L’amour n’a pas d’âge. Mais il se transforme au fil des années. Inge et Corrado reviennent sur leur quart de siècle ensemble. Par Johanna Laurent. Photo: Duncan de Fey.

26 ans d’amour

Corrado : « On s’est connus en 1993. Je travaillais comme architecte pour une entreprise italienne. Inge était architecte d’intérieur dans la filiale belge de la même société. À un moment, on a tous les deux été envoyés à Milan pour travailler sur le même dossier pendant plusieurs semaines. C’est là que l’étincelle s’est embrasée. »

Inge : « On a tout de suite su qu’on avait du chemin à faire ensemble. D’ailleurs, on était mariés un an et demi plus tard et nos trois enfants sont arrivés assez vite. On aurait pu s’établir à Rome, mais comme on trouvait important de permettre aux enfants de grandir dans un environnement verdoyant, on a choisi de revenir en Belgique. »

Corrado : « Rome est une grande ville. On aurait dû y vivre en appartement. Avec trois enfants, ça n’aurait pas été idéal. »

Inge : « J’ai commencé à travailler comme indépendante, parce qu’on n’envisageait plus de travailler tous les deux dans la même entreprise. Et plus tard, j’ai temporairement arrêté de travailler pour m’occuper des enfants. »

Corrado : « Je travaille à Paris depuis 2003. J’y vis pendant la semaine et je rentre à la maison, auprès d’Inge et des enfants, les week-ends et les jours fériés. »

« le fait d’être capable de s’adapter aux situations changeantes est prometteur pour l’avenir de notre couple. Mais ce mode de vie ne convient pas à tout le monde. »

Inge : « Au début, on a traversé une phase assez stressante. Il nous fallait trouver notre rythme. Quand Corrado était là, on lui donnait toute notre attention, les enfants et moi : ça faisait des week-ends très chargés, il ne restait pas de temps pour les rendez- vous pratiques. J’ai pris sur moi et j’ai tiré mon plan comme ça. Là, 15 ans plus tard, nos enfants ont grandi et cette organisation structurée n’est plus nécessaire. »

Corrado : « Le fait qu’on ne se voie pas pendant la semaine donne une dynamique particulière à notre couple. »

Inge : « On est très flexibles. Le train- train, on ne connaît pas. Quand on est côte à côte tous les jours, le stress et la tension peuvent s’accumuler plus facilement. Nous, on est à l’abri de ça. À mon avis, le fait d’être capable de s’adapter aux situations changeantes est prometteur pour l’avenir de notre couple. Mais je réalise bien que ce mode de vie ne conviendrait pas à tout le monde. »

Corrado : « On reste très en contact la semaine. On se Facetime tous les soirs. »

« Avec le travail de Corrado, tout peut changer à n’importe quel moment, on y est habitués. J’ai désappris à programmer. Arrivera ce qui arrivera. »

Inge : « Maintenant que les enfants kottent, je dois reconnaître que j’éprouve le syndrome du nid vide. Les enfants n’ont plus besoin de la même attention. La maison semble bien grande quand j’y suis seule en semaine. J’essaie de me prévoir beaucoup d’activités en soirée. »

Corrado : « On va encore travailler tous les deux pendant quelques années, même si on rêve de passer plus de temps en Italie ou à Paris. On a même déjà des plans concrets. »

Inge : « Peut-être qu’on ira vivre ailleurs plus tard, ça dépend surtout de ce que nos enfants vont devenir. Mais pour l’instant, ils sont encore ici. Avec le travail de Corrado, tout peut changer à n’importe quel moment, on y est habitués. J’ai désappris à programmer. Arrivera ce qui arrivera. »

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