On a tous parfois des comportements irritants (ou des attitudes constructives !) dont nous ne sommes pas conscients. C’est comme une feuille de salade entre les dents : si personne ne vous le dit, vous souriez bêtement toute la journée ! Ou, s’il s’agit d’une attitude positive, vous risquez de la freiner alors qu’elle est précieuse pour la mission.

Le feedback se donne tout le temps

« En entreprise, les gens se plaignent très souvent de ne pas recevoir assez de feedback », remarque Anne-France Wéry, experte en leadership. « C’est parce qu’on l’y donne de façon trop mécanique, uniquement lors des entretiens d’évaluation, par exemple. Le piège alors : qu’il soit perçu comme un recadrage. La façon 2018 de travailler privilégie au contraire au quotidien l’énergie du dialogue, de la collaboration, de la construction ensemble. Dans cet esprit de confiance, un feedback peut être très bref, et même s’échanger debout! On devrait le faire à la fin de chaque projet. »

Rapidement après les fait

Trop longtemps après une présentation très réussie ou un accès de colère déplacé,
tout le monde peine à se rappeler ce qui s’est exactement passé. Du coup, si quelqu’un nous donne un feedback sur ces événements, on éprouvera plus de difficultés à en retirer un vrai apprentissage. L’idéal : qu’il ne manque pas de pièces au puzzle.

Aussi quand ça va bien

Selon Anne-France Wéry, le feedback devrait bien plus souvent souligner les succès: « Je prône la politique du GAQ: “grâce à quoi” a-t-on réussi ce projet? Ça booste
notre sentiment de légitimité à nos propres yeux, dans le regard des autres, et ça donne du sens à nos actions (et quand le sens manque, c’est a voie royale pour le brun-put). » Et même dans le cas inverse, essayez de comprendre les raisons d’un échec en vous concentrant sur comment vous avez fait plutôt que sur pourquoi. Cela évite les justifications parfois stériles.

Même quand on n’est pas le chef

Les équipes où l’on privilégie la convivialité au détriment du feedback franc y perdent, à la longue. Si vous trouvez l’attitude d’un collègue positive ou négative pour l’objectif, il faudrait que vous puissiez le lui dire, tout simplement. « Aurore, ça doit être difficile de garder le timing dans les réunions, surtout quand tout le monde papote, mais tu arrives à bien le faire : tu coupes les discussions stériles, mais avec humour, bravo ! » ou « Apolline, tu agites ton pied depuis ce matin. J’ai essayé de faire abstraction, mais je n’y arrive pas : est-ce que ça t’ennuierait d’arrêter ? »

Et même toute seule avec soi-même

Si on dépend uniquement du regard des autres, on s’y réduit. Anne-France Wéry recommande donc, à la fin d’une réunion, d’un projet ou d’une journée difficile, de se féliciter soi-même pour les pas qu’on a faits, petits ou grands. On avance mieux dans l’énergie du progrès.

Plus d’infos dans le livre En quête de sens écrit par Anne-France Wéry
Christiane Thiry. Ed: Eyrolles.

On se motive!