Le mariage traditionnel n’est plus le seul cadre dans lequel les enfants évoluent. La maternité aussi se décline sur de nombreuses gammes. Ce mois-ci, dans GAEL, trois femmes racontent le rôle que les aléas de la vie leur ont offert. 

Le témoignage de Karen, 40 ans

“Comme beaucoup de petites filles, j’ai su très jeune que je serais un jour maman. J’étais convaincue qu’à 30 ans, je serais mariée, avec deux enfants minimum. Ça ne s’est
pas tout à fait passé comme ça. (Rires.) En réalité, à 30 ans, j’ai commencé à envisager de devenir maman toute seule. Mon couple avait capoté quelques années auparavant, entre autres parce que mon compagnon ne voulait pas d’enfant. Et la quête d’un nouveau partenaire ne se passait pas tout à fait comme dans un conte de fées. Je sentais aussi que mon désir d’enfant influençait beaucoup mon choix d’homme. À 34 ans, j’ai tranché et j’ai commencé le trajet des inséminations. Niko a été conçue avec le sperme d’un donneur anonyme du Danemark. Ça a été un parcours exténuant : je suis tombée enceinte à la huitième tentative.

Une fine équipe!

Le fait que Niko ne saura en principe jamais qui est son père me ronge parfois. Elle ne le réclame pas pour le moment, mais si les questions arrivent, je répondrai honnêtement. Elle voit bien que la plupart des autres enfants ont un papa, mais ne trouve pas étrange que nous vivions juste à nous deux. On forme une sacrée équipe ensemble. Notre lien est très intense. C’est une joie énorme de la voir chaque jour grandir et évoluer. Même quand elle me réveille de très bonne heure, mon cœur fond quand je la vois, là, couchée à côté de moi dans mon lit. Cet amour réciproque est quelque chose d’énorme.

“Attention, tout n’est pas rose : éduquer un enfant seule n’est pas évident. Vous avez peu de moments de respiration”

Attention, tout n’est pas rose : éduquer un enfant seule n’est pas évident. Vous avez peu de moments de respiration, car il y a toujours quelqu’un qui réclame votre attention. Quand je rentre d’une journée plus difficile, il ne me reste parfois plus beaucoup d’énergie à offrir à Niko. Avant, je travaillais à 4/5, mais depuis peu je bosse à temps
plein, ce qui m’oblige à laisser Niko à l’école tous les jours de 8 h à 17 h 30. Heureusement, elle n’en fait pas un problème, et mes parents sont toujours prêts à la prendre chez eux. Ils s’occupent de Niko tous les mercredis après-midi après l’école et m’aident pendant les congés scolaires ou quand elle tombe malade. Je leur en suis très reconnaissante, tout comme à ma framily, mes amis toujours prêts à nous aider.

Respecter son choix

Parfois, ça me manque d’avoir un partenaire, par exemple pour prendre certaines décisions ou pour partager les beaux moments, comme ses premiers pas, les fêtes d’anniversaire et les vacances. D’un autre côté, j’ai la liberté d’éduquer Niko comme bon me semble, je ne dois tenir compte de personne. J’ai bien conscience de l’extrême responsabilité que cela représente de veiller au bien-être de mon enfant. Cela m’angoisse parfois d’être seule à lui apprendre comment devenir adulte. Grâce à dieu, Niko est une petite fille très joyeuse et heureuse : à croire que, jusqu’ici, je ne m’y suis pas trop mal prise !
Je me sens très soutenue par mon entourage. Dans mon cercle d’amis, la famille traditionnelle est presque en train de devenir une exception. J’ai beaucoup d’amies qui éduquent leurs enfants seules ou en coparentalité, et je n’ai encore jamais reçu de commentaire désobligeant au sujet de mon choix.

Être maman célibataire n’était pas mon scénario de rêve, mais je ne l’ai jamais regretté une seconde. Niko est le soleil de ma vie. »

Retrouvez ce dossier en intégralité ainsi qu’un dossier spécial sur la congélation d’ovocytes dans le GAEL de mai disponible en librairie!

+ de témoignages: