Astrid et Aude, les deux soeurs branchées de Rue Blanche et GAEL Guests du mois, nous parlent de l’ADN de leur marque et de son histoire.

Astrid, la blonde (30 ans tout juste), et Aude, sa petite sœur (29 ans), se ressemblent étrangement. Complices, complémentaires et visiblement en phase, les filles de Marie-Chantal Regout, fondatrice de Rue Blanche, sont désormais à la tête d’une marque qui a fêté ses 30 ans l’an dernier. Identiques à quelques nuances près, leurs goûts vestimentaires, artistiques et culturels traduisent un sens des valeurs sincère et anti-formaté, une curiosité et un enthousiasme communicatifs ainsi qu’une volonté assumée de casser les codes trop établis. Rencontre avec nos élégantes GAEL Guests du mois.

Enfants, que signifiait pour vous le métier de votre mère?

Astrid Moi, d’emblée, je me suis dit que la mode, ça avait l’air dément. Maman parlait de son métier avec enthousiasme. Et comme chez nous, il n’y avait pas vraiment de distinction entre vie professionnelle et vie privée, on avait l’impression que travailler, finalement, c’était facile. Au bureau de maman, il y avait de grandes feuilles de carton et de quoi dessiner. C’était le paradis.

Aude Comme nos deux parents étaient indépendants, on passait beaucoup de temps avec eux. On était souvent dans leurs pattes. Papa travaille dans l’univers des courses automobiles. C’est aussi un passionné. J’imagine que tout cet enthousiasme a laissé des traces.

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Rue Blanche est une marque réputée pour sa sobriété, sa discrétion. Or, aujourd’hui, pour exister, il faut communiquer, se rendre visible. Vous avez choisi de vous exposer en duo sur les réseaux sociaux. C’est un jeu qui vous amuse?

Astrid Sur Instagram, nous avons créé un profil que nous alimentons à quatre mains, Aude et moi. L’idée nous est venue assez naturellement. On ne se force pas. On voulait offrir une interprétation plus personnelle de la marque. On y retrouve les coulisses de Rue Blanche, avec cette idée de famille, notre passion pour les voyages…

L’esthétique de Rue Blanche est un peu scandinave, non?

Astrid Peut-être, mais ce n’est pas aussi conscient que ça. Ce qui est certain, c’est qu’il m’est arrivé, au début de mon expérience à Stockholm, d’idéaliser la Scandinavie. Au final, je sais que la vie n’est parfaite nulle part. C’est aussi à ça que m’ont servi mes expériences à l’étranger: à prendre de la distance et à arrêter de critiquer sans arrêt mon propre pays.

« NOUS AVONS GRANDI DANS UNE FAMILLE CONVENTIONNELLE. MAIS ÇA NE VEUT PAS DIRE QU’ON SE SENT OBLIGÉES DE RESPECTER DES RÈGLES »

On associe souvent, à tort, la mode à un univers superficiel. Cette image que le secteur dégage vous met-elle mal à l’aise?

Astrid On a toujours vu notre mère cultiver l’art de la simplicité. Rue Blanche est une marque qui privilégie les belles choses, les matières et les coupes de qualité dans une approche sobre, non ostentatoire. Les ten­dances ne nous parlent pas beaucoup. La base du vestiaire Rue Blanche est chic. On s’amuse juste à le twister en ajoutant un pe­tit détail qui va amuser ou interpeller. Ça peut être une paire de sneakers sur une sil­houette plutôt élégante, par exemple.

Aude On cherche plutôt à cultiver un style qui nous ressemble. Peut-­être qu’Astrid est un tout petit peu plus féminine que moi. À peine. Disons qu’il lui arrive de porter des talons, à l’occasion…

Vous sentez-vous profondément bruxelloises? Belges? Européennes? Citoyennes du monde?

Aude Je suis fière que Rue Blanche soit une marque belge. Au niveau international, c’est une valeur qui compte. Mais si vous me demandez, je me sens particulièrement fière d’être européenne.

Astrid Ce qui est dommage, en Belgique, c’est de voir que les gens ne tirent pas du tout parti de la richesse que constituent nos deux communautés. On a deux langues nationales, des identités culturelles à partager. Personne ne semble voir ça comme une opportunité de s’ouvrir à l’autre.

Ce que vous réserve le GAEL de mars

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