Nolwenn Leroy soutient activement de nombreuses bonnes causes. Elle revient sur l’expérience qui a bouleversé sa vie. Par Isabelle Blandiaux.

L’école du désert

« J’ai eu la chance de remporter à 13 ans un concours qui s’appelait “Les écoles du désert”, organisé par une chaîne de supermarchés. Il fallait habiller avec un collage une Africaine représentée sur une feuille. Ma maman m’a un peu aidée, elle est très douée pour ce genre de choses. Elle travaille d’ailleurs toujours avec moi pour les pochettes d’albums, les clips, l’identité visuelle. On n’avait utilisé que des matériaux de récupération, en aplatissant et en découpant des canettes de Coca-Cola notamment. Dans chaque ville de France, un jeune vainqueur a été convié à participer à un périple humanitaire au Mali. On a traversé le désert dans un convoi de 4 X 4 pleins de fournitures scolaires et de t-shirts obtenus grâce aux sponsors. La belle idée de ce projet, c’était que des enfants rencontrent des enfants. 

« Cette expérience a changé ma vie, mes décisions. »

On s’arrêtait dans les petits villages où l’on échangeait notre matériel contre des bracelets. On était accueillis chaleureusement, parfois par de grandes fêtes traditionnelles. La nuit, on plantait notre tente dans le désert. C’était assez audacieux de faire partir des jeunes dans ces conditions. Même physiquement, c’était éprouvant.
Ce voyage a changé ma façon de percevoir le monde. C’était super beau et très marquant pour une adolescente qui vit dans un pays riche comme la France, même si je ne viens pas d’une famille riche, au contraire.

Il y a une magie au Mali et notamment dans la ville de Tombouctou, qui a malheureusement beaucoup souffert de la guerre ces dernières années. L’autre jour, j’étais en larmes devant les images du JT qui montraient que tout avait été brûlé, détruit. Les djihadistes terroristes de Boko Haram sont passés par là. On ne parle pas assez de l’Afrique en Europe. Aujourd’hui, je suis engagée auprès de certaines causes, comme la Fondation Abbé Pierre, que j’ai rencontré avant qu’il ne parte “pour ses grandes vacances”, comme il disait. Son combat et son message sont malheureusement encore d’actualité : des gens n’ont pas de toit ni de quoi manger dans nos pays. Je me suis aussi engagée en Belgique via Viva for Life. Mon engagement est lié à cette expérience vécue à 13 ans. Elle a changé ma vie, mes décisions. »

SON ACTU

Nolwenn Leroy écrit habituellement ses propres morceaux, mais pour son 7e album, Folk, elle reprend Jacques Higelin, Francis Cabrel, Nicolas Peyrac, Nino Ferrer… « J’ai toujours aimé ces chansons intemporelles, simples, nostalgiques, organiques, qui réconfortent. On les a enregistrées dans les conditions du live, comme à l’époque. Tout me ramène à la folk, cette musique des paysans aux États-Unis. Il n’y a pas de minauderie, c’est pur et juste dans l’émotion. J’aime bien me voir comme une sorte de “passeur de mémoire”. »

  • ALBUM FOLK (UNIVERSAL). EN CONCERT EN BELGIQUE À L’AUTOMNE 2019.

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