagez les voies respiratoires, massez: vous ne pouvez pas faire de mal. Enfin… évitez les grandes claques et les seaux d’eau, quand même!” C’est bon à savoir. Laurence: “Moi, j’hésiterais quand même a dire aux gens: “Je prends le truc en charge!” J’attendrais de voir s’il n’y pas quelqu’un de plus compétent d’abord. Mais s’il faut, j’irai.” Guillermo? “Ah, moi, demain, je descends en rue distribuer des flyers, je veux réanimer tout le monde.”

Envie de vous former aussi? Rendez-vous sur le site de la Croix-Rouge de Belgique!

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