Irréductible overbookée, notre journaliste Hélène Delforge se croyait condamnée à courir après le temps. Elle a finalement pris les choses en main en allant consulter une coach et vous livre ses conseils de choc.

Dernier recours

Ça fait au moins vingt ans que j’essaie de structurer ma vie, mon temps, mon travail. J’ai lu plein de livres, testé des applis, pris des tonnes de bonnes résolutions… sans succès. J’ai fini par aller consulter une coach en gestion du temps, voici ses conseils. Si elle a pu aider un « cas » comme moi, sa méthode est d’utilité publique!

La première question que m’a posée madame Lacoach m’a d’abord semblé absurde et pourtant elle change tout : «Êtes-vous débordée ou vous pensez-vous débordée?»

Étape 1 : Distinguer le vrai des représentations mentales

Ma première mission: noter mes activités quotidiennes. En observant le bilan de mes journées, j’ai réalisé qu’en réalité je ne déplace pas tant de montagnes. Par contre, je les accomplis en me pressant, ce qui me donne la sensation de courir tout le temps. «L’être humain est conditionné à retenir ses difficultés, explique madame Lacoach. Nous mémorisons les périodes de stress et effaçons très vite les instants de bonheur ou simplement les moments calmes. On s’imagine beaucoup plus surmené qu’on ne l’est réellement et on finit par agir de façon à se conformer à cette image mentale

  • LA MÉTHODE: On détaille son emploi du temps pendant trois jours, puis on le relit à froid.

Étape 2 : Se concentrer sur l’indispensable

«Par où commenceriez-vous?» me demande madame Lacoach. Spontanément, je lui dis qu’il faut que je me disperse moins, que j’élimine Facebook, le GSM, les papotes à la machine à café… «Les habitudes sont les plus difficiles à évacuer, surtout celles-là qui sont des sources de plaisir dans votre journée. Or, vous avez droit au plaisir. Si on commençait par déterminer où vous êtes indispensable? Pourquoi préparez-vous des gaufres maison pour le goûter des enfants à l’école par exemple?» J’étais convaincue que c’était pour les préserver des crasses industrielles. En fait, c’est tellement transparent: c’est le péché d’orgueil, le besoin d’être une maman parfaite de carte postale. Au boulot, idem: je prends des dossiers parce que je n’ose pas dire non et que je ne sais pas déléguer. En fait, c’est clair: j’ai besoin de me sentir indispensable. Sauf que mon incapacité à lâcher prise m’épuise et me fait dysfonctionner.

  • LA MÉTHODE: On observe ce que l’on fait et on se demande «Est-ce vraiment nécessaire? N’y a-t-il pas des solutions plus pratiques pour économiser du temps?». Puis, dans un second temps: «Dois-je le faire moi? M’aimera-t-on moins si je ne le fais pas?»

Étape 3 : Arrêter les to-do lists (si, si !)

«Comment vous organisez-vous?» demande madame Lacoach. Là, je sais que j’ai bon. «Je fais des to-do lists!» Et vlan, madame Lacoach fait s’écrouler 15 ans de certitudes. «C’est en fait une mauvaise idée parce que tout y est en vrac et qui dit vrac dit stress et qui dit stress, dit procrastination.» La solution: l’agenda. « Faire son agenda, c’est l’occasion de se rendre compte de ce qui est possible en une journée et de ce qui ne l’est pas. Vous notez ces avez à faire et quand vous le faites, zones de plaisir comprises car ce sont de formidables moteurs qui vous obligeront à mettre votre organisation en œuvre pour les rendre possibles

De fait, mon agenda devient le pilote de ma vie. Je me tiens au timing. Ma vie est plus tangible et plus calme. «Voyez votre emploi du temps comme un vase que vous devez remplir de pierres, de cailloux et de sable. Vous gagnerez en ergonomie en plaçant d’abord les grosses pierres, de cailloux et de sable. En sens inverse, ça déborderait.» C’est vrai. Aujourd’hui, je consacre une demi-heure à 8h30, puis une autre à 13h30 à la gestion de mes mails et à mes recherches. Et j’arrive à gérer dans ce temps là.

  • LA MÉTHODE:  On note, en quantifiant le temps, ce que l’on a à faire dans un planning structuré et on accomplit les tâches au moment où on les a prévues.

Étape 4 : Rentabiliser ses gestes

Pour gagner du temps, Madame Lacoach me lance pour défi de toujours combiner deux actions pour un déplacement: descendre le linge sale quand je vais chercher mon chargeur dans la pièce du bas, puis en profiter pour remonter mon deuxième café plutôt que descendre m’en faire un cinq minutes plus tard. Ca devient une sorte de discipline mentale qui, par miracle, me rapporte plein de minutes bonus.

  • LA MÉTHODE: On groupe les activités pour perdre le moins de temps possible.

Étape 5 : Ne pas lâcher les choses tant qu’elles ne sont pas faites

Je suis la reine du «plus tard». Je reçois une facture, je la range dans le classeur «À payer» jusqu’au moment où je reçois le rappel. Madame Lacoach me propose de ne lâcher le papier que lorsqu’il aura été complètement traité, littéralement le garder en main tout en enlevant ma veste, jusqu’au moment où j’ai fait le paiement par webbanking. Pareil pour les mails : j’ouvre/je lis/j’agis. Je réalise chaque jour combien ça me désencombre la tête.

  • LA MÉTHODE: Ne pas avoir de dossier « À traiter ».

Plus d’infos et decoordonnées de coach en gestion dutemps: www.tdah.be (même si vous ne souffrez pas de troubles de l’attention) et sur www.psy.be pour des adresses partout en Belgique.

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