Passé soudainement de comique du fond de la classe à humoriste pro, notre GAEL Guest connaît déjà, à 29 ans à peine, les doutes de l’artiste qui veut durer. Ses vidéos confinées et son spectacle imminent nous prouvent qu’il a encore beaucoup à puiser dans son cerveau bouillonnant et son originalité innée. Par Anne-Sophie Kersten. Photo © Laetizia Bazzoni.

Les confidences de GuiHome

Qui aurait cru qu’en faisant ton « festival off dans le fond de la classe », comme tu dis, tu lançais ta carrière ?

C’est vertigineux ! Et dire que tout cela est né de l’ennui…

Tu t’ennuyais ?

Oui, et je m’ennuie encore souvent. Or, l’ennui est destructeur chez moi, un ravin. Que ce soit à un repas de famille ou en réunion professionnelle, je décroche. Du coup, il faut que j’anime, que je turbule. Ma sœur, avec qui j’ai ouvert une agence de communication il y a un an et demi, préfère prévenir nos clients : « Sachez que dans 20 minutes, on ne sera plus quatre, mais trois. »

Quel genre d’élève étais-tu à l’école ?

En primaire, j’étais le petit leader, qui choisit les équipes au foot, qui rassemble. Quand mes parents travaillaient pour le parti Écolo, j’ai organisé des élections dans la cour de récré. J’avais déjà besoin de lancer des projets en tous genres. En arrivant en secondaire, je me suis pris une claque : « Ah mince, on est beaucoup plus nombreux ici ! » Le collège d’Erpent avait en plus un côté élitiste et brassait un milieu dans lequel ma sœur et moi nous sentions en pays étranger. À un âge où on est très sensible au regard des autres, avec l’envie de plaire, je vivais mal cette différence. Ceci dit, avec le recul, je constate qu’avoir évolué dans un milieu à mille lieues du mien a justement façonné mon personnage, qui se demande toujours ce qu’il fout là. Devoir s’adapter peut devenir une force.

“L’hyperactif en moi s’est mis à craindre que GuiHome ne tienne pas dans le temps, se ringardise.”

Il t’en a fallu, de la force, pour partir vivre tout seul à Paris à 18 ans !

Oui. J’ai eu envie d’y poursuivre une formation théâtrale entamée à Namur. Ça a été très dur, car Paris est une ville brutale humainement, et car je ne voulais pas que mes parents paient pour moi. Je me suis retrouvé à travailler 7 jours sur 7 dans un kiosque à crêpes au pied de la tour Eiffel. Je n’avais plus le temps d’aller en cours. Après deux ans, je suis revenu, prêt à faire une croix sur mes aspirations artistiques. J’ai commencé des études de communication journalistique à l’ISFSC à Bruxelles. Et là, l’ennui est revenu. C’est grâce à lui que j’ai créé la page Facebook « GuiHome vous détend », où je diffusais des vidéos pour faire marrer mes potes.

L’engouement a été tel que, très vite, tu as monté un spectacle.

Un an après la première vidéo, j’étais en tournée, produite alors par François Pirette. Sold out. On a joué 80 fois ! Après ça, j’ai connu une période compliquée. L’hyperactif en moi s’est mis à craindre que GuiHome ne tienne pas dans le temps, se ringardise. J’ai eu besoin de me lancer dans du concret. J’ai créé une société de bars à cocktails avec mon meilleur ami. Je gérais (et gère toujours) l’administration, les stocks… C’était apaisant, un projet qui ne dépende pas de mon visage. Alors que je suis très éparpillé artistiquement, je me suis découvert une vraie efficacité dans la gestion des priorités. Dans la foulée des projets, il y a deux ans, j’ai créé avec ma sœur Hélène cette agence de communication, No Picture Please. On accompagne les sociétés dans le développement de leur image sur les réseaux sociaux, avec parfois le recours à des influenceurs. Ces projets m’ont finalement rassuré, ce qui m’a permis de relancer GuiHome… Excuse-moi, je parle beaucoup !

C’est le but d’une interview !

Oui, alors, bon… Maintenant, je vis GuiHome plus sereinement. Avant, je pensais que ma vie en dépendait. Maintenant, je sais que j’ai d’autres compétences.

DÉCOUVREZ NOTRE RENCONTRE AVEC GUIHOME EN INTÉGRALITÉ DANS LE GAEL DE FÉVRIER, DISPONIBLE DÈS MAINTENANT.

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