Allergies au pollen, alimentaire ou cutanée: de plus en plus de Belges souffrent d’allergie. Mais comment les scientifiques expliquent-ils cette augmentation?

Si vous êtes allergique au pollen, vous appréhendez certainement les mois de juin et de juillet qui sont généralement marqués par de longues séances d’éternuements. Plus nombreuses et plus virulentes, les allergies font désormais partie du quotidien de nombreux Belges. 

Allergie au pollen ou Covid-19? On vous dit ici comment différencier les deux!

Pollution, hygiène et climat

Le nombre de personnes souffrant d’allergie est en constante augmentation. Si, en Europe, un citoyen sur huit a développé une allergie, en Belgique cela concerne 30% de la population. Les changements climatiques et la pollution environnementale jouent certainement un rôle dans l’augmentation du rhume des foins, mais nos nouvelles habitudes influencent également le nombre et l’intensité de nos allergies. « Notre hygiène de vie s’est considérablement améliorée, explique le Pr Vito Sabato, allergologue. Nous vivons aujourd’hui dans des maisons propres et bien isolées, les enfants sont donc moins en contact avec les germes. En soi, c’est une excellente chose, mais l’inconvénient, c’est que notre système immunitaire est moins stimulé. Nous avons aussi tendance à recourir trop vite aux antibiotiques. Résultat, nous devenons intolérants ou allergiques à un plus grand nombre de substances. »

“Les scientifiques constatent également que plus les émissions de CO2 augmentent, plus les plantes produisent de pollen.”

Les changements climatiques ont également une répercussion sur nos saisons. Les étés ont tendance à être plus chauds et secs. Ils sont généralement suivis de brèves périodes de fortes pluies. Ces changements climatiques ont allongé le cycle du pollen. Les scientifiques constatent également que plus les émissions de CO2 augmentent, plus les plantes produisent de pollen. Les polluants modifient la structure du pollen, qui se désagrège plus facilement et pénètre plus profondément dans nos voies respiratoires. « De plus, actuellement, la proportion de pollen de bouleau dans l’air est la plus élevée de ces dix dernières années, poursuit le Pr Vito Sabato. Ces concentrations élevées augmentent le risque d’allergies. »

Plus d’allergies alimentaires

L’allergologue constate aussi une augmentation des allergies alimentaires. « Un tiers des personnes allergiques au pollen développent une allergie à un fruit ou un légume. La possibilité que ces allergies diminuent avec le temps ou un régime approprié dépend de leur intensité et des personnes. Certaines allergies alimentaires disparaissent avec l’âge (comme les allergies aux œufs ou au lait). Mais c’est rarement le cas des allergies aux arachides ou aux noix. Il existe des études prometteuses sur le traitement de ces types d’allergie grâce à l’immunothérapie, mais c’est encore peu répandu. »

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