Être là au bon endroit au bon moment, cela joue pour accrocher le bon wagon. Mais notre Guest Alex Vizorek compte plutôt sur sa niaque et sa force de travail. Par Anne-Sophie Kersten. Photo: Laetizia Bazzoni.

La citation d’Alex Vizorek

“Dans nos métiers, ne pas avoir de chance est une faute professionnelle” – Eddie Barclay

« La chance, il faut courir derrière, être patient, bosser. La première fois que j’ai joué au Point Virgule, à Paris, je savais que le directeur, Jean-Marc Dumontet, qui produisait beaucoup d’artistes, viendrait l’un des quatre soirs. J’ai bien réussi les deux premiers, j’ai pris un four monumental le troisième et le dernier s’est super bien passé. À la sortie, j’ai demandé s’il était venu. Réponse : “Oui, hier…” Voilà comment j’ai “perdu” trois ans, car si j’avais été prêt, il m’aurait poussé. Sur scène, il faut être bon quatre fois sur quatre. Aujourd’hui, je vois que ces trois années ont été utiles : j’ai accumulé des heures de vol. Je sais désormais que, lorsqu’une salle est molle, il ne faut surtout pas accélérer en se disant : “Plus vite le public sera dehors, moins il aura le temps d’en avoir marre de moi.” Il faut à l’inverse ralentir, montrer qu’on est chez soi, qu’on maîtrise. »

Comment as-tu provoqué ta chance ?

« Après mes études à Solvay, j’ai senti que je n’aimais pas trop et j’ai enchaîné en journalisme, où j’ai préféré les gens. Là, je me suis orienté vers la presse sportive, parce que j’aimais ça. Sur ce, je me suis dit : va carrément au cours Florent, c’est ça que tu as vraiment envie de faire ! J’y ai choisi le cours de one-man-show car j’aimais écrire. Stéphanie Bataille, la prof, était super. J’ai osé lui apporter trois textes pour qu’elle me mette en scène. Elle m’a dit : “Moi, c’est un spectacle que je veux mettre en scène !” J’ai passé tout l’été à l’écrire. Voilà… J’ai mis des coups de pioche : faire ce que j’aime, être pushy, mais pas trop. On dit que les boxeurs sont meilleurs quand ils ont faim. Il faut créer cette espèce de nécessité. Moi j’avais celle de prouver que j’avais quelque chose à donner, par orgueil, par ego, et aussi pour ma joie personnelle, car ça me rend heureux d’être sur scène. »

Un moment où tu t’es dit : « J’ai de la chance » ?

« J’intervenais dans deux émissions radio, sur VivaCité et La Première, et mon spectacle commençait à démarrer. Un jour, la RTBF m’a appelé : “Thomas Gunzig n’est pas là : on a pensé à toi pour le remplacer au Café serré.” J’étais en voiture, je me suis garé, j’ai coupé le moteur… “On me demande de venir donner mon avis avec mes blagues dans la matinale la plus chic de Belgique !” Là, je me suis dit : “J’ai de la chance !” Pareil la première fois que j’ai pris le métro pour aller faire une chronique à Radio France. »

Il faut se lever tôt !

« Et comment ! Après ma première année de chroniques sur France Inter, on m’a proposé une quotidienne l’été avec Charline Vanhoenacker. À moi, inconnu au bataillon peu de temps auparavant. En fait, j’avais déjà signé pour jouer tous les jours au Festival d’Avignon. Pendant trois semaines, j’ai fait quotidiennement l’aller-retour. On finissait l’émission à 12 h 15, à 13 h, je sautais dans un train gare de Lyon. 2 heures 30 plus tard, j’étais à Avignon. Je jouais à 18 h, à 20 h 20, je prenais le train pour Paris. Là, la chance, tu sens que tu vas la chercher ! »

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