À la radio, à la télé, sur les planches, à Paris, à Bruxelles, l’humoriste à la plume faussement nonchalante est partout. Mais, nous a-t-il raconté, c’est à Anderlecht qu’il se sentira toujours le plus chez lui.

Le cliché raconté par Guillermo Guiz

L'instantané de Guillermo Guiz
« Pour peu que vous ayez le sens du détail (et une bonne mémoire), vous reconnaîtrez peut-être cette photo: c’est celle qui figure sur l’affiche de mon spectacle. Si je l’ai choisie, et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle compile un certain nombre d’éléments qui résument bien ce que je suis. Sur cette photo, j’ai 10 ans et je pose en tenue d’apparat sur la pelouse d’un stage de foot à Malonne, près de Namur. J’étais tout le temps fourré dans ce genre de stage quand j’étais petit. En fait, jusqu’à mes 18 ans, je n’ai vécu que pour cela, le football. J’ai d’ailleurs eu une très belle carrière de jeune espoir; mais vers 16 ans, mon corps a lâché, et j’ai raté la marche qui mène à la carrière professionnelle. Ça a été dur car je n’envisageais vraiment rien d’autre: il m’a fallu me réinventer. Un processus de réinvention qui m’a valu plusieurs vies avant d’arriver à ce que je fais aujourd’hui. Malgré cela, aujourd’hui encore, le maniement du ballon est le talent qui m’est le plus naturel, plus que l’écriture ou l’humour…

‘ »J’ai été cet enfant qui pensait que tout irait bien… »

Mais revenons-en à cette photo. Quand on voit ma coupe de cheveux, on ne peut pas louper le fait que j’ai grandi à Anderlecht, dans un milieu où le cool n’était pas la préoccupation primordiale. Entendons-nous bien: cette coupe de cheveux, personne me l’imposait! J’allais moi-même la réclamer chez le coiffeur et j’étais super content d’être coiffé comme le footballeur Chris Waddle. C’est en partie ce que je raconte dans mon spectacle. J’ai été cet enfant un jour, et à l’époque je pensais que tout irait bien, que je deviendrai un chic type. Qu’est-ce qui a foiré? À quel moment suis-je devenu moi, c’est-à-dire un adulte pas terrible et décevant par rapport à celui que je rêvais d’être? C’est pour ça que je suis attaché à ce portrait: c’est le vrai moi. Quoi que je puisse faire, quel que soit le degré de sophistication que je puisse atteindre dans ma vie, je ne serai jamais vraiment à l’aise dans les milieux bourgeois. Je resterai toujours lui, ce gamin un peu plouc et fan de foot. Je me sentirai toujours plus chez moi à Anderlecht que partout ailleurs; et c’est très bien comme ça

Son actu

Après un baptême du feu réussi à Paris, Guillermo Guiz revient au pays avec un spectacle bonifié et aiguisé à souhait. Retrouvez-le, dès le 17 mars, tous les vendredis et samedis au Théatre de la Toison d’or.

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