Baby-boom ou rupture: le confinement a eu un grand impact sur de nombreux couples. De future maman à célibataire, Justine nous a livré son témoignage.

Le lockdown a mis de nombreux couples à rude épreuve. Ensemble 24h/24 pour gérer le boulot et le stress du quotidien, ça passe ou ça casse. À la sortie du confinement, nombreux sont les couples qui ont introduit une demande de divorce ou qui ont décidé de se séparer. Parmi eux, Justine et Tom. La jeune femme âgée de 33 ans nous raconte comment le couple est passé de futurs jeunes parents au célibat.

La rencontre

« Ma rencontre avec Tom n’était pas vraiment un coup de foudre. Nous nous sommes rencontrés il y a plus de trois ans lors d’une soirée chez des amis. Nous étions tous les deux en couple. Nous avons sympathisé sans arrière pensée. Nous sommes très différents, il est sportif et fêtard alors que je suis une fille créative qui aime le cocooning. Quelques semaines plus tard, nous avons rompu avec nos partenaires respectifs à peu près au même moment. C’est à ce moment là que nous avons commencé à parler. Il était le seul à comprendre ce que cela faisait de se retrouver célibataire après deux ans de couple. Nous sommes allés pique-niquer ensemble, avons fait de longues promenades et pris de nombreux cafés. Même si ce n’était pas notre intention au départ, nous avons fini par nous rapprocher.

« Ces différences n’ont jamais représenté le moindre problème, nous envisagions même d’avoir un enfant. »

C’était un conte de fées. Même si nous étions différents, nous avions notre équilibre. Il sortait régulièrement voir ses amis tandis que j’en profitais pour me reposer à la maison avec un bon livre. On aimait aussi partir chacun de notre côté avec nos amis, mais on prenait toujours plaisir à se retrouver. Ces différences n’ont jamais représenté le moindre problème, nous envisagions même d’avoir un enfant. Juste avant le lockdown, j’avais d’ailleurs arrêté de prendre la pilule. J’étais convaincue que nous étions prêts pour cette étape même si je me demandais parfois si Tom était suffisamment mature pour avoir un bébé, je me disais que ce bébé le rendrait plus responsable et qu’il sortirait moins.

Le confinement, le déclic

Et puis le confinement est arrivé… Au début, tout se passait bien. Je pouvais parfaitement travailler à la maison tout comme Tom. Nous ne devions donc pas nous soucier de nos finances. Bonus: nous avions beaucoup plus de temps à consacrer à la conception de notre futur enfant… Puis il y a eu les premières « irritations ». Je m’occupais de toutes les tâches ménagères pendant qu’il restait assis. Tom voulait également inviter des amis en catimini, j’étais radicalement contre cette idée. Lorsque je lui parlais de ce qui m’irritait, il me rétorquait que je devais arrêter de pleurnicher et que ses amis lui manquaient. Je n’ai rien lâché: j’ai commandé des plats provenant de son resto préféré ou j’organisais des petites soirées romantiques. Mais l’ambiance restait toujours très pesante… L’idée d’avoir un enfant avait complètement disparu. Nous étions ensemble toute la journée, mais quand nous nous endormions, Tom me touchait à peine. Lingerie sexy, sms coquins: rien ne semblait raviver la flamme.

« J’ai commencé à me rendre compte que nos vies occupées et individuelles nous rendaient solidaires, mais qu’elles étaient en fait une fuite … les unes des autres »

LES DOUTES

Nous avons tenté d’en parler. Nous avions beaucoup de discussion. « Je ne suis pas sûr de vouloir encore un enfant » m’a lâché Tom avec désinvolture. »Je réalise maintenant à quel point j’ai besoin de ma vie sociale. » Ces mots étaient comme une bombe. J’ai calmé le jeu, je n’ai plus abordé le sujet me disant qu’on en reparlerait après la crise, lorsque nos viens seront de retour à la normale. La tension n’est malheureusement pas retombée. Tom m’a dit qu’il doutait de notre relation, qu’il me trouvait ennuyeuse et qu’il pensait que nous n’étions pas faits pour être ensemble. J’ai compris que notre indépendance était en fait une manière de fuir notre couple. »

La confrontation

Il est difficile de parler d’un tel sujet pendant le confinement: vous ne pouvez pas inviter des amis pour en parler et oublier autour d’un verre. Je me sentais tellement impuissante. Après quelques jours de guerre froide à la maison, il a décidé de retourner chez ses parents. Bien que cette idée me rendait triste, je me suis dit que cette pause nous ferait le plus grand bien. Quelques jours plus tard, il est revenu vers moi pour parler de la situation. Il connaissait ma volonté d’avoir un enfant et ne voulait pas me priver de cette opportunité. Il ne se sentait pas prêt. Je ne peux pas le blâmer, quelque part c’est mieux comme ça: je suis réaliste, notre couple n’était pas fait pour durer et un enfant aurait compliqué les choses. Même si cette phrase m’aide à tenir, je ne peux pas m’empêcher de me sentir terriblement seule. Une rupture est toujours douloureuse, mais difficile d’enchaîner les sorties entre amis et de se faire des câlins pendant la crise. Je m’accroche à l’idée que, peut-être, je rencontrerai un jour un homme qui me conviendra mieux. »

PLUS DE TÉMOIGNAGES: