On se surprend parfois à penser à propos d’une femme : « C’est bizarre qu’elle soit seule, elle a tout pour plaire. » Mounira déconstruit les stéréotypes sur le célibat.

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Le témoignage de Mounira, 46 ans

« Je n’ai jamais ressenti le besoin d’être liée à un homme, même si j’ai grandi dans une famille libanaise classique. Mes parents étaient traditionnels, mais ouverts d’esprit. J’avais 18 ans lorsque mon père est décédé et, en tant que fille aînée, je me sentais responsable du bien-être de ma mère et de mes deux sœurs. J’ai toujours eu un grand instinct maternel, mais je ne suis jamais devenue mère moi-même. Lorsque mes
sœurs ont eu des enfants, je suis immédiatement tombée amoureuse de mes neveux et nièces. Je pense que c’est en partie grâce à eux que je n’ai pas senti l’horloge biologique tourner. L’amour que j’ai pour les enfants de mes sœurs est aussi inconditionnel que celui que j’aurais pour mon propre enfant, sans la relation complexe parent-enfant. Ils sont tout pour moi et j’espère qu’ils savent que je serai toujours là pour eux.

« Pour le moment, je choisis de ne pas me marier, mais qui sait ce que l’avenir me réserve ? Peut-être que je me marierai quand j’aurai la soixantaine ! »

Bien sûr, j’ai déjà eu des relations, mais c’était un choix conscient de ne pas m’attacher. Je ne l’ai jamais regretté. Pour le moment, je choisis de ne pas me marier, mais qui sait ce que l’avenir me réserve ? Peut-être que je me marierai quand j’aurai la soixantaine ! Je n’ai jamais ressenti la panique que ressentent de nombreuses femmes célibataires qui n’ont toujours pas d’enfant à l’approche de la quarantaine. La société nous met tellement de pression sur les épaules. Il “faut” trouver un partenaire, ne pas être seule. Mais je n’ai jamais souffert de la solitude. Je suis complètement satisfaite de ma vie, de ma famille et de mon cercle d’amis, très étendu. Trop de femmes se perdent ou s’oublient dans leur relation. Je suis forte et indépendante, mais aussi très sensible. Peut- être qu’au fond, j’ai un peu peur d’être blessée, mais j’essaie de rester ouverte à ce qui se présente à moi. »

« Je m’épanouis grâce à mon boulot »

« Je suis convaincue que le fait d’avoir un travail dans lequel je m’investis corps et âme m’aide beaucoup. En tant que professeur de yoga, je reçois tellement de joie et d’affection en retour ! Par exemple, je travaille actuellement sur un fantastique projet, Think Pink, pour enseigner le yoga à des femmes atteintes d’un cancer du sein. L’idée de faire quelque chose d’utile pour les autres m’apporte paix et stabilité. Aujourd’hui, beaucoup de gens ont perdu le contact avec eux-mêmes. Je vis de manière consciente et travaille dur sur moi-même. Je médite, je mange sainement et je me concentre sur le positif. La relation avec soi demande du travail, mais en fin de compte, c’est ce qu’il y a de plus précieux. »

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