Notre journaliste est partie à la rencontre des « moon mothers », ces guides qui ont pour mission d’éveiller l’énergie du féminin sacré. Ces coachs nous ont expliqué leur point de vue sur les règles. Elles tentent également de transmettre leur savoir aux hommes via des réunions. D’après Myriam Leroy.

Et s’il fallait accepter qu’il existe une nature féminine, changeante, fluctuante ? Si c’était là, dans notre cycle, que nous puisions notre puissance ? Si tout cela était compatible avec le féminisme ? C’est ce que postulent les « moon mothers ».

Féministes mais…

Le syndrome prémenstruel est la preuve difficilement contestable qu’il existe bel et bien une nature féminine. Et que tout ce qu’on peut dire d’elle, c’est qu’elle est cyclique. Il y a ici une dissonance inconfortable pour une féministe. Je refuse qu’on me réduise à mon sexe, mais je suis bien obligée de constater que celui-ci me gouverne, au moins quelques jours par mois, par le biais de mes hormones. Comment sortir de cette contradiction ? À ce sujet, les « moon mothers » ont bien une petite idée. Ces femmes, initiées par une certaine Miranda Gray (auteure britannique ayant commis quelques bibles sur le cycle féminin), ont pour mission d’éveiller l’énergie du féminin sacré. D’abord chez elles, ensuite chez les autres. Des sortes de guides, en somme, de référentes, de coachs (choisir le terme qui vous inspire le plus).

« On se sent mal quand on fait des choses en décalage par rapport aux phases de notre cycle. Les troubles prémenstruels sont douloureux quand nous ne nous respectons pas »

Le cycle vu par les moon mothers

Voici ces archétypes, détaillés par Daniëlle De Wilde, moon mother, coach et cofondatrice de l’institut de coaching, mentoring et développement personnel BAO — Élan vital : « Si on part du principe que le jour 1, c’est le premier jour des règles : du jour 1 au jour 7, ce sont donc les menstruations. C’est la période “grotte”, le moment du repli, du retrait, habité par l’archétype de la sorcière. Des jours 7 à 14, c’est la phase préovulatoire, liée à l’archétype de la jeune fille. L’énergie est conquérante. C’est le moment de brainstormer, de démarrer les projets… Des jours 14 à 21, c’est l’archétype de la mère, la phase ovulatoire. L’énergie, tournée vers l’extérieur, est celle de l’empathie. C’est le moment où on souhaite faire des choses en lien avec les autres, établir et approfondir le contact humain. C’est le temps du leadership.

Des jours 21 à 28 : voilà la phase de prémenstruation, l’archétype de l’enchanteresse. Professionnellement, c’est un temps optimal pour la réorganisation, l’analyse critique. C’est le moment où nous exprimons nos désaccords. Là, les femmes sont connectées à leur pouvoir, à leurs émotions, à leurs intuitions. Quand une femme a dépassé le stade de la ménopause, elle entre dans la phase de “femme complète” : les quatre énergies archétypales s’harmonisant après quelques années, elle peut y faire appel selon ses besoins. »

Le cycle expliqué aux hommes

Caroline von Bibikow est une « moon mother », une « moon teacher », préfère-t- elle, « expression qui désigne celle qui est en mesure de transmettre la connaissance et l’intelligence du cycle ». Elle organise des soirées sur le cycle féminin réservées aux hommes. Salvatore, 56 ans, a assisté à l’une d’elles : « Le cycle menstruel fait partie de la vie de notre couple, avec les émotions parfois déroutantes qui l’accompagnent. Au sortir de cette soirée, je ne dispose d’aucun mode d’emploi, mais j’associe des émotions “universelles” aux phases du cycle. Du coup, je vais moins prendre personnellement certaines attitudes critiques ou de repli sur elle-même de ma femme.

« J’ai aussi été inspiré par la vision cyclique de la vie de la femme, qui veut qu’elle traverse les quatre phases dans son existence. »

La phase de “la jeune fille”, créative et pleine de projets, et celle de la “mère”, empathique, qui prend soin, sont très faciles à accepter et à aimer. J’ai découvert que celles de “l’enchanteresse” et de “la sorcière”, plus mystérieuses à nos yeux, ont pourtant de magnifiques atouts. C’est enrichissant d’en prendre conscience. Ça fait du bien d’en parler entre hommes. Nous avons tous des expériences et des relations de couple différentes. J’ai aussi été inspiré par la vision cyclique de la vie de la femme, qui veut qu’elle traverse les quatre phases dans son existence. Je crois que ma femme est en train de passer à l’enchanteresse. Ce n’est pas simple. Mais j’ai envie de l’y accompagner. »

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