BJ Scott a piqué à Polonius dans Hamlet, de Shakespeare, la phrase qui guide ses choix. Dans son fauteuil de coach à The Voice, mais pas seulement. Par Anne-Sophie Kersten

“To thine own self be true” (sois fidèle à toi-même)

« Rester aussi vrai que possible, je vois ça comme l’idée du masque à oxygène dans les avions : on doit d’abord s’assurer qu’on va pouvoir respirer avant de pouvoir aider quelqu’un d’autre. Cela ne signifie pas être égoïste, mais faire des choix avec lesquels on peut vivre. Ne pas se mentir est plus difficile qu’on ne le croit. J’essaie de le mettre en pratique le plus souvent possible, particulièrement dans les situations de choix, et surtout s’il est question de relations humaines. C’est le cas dans The Voice, quand je dois m’exprimer par rapport à un talent : ce que je dis, est-ce que je vais pouvoir vivre avec pour le restant de ma vie ? »

La dernière fois que tu as choisi de rester fidèle à toi-même ?

« Sous l’ère Trump et pendant les élections, j’ai vu des soi-disant “amis” sur les réseaux sociaux qui publiaient des choses atroces, des messages qui me heurtaient. Que faire ? Rester friends online ou les écarter ? J’ai tranché comme ceci : s’il s’agissait de personnes avec qui je passais parfois du temps dans la vraie vie, pour prendre un café, par exemple, j’ai choisi de distinguer la personne physique de la virtuelle et je l’ai gardée dans ma vraie vie mais je l’ai écartée — “unfollow” — de mes réseaux. Et si ce n’était pas une amie dans la vraie vie, alors c’était simple : virée ! »

“Merci d’avoir choisi Loïc comme GAEL Guest : c’est quelqu’un d’extrêmement bien.”

Dans The Voice, ta maxime te met-elle souvent à l’épreuve ?

« Oui, car c’est un jeu dans lequel chaque coach doit avoir une certaine stratégie. Parfois, franchement, je sens quel choix serait plus prometteur pour gagner : il y a des candidats “phénomènes”. Mais il m’importe encore plus, à travers mes choix, de faire avancer ceux qui sont de vrais artistes, avec un véritable talent, qui ne peuvent pas vivre sans la musique. Et ce ne sont pas forcément ceux-là qui vont te mener à la victoire commerciale. Il y a un jeu à jouer, mais je tiens à amener le plus loin possible les talents qui ont en eux de quoi faire de la musique leur métier. »

Dans l’émission, tu parles parfois de « choix de cœur »…

« Quand c’est le cœur qui choisit, on est forcément fidèle à soi. Mais il faut faire travailler le cœur et la tête ensemble. Loïc Nottet est l’un de ces choix. Aujourd’hui, même au-delà de notre relation, c’est un artiste belge très méritant. Dans The Voice, certains candidats nous entrent dans le cœur. On les aime parce qu’ils sont chouettes, touchants, mais on ne peut pas les garder pour ces raisons-là. On est là pour les aider dans un choix de carrière. Je prends ça très au sérieux. Cela va bien au-delà du jeu. »

Ça doit être très difficile.

« Oui, car on est face à des humains. De toutes les larmes que j’ai vues dans The Voice, aucune n’était factice. Et même les plus durs à cuire en versent ! Heureusement, car ça veut dire qu’au-delà de la performance, l’humain transparaît. Et dites, merci d’avoir choisi Loïc comme GAEL Guest : c’est quelqu’un d’extrêmement bien. »

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