Chaque mois, GAEL demande a un people de ressortir un vieux cliché de ses albums. Au tour de la chanteuse Sandra Kim, qui revient sur son « après Eurovision ».

Une rencontre surprenante

« Cette photo date d’octobre 1986, cinq mois après ma victoire à l’Eurovision. Je viens de représenter la Belgique au Yamaha Music Festival à Tokyo, un concours de chansons hyper populaire en Asie. Tous les pays d’Europe y participent, ainsi que l’Amérique, le Canada… Céline Dion l’a d’ailleurs remporté en 1982. Comme je suis arrivée dans les cinq premiers, j’ai la chance de faire une tournée avec les autres gagnants dans les grandes villes du pays, Osaka, Kobé, Tokyo… Parmi les vainqueurs, il y a un certain Eros Ramazzotti, qui a explosé peu de temps auparavant au festival de San Remo.
Quel rêve de tomber avec lui ! Il a 24 ans, moi 14. Je ne parle pas bien l’anglais mais je baragouine un peu l’italien (mes grands-parents parlent un dialecte, j’apprendrai la langue plus tard, en vacances en Italie). Eros ne parle qu’italien. Ça rapproche.

« À 14 ans, j’ai parcouru la moitié du globe en à peine six mois : tout le monde voulait voir la plus jeune gagnante de l’Eurovision. »

Un jour, pour son anniversaire, on lui donne ses cadeaux dans un train japonais à grande vitesse. Eros a beau être un garçon sérieux à la télé, genre gendre parfait, en dehors, il est plutôt à faire le clown, il fume, un peu bad boy. On s’entend bien. Lors de ce voyage, je me retrouve plus de trois semaines sans mes parents. Très souvent, ils m’accompagnent en tournée, mais cette fois-là, ils travaillent et s’occupent de ma petite sœur. Ils font confiance au producteur. Il me met un cadre, ce qui ne me plaît pas toujours, par exemple quand il m’impose un style classique alors que je préfère un perfecto et un jeans troué !

À 14 ans, j’ai parcouru la moitié du globe en à peine six mois : tout le monde voulait voir la plus jeune gagnante de l’Eurovision. Du coup, j’ai appris à me débrouiller seule. Les chambres d’hôtel, ça forge le caractère ! On comprend d’où vient la femme indépendante que je suis aujourd’hui : je ne panique pas vite, même quand je perds mes papiers aux États-Unis, par exemple. Maintenant, on entoure beaucoup
les enfants. Il leur manque un peu de cette liberté des années 70, 80, que Vanessa Paradis a dû connaître aussi. Aujourd’hui encore, j’aime partir. Mais j’aime aussi revenir à mon port d’attache, mon mari, la famille. C’est sacré. »

Son actu: Depuis presque deux ans, Sandra Kim tourne activement dans les centres culturels de Flandre avec le show Bella Italia où, à quatre musiciens et trois chanteurs italiens, ils reprennent les plus grands standards de la chanson italienne. Sans le confinement, Sandra aurait chanté le 16 mai prochain à la grande soirée de l’Eurovision à Amsterdam, comme Madonna l’a fait l’année passée. Elle aurait chaleureusement soutenu
Hooverphonic…

Retrouvez notre rencontre avec Sandra Kim en intégralité dans le GAEL de mai, disponible en librairie, en grande surface et sur notre app

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