Passé soudainement de comique du fond de la classe à humoriste pro, notre GAEL Guest connaît déjà, à 29 ans à peine, les doutes de l’artiste qui veut durer. Ses vidéos confinées et son spectacle imminent nous prouvent qu’il a encore beaucoup à puiser dans son cerveau bouillonnant et son originalité innée. Par Anne-Sophie Kersten. Photo © Laetizia Bazzoni.

GuiHome en vrai

À la rédaction, on se bidonne devant les face cams de GuiHome depuis ses débuts en 2015. Étonnées par l’accent namurois et la mèche frontale improbable de ce jeune gars confiné dans sa chambre bien avant l’heure, on savourait ses imitations de sa mère à table (tout à fait… nous) et son cynisme de guide touristique belge (« Allez, bonnes vacances de merde ! »). En 2016, sa vidéo couillue — c’est le mot, allez voir — au lendemain des attentats de Zaventem a encore largement accru sa notoriété, dépassant les 14 millions de vues. Là, ils nous a émues aux larmes.

Cinq ans plus tard, GuiHome — de son vrai nom Guillaume Wattecamps — interrompt une matinée la préparation de son deuxième spectacle, GuiHome vous détend LeGrand, pour nous recevoir en châtelain : il nous a fixé rendez-vous au Domaine de Ronchinne, à Maillen, au milieu des collines où il a grandi. Étrangement vides en ce lockdown, les magnifiques pièces du château de la Poste s’accordent parfaitement à l’humoriste lunetté (toujours) et casquetté. Derrière son classicisme, la demeure dévoile d’amusants clins d’œil : le tapis de cet escalier change de motif à chaque marche ; sur ce mur, la tête de cerf est un puzzle de bois. Si GuiHome n’a pas dit trente fois le mot « rassembler » pendant cette interview, c’est qu’il ne l’a pas dit une seule. Au collège namurois d’Erpent, il excellait déjà dans l’art du ralliement, titillant peut-être le prof jusqu’à la limite de sa patience, mais « sans jamais creuser de fossé entre les élèves et lui ».

Quand ses camarades se faisaient remonter les bretelles chez le pro- viseur, ils s’entendaient dire : « Fais comme Guillaume, lui, au moins, il sait s’arrêter à temps. »

Et quand ses camarades se faisaient remonter les bretelles chez le proviseur, ils s’entendaient dire : « Fais comme Guillaume, lui, au moins, il sait s’arrêter à temps. » Dans ses sketchs en ligne, sur La Une ou sur les planches, GuiHome balance des avis colorés sur l’école, le corona et les Français, mais il fait toujours en sorte qu’à la fin, tout le monde s’y retrouve. Ce n’est pas pour rien que son fameux « oui et non » — prononcé deux fois consécutivement — est devenu sa marque de fabrique. Au propre comme au figuré, puisqu’il a sorti une collection de sacs en coton, bonnets, gourdes… marqués de ce gimmick.

AUTOBIO EN 3 DATES

1998 « J’ai 6 ans, je me déguise avec des palmes, une perruque et d’improbables vêtements trouvés chez moi. Je vais de maison en maison dans mon village de Maillen pour demander aux voisins d’évaluer ma tenue. Je suis en train d’inventer “Les Reines du shopping”. »
Mars 2015 « Je suis chez ma petite copine. Je tourne une vidéo où j’imite un magicien qui enchaîne les tours pourris. Je la poste sur Facebook sous le titre GuiHome vous détend. Rapidement, il y a 700 vues. Un mois plus tard, il y a 10 000 personnes sur la page. Je ne prends pas cela au sérieux. À aucun moment je ne m’imagine qu’un jour, j’en vivrai. »
2017. « Pour rire, un pote m’inscrit à une compétition équestre : il faudra trier trente vachettes. Je ne suis jamais monté sur un cheval (un sport extrême, pour moi), mais je me dis : “Fonce, on verra.” Je m’entraîne pendant deux mois. Le jour J, j’arrive tout stressé sur la piste. Et là, une vache hyper énervée fonce dans mon cheval : je suis disqualifié sans même avoir commencé. Tout moi. »

Découvrez notre rencontre avec GuiHome en intégralité dans le GAEL de février, disponible dès maintenant.

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