Le journaliste, chroniqueur radio et romancier allie comme personne la rigueur et la légèreté. Dans le cocon protecteur de son bureau et de l’heure matinale, Sébastien Ministru choisit ses mots, traque les excès de lyrisme, mais « laisse venir » son prochain roman. Par Anne-Sophie Kersten. Photos: Liesbet Peremans. 

Sébastien Ministru en vrai

Tomber sur la voix de Sébastien Ministru à la radio, c’est la promesse d’un moment drôle, intéressant, léger et documenté. Critique fin, le journaliste sait piquer sans blesser. Après inze ans sur Pure, dans la matinale, et dans Bang Bang, l’émission queer pionnière, il a réduit la cadence à trois interventions par semaine, dans Entrez sans frapper, sur la Première (le mercredi et le jeudi à 14h30), et dans Pop & Snob, sur Pure. Egalement auteur pour le théâtre (Un homard, où ça?, Cendrillon, ce macho, Ciao Ciao Bambino, etc.) et rédacteur en chef adjoint de l’hebdo Moustique, il a l’habitude de faire parler les autres. On découvre aujourd’hui qu’à 58 ans, il sait aussi se dévoiler, avec une sacré franchise. Sans doute est-il habitué à l’exercice, depuis la sortie en janvier 2018 de son magnifique premier roman, Apprendre à lire (Grasset).

Meet our Guest: Sébastien Ministru, le rigoureux et l'amoureux

Autobio subjective

1977: « Ce sont les grandes vacances. Ma mère est morte en mai. Daniel, un ami de mon frère, sonne chez nous. J’ouvre et je dis: « Alphonse n’est pas là. » Il répond qu’il ne vient pas pour lui. Là, je tombe amoureux de ce type. C’est la première fois que quelqu’un marque de l’intérêt pour moi comme ça. On écoute des disques tout l’après-midi. Il revient tous les jours. Plus il vient, plus je suis amoureux. Je le suis toujours. Et là, je me dis: « Putain, je suis quand même fait pour l’amour! »

1980: J’arrive à Bruxelles et je commence à me fondre dans l’anonymat de la ville, ce qui me plaît beaucoup. À partir de là, la chance s’invite dans ma vie. Je rencontre René, qui me fait rentrer chez Télémoustique aux pages télé alors que je n’ai même pas encore fini mes études (de journalisme, après avoir étudié la bibliothéconomie, NDLR).

1985: « Sur une plage à Deauville, je vois pas très loin de moi la définition de la beauté humaine. Le type est d’une beauté incroyable. Et je m’aperçois qu’il me regarde. Pendant une heure, peut-être, on se drague, sans un mot, sans que rien ne se passe. Il part, je pars, Mais ce sera sur mon lit de mort. »

Février 1987: « Serge rentre dans le bar où je suis avec Jean-Pascal, mon meilleur ami, à qui je dis: « Ce type, je le veux ou je meurs. » Ce n’est pas un coup de foudre, c’est une sensation de sidération. Je n’ai pas rencontré Serge, je l’ai reconnu. On ne s’est plus jamais quittés. »

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GAEL mars

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