Enfant docile et perfectionniste qui craignait de décevoir, étudiante hyper exigeante avec elle-même, sportive de l’extrême adepte du parapente, la chanteuse a dû apprivoiser sa voix fêlée et chargée d’émotions. Un véritable parcours initiatique, qu’elle nous raconte lors de cette rencontre qui dévoile un tempérament de feu et de blues.

PAR ISABELLE BLANDIAUX. PHOTOS À L’HÔTEL AMIGO PAR LIESBET PEREMANS.

Typh Barrow en vrai

Elle arrive les baskets aux pieds dans le resto healthy Chyl, où nous avons rendez-vous. Gourmande de l’existence et de ses plaisirs (« On ne sait pas de quoi demain sera fait »), l’auteure-compositrice-interprète bruxelloise a pourtant une hygiène de vie athlétique en période de concerts, pour ménager sa voix, qui fut d’abord son fardeau avant de devenir son atout. « Je suis une fille très saine, mais cela me convient parfaitement. Et quand je fête quelque chose, je le fête vraiment aussi », sourit-elle devant une assiette de légumes colorée. Pour Tiffany — comme de moins en moins de proches l’appellent encore —, 2018 ressemble à une grande et longue fête de Noël, pleine de cadeaux et de rêves éveillés. Il y a eu la sortie de son premier album soul/blues, Raw, aujourd’hui disque d’or, les festivals de l’été et une tournée bien remplie qui a fait escale à l’Ancienne Belgique et qui se poursuit à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve pour deux soirs, au Cirque royal, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi… et se terminera au Forum de Liège le 10 mai, le jour de son anniversaire.

« J’ai toujours continué à écouter la petite voix qui me disait de persévérer »

« J’ai l’impression qu’on a un public ultra-bienveillant, attentif, fidèle, attachant… On vit dans une société fast food ; or, je vois des têtes qui sont peut-être là depuis le 20e concert ! Et je ne suis pas Tina Turner, on démarre à peine. J’ai beaucoup de chance. » Celle qui sera coach dans la 8e saison de The Voice sur La Une savoure d’autant plus le succès que le chemin a été long et semé d’embûches. « Malgré les obstacles, j’ai toujours continué aà écouter la petite voix qui me disait de persévérer. Comme si j’avais toujours su que je ferais ce métier. Je pense qu’on arrive tous avec une mission de vie sur cette Terre. Pour moi, c’est de transmettre des émotions à travers la musique. » À l’écoute de ses intuitions, cette pianiste bosseuse a tout de même étudié le droit en trois langues en parallèle à sa formation de jazz au Conservatoire…

Meet our Guest: Typh Barrow, le timbre fêlé de The Voice

Autobio en 3 dates

27 avril 1998 «Le jour du décés de ma grand-mère maternelle, qui a été percutée par une moto et plongée dans un long coma. Cette date marque la fin de l’insouciance, la perte la plus douloureuse de ma vie, celle de ma deuxième maman, et la prise de conscience que rien ni personne n’est permanent.»

1er février 2013 «Le soir où je perds ma voix sur scène. Le début d’un mois de silence absolu. Un événement à la fois traumatisant et très enrichissant. Je comprends que la voix est le miroir du corps et de l’âme. Apprivoiser ma voix m’a permis d’apprendre à mieux me connaître, d’accepter mes failles, d’écouter mon corps.»

31 décembre 2017 «Suite à une rupture, j’entreprends une retraite Vipassana au Venezuela. Dix jours coupée du monde, sans parler (décidément !), ni lire, ni écrire, à méditer au milieu des montagnes. Gros nettoyage avant une année 2018 très riche où se sont cristallisés plein de rêves de petite fille (la sortie de l’album, le premier vinyle, la tête de l’Ultratop, le duo avec Maurane, l’AB, le disque d’or, mon rôle de coach à The Voice…).»

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