ll y a ceux qui l’idolâtrent et ceux qu’il irrite. Jérôme Colin, 44 ans, ne laisse, comme le dit une formule compassée, personne indifférent. Entretien: Myriam Leroy. Photo cover: Laetizia Bazzoni

Quelle image de toi crois-tu renvoyer au public, et est- ce que tu la trouves juste ?

D’abord, je dois dire que je m’en fous, vraiment, et même que je suis d’accord avec toutes les interprétations qu’on peut faire de moi. Je pense qu’elles sont divisées. Soit les gens m’aiment bien…

T’adorent, même.

… Soit ils m’aiment bien parce qu’ils se disent : « Oh, il est un peu cultivé, il est gentil avec les gens sur antenne » et ils trouvent que ça fait du bien, soit les gens me détestent… et je peux le comprendre. Parce qu’ils perçoivent peut-être des choses qui existent vraiment en moi. Comme le fait qu’il ne faut pas me faire chier (rire). Ou alors ils me trouvent prétentieux. Quand on fait une émission culturelle, les gens, ils ont l’impression qu’on connaît tout, alors qu’en fait, on ne connaît rien. C’est juste qu’on a bossé pour préparer l’émission alors tout à coup, on connaît la date d’un truc. Et les gens se disent : « Il connaît même la date ! » Alors, il y en a plein qui pensent : « Putain, quel prétentieux, quoi ! »

C’est ça qui te rend clivant, d’après toi ?

Je ne sais pas. Il y a aussi des auditeurs qui détestent ma manière de parler et m’envoient des e-mails d’insultes parce que j’ai une voix de canard, donc le spectre des raisons de me détester est quand même assez large. Et puis j’ai des tics de langage, je dis « évidemment » tout le temps, même moi ça m’insupporte, mais je n’arrive pas à m’en défaire. Après, quand tu es aussi présent que je le suis dans les médias, il y a tes positions qui peuvent aussi irriter les gens. Moi, les racistes de droite, ils ne m’aiment pas...

Ce qui est plutôt un compliment…

Oui, oui, mais là aussi je m’en fous. Même si j’étais détesté par des gens de gauche, je m’en foutrais.

Tu t’en fous d’être aimé ?

(Il hésite.) Non, je ne m’en fous pas d’être aimé, pas du tout, je veux qu’on m’aime, mais je m’en fous d’être détesté. Ça ne me fait pas souffrir.

Tu n’es pas idolâtré dans ton cercle familial ?

(Rire.) Ma femme, Colette, elle ne regarde pas Hep Taxi ! et elle n’écoute pas mes émissions de radio. Jamais.

Moi, ça me vexerait.

Mais c’est pas ça, notre vie… Notre vie, c’est notre histoire d’amour et nos enfants, mais ce n’est pas mon métier, pas plus que le sien, d’ailleurs (Colette est kiné, NDLR). Pourquoi on devrait plus s’intéresser à mon métier qu’au sien ? (Rire.)

Et comment fais-tu quand tu doutes ? Tu t’ouvres à qui ?

Ce n’est pas que je n’ai pas de doutes, mais je n’en ai pas là, pas pour ça. Si je fais lire mon manuscrit à Colette, c’est quand il est fini, pour lui demander si, d’un point de vue personnel, rien ne la dérange. Elle n’aime pas me donner son avis, elle s’en fout, si tu savais comme elle s’en fout. Ce qu’elle fait, c’est qu’elle me supporte, qu’elle m’aide, là par exemple elle me donne du temps pour écrire, c’est dans ce sens qu’elle se met à mon service. Et c’est adorable de sa part.

Donc tu ne donnes jamais tes projets à lire à quelqu’un pendant que tu écris ?

Non, parce que si la personne fait comme ça avec son œil ou comme ça avec sa bouche, je vais arrêter d’écrire, tu vois ce que je veux dire ?

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GAEL octobre

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