Entre rires francs et tragi-comédie, notre journaliste Paloma de Boismorel a découvert au théâtre deux pièces bien différentes. Découvrez ce qu’elle en a pensé.

01

Comédie cachée

Rire malgré tout

Quand on parle du Journal d’Anne Franck, on pense d’abord au génocide des Juifs et à la situation dramatique de cette famille obligée de se cacher pendant plus de 2 longues années. Ce qu’on oublie souvent, c’est que l’on a surtout affaire au récit d’une fillette espiègle de 13 ans, avide de s’amuser et de comprendre le monde qui l’entoure. L’adaptation et la mise en scène de Fabrice Gardin au Théâtre Royal des Galeries restituent à merveille les deux facettes tragique et drôle de ce texte.

Dans une maison de poupée

Plongé dans l’obscurité de la salle, on se retrouve enfermé d’emblée dans le grenier de la famille Franck. Comme eux, on retient son souffle, on frémit en entendant les bruits du dehors, on se désespère des mauvaises nouvelles, puis on finit par oublier la Grande Histoire en se divertissant avec la petite. Il faut dire que lorsque l’on isole jour et nuit 5 adultes et 3 enfants dans quelques mètres carrés, le quotidien, même immobile, ne manque ni de sel, ni de piquant. Le dispositif scénique découpé à la façon d’une maison de poupée donne à voir les moindres disputes, crises d’angoisse, lâchetés mais aussi les élans d’espoir et de générosité de ce petit monde si humain et si menacé.

  • « Le journal d’Anne Frank » de Frances Goodrich et Albert Hackett, avec Anne-Claire, Catherine Claeys, Sophie Delacollette, Marc De Roy, Laura Fautré, Bruno Georis, Juliette Manneback, Michel Poncelet, Gaspard Rozenwajn. Jusqu’au 19 novembre. Mise en scène et adaptation : Fabrice Gardin. Au Théâtre des Galeries – 32, Galerie du Roi – 1000 Bruxelles. Infos et réservations: 02/512.04.07
02

Confidences et conséquences

Dire ou ne pas dire

Un coming-out, ça ne se passe jamais bien. Soit on accueille la nouvelle avec indifférence ou on feint de la connaître, soit on vous jette dehors en vous insultant. C’est avec cette certitude que Tom nous raconte le sien, quelques décennies plus tôt dans une petite ville de Flandres. Chez les Lanoye, on est boucher de père en fils depuis la nuit des temps et on ne rigole pas tellement avec le catéchisme ni l’autorité. Alors, forcément dévoiler son homosexualité au milieu d’un barbecue familial, ça ne s’improvise pas.

Sans peur et sans pudeur

Adaptation (par Alain van Crugten) des romans autobiographiques à succès de l’écrivain belge néerlandophone Tom Lanoye, cette confession sans concession sur l’orientation sexuelle d’un jeune garçon nous réserve certaines surprises, pas mal d’émotions et quelques rires incontrôlés. Découverte de la sensualité, confrontation avec une mère tyrannique et théâtrale, honte sociale et affirmation de soi, rien n’est laissé dans l’ombre. Seul en scène, Christian Labeau livre une performance ébouriffante qui oscille entre tendresse et férocité.

  • « Coming-out », D’après les romans de Tom Lanoye, avec Christian Labeau. Adaptation théâtrale et mise en scène : Alain van Crugten. Jusqu’au 11 novembre. Au Théâtre Toison d’Or, 396 Galeries de la Toison d’Or 1050 Ixelles, www.ttotheatre.com.

Plus de culture: