On a craqué pour elle sur YouTube il y a trois ans, lorsque cette ancienne prof racontait sa Vie de mère face caméra à son psy. On a ri et on s’est senties moins seules avec nos prises de tête de mères imparfaites. On découvre ici une hyper passionnée qui réalise ses rêves coûte que coûte.  PAR ANNE-SOPHIE KERSTEN. PHOTOS : LAETIZIA BAZZONI.

Véronique Gallo en vrai

À 42 ans, Véronique Gallo n’est plus une maman créative et rigolote s’inspirant de sa vie de famille pour faire marrer la toile une fois les enfants couchés. Ou disons plus seulement. Après une phase de vie au foyer classique — comme elle dit —, elle a décidé de ne plus s’en remettre qu’à son intuition. Aujourd’hui divorcée, les semaines sans enfants, elle traverse les gares et les aéroports pour aller jouer son One mother show en Belgique, en Suisse et en France. Et le reste du temps, elle se consacre aux siens tout en concrétisant des projets d’écriture, comme si la vie devait s’arrêter demain. On ne s’assied pas deux heures en face de Véronique Gallo pour papoter de nos derniers rôtis à cuisson lente, mais d’écriture, d’un moine bouddhiste trouvé sur Google, de rencontres qui changent la vie. Et encore d’écriture.

« Ne la félicitez pas : pour elle, tout cela ne va pas encore assez vite ! »

Les 180 épisodes de Vie de mère (à voir désormais sur RTL-TVI) ne sont que la pointe visible d’une production intense comprenant aussi des nouvelles, un roman et cinq spectacles joués plus de cent cinquante fois chacun. Sans compter des projets pour le cinéma et la télévision. Véronique Gallo n’a pourtant quitté sa vie de prof et commencé sa vie d’artiste professionnelle qu’il y a six ans. Ne la félicitez pas : pour elle, tout cela ne va pas encore assez vite ! En vrai, elle place ses accents toniques comme dans ses vidéos, mais en accéléré. Ses yeux noisettes brillent quand elle dit « vraiment », « à mort », « de ouf », « extrêmement ». Il est vrai que depuis qu’elle s’est remise en lien avec sa puissante envie de raconter des histoires, Véronique Gallo vit intensément.

L’autobio de Véronique Gallo

5 ans. Je mets la chanson Papa pingouin sur mon tourne-disque. J’en fais une réinterprétation à l’aide d’une flûte de pan et ça fait hurler de rire mes parents.

12 ans. Je lis Le Journal d’Anne Frank et je demande un journal intime. Papa m’emmène au Passage Lemonnier à Liège pour en choisir un, avec un petit cadenas forcément.

Août 1994. Je pars un an seule aux États-Unis après ma rhéto. Ma vie m’appartient, une sensation de liberté extraordinaire.

2001, 2004, 2013. Naissance de mes deux fils puis de ma fille. Je n’aurais pas pu vivre sans être mère, j’avais une telle envie de transmettre.

2006. Mon stage de seule-en-scène à l’Académie d’été de Neufchâteau. La rencontre avec Jean Lambert et l’écriture. Je me redécouvre.

2017. Il y a déjà 60 épisodes de Vie de mère sur YouTube, et là on boucle les 60 suivants. Au total, 180 épisodes écrits toute seule ! Ça, bizarrement, je me dis qu’on ne pourra jamais me le retirer.

2017. Mon premier Forum de Liège, mon Olympia à moi. C’était un rêve de gamine, mon père aurait adoré.

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GAEL février

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