“Aimer, c’est se surpasser”: Plastic Bertrand cite Oscar Wilde, un autre dandy qu’il admire et qui est né pile cent ans avant lui.

LE MANTRA DE PLASTIC BERTRAND

« J’ai beaucoup lu Oscar Wilde. Il a une profondeur et parfois un humour incroyables. J’aime sa façon de dire les choses, toujours avec élégance. Je trouve ça très important, l’élégance. Oscar Wilde était un dandy. On me dit que j’ai moi aussi un peu de ça en moi. En tout cas, j’essaie d’être élégant avec les gens. »

C’est quoi, se surpasser ?

« Wilde parle d’aller vers l’autre, d’inventer une relation au-delà du superficiel. Se surpasser, c’est donner de soi. C’est très important de faire cet effort vers l’autre. Ça n’a rien à voir avec l’extase, c’est faire la démarche de considérer l’autre comme important, d’essayer de voir le meilleur en lui. Je suis quelqu’un de très optimiste. Je crois toujours en l’homme. Se surpasser, c’est aussi aller plus loin qu’une idée basique qui te réconforte… »

Cela rejoint cette énergie positive incroyable que tu dégages en permanence.

« Oui ! J’ai toujours ressenti le devoir d’essayer d’être meilleur que la veille. Mes parents m’ont inculqué ça tout petit. Le fait que je vienne d’une famille sans beaucoup de sous m’a par exemple poussé à être très bon élève. »

Meilleur, mais sur quels critères ?

« Surtout être moins égoïste. Plus j’avance, plus j’ai cette sensation d’être plus ouvert sur les autres. Peut-être que quand tu es môme, puis adolescent, tu te protèges plus. Il faut dire qu’à mes débuts dans ce métier, c’est arrivé tellement vite que je me suis recroquevillé sur moi-même. Je ne voulais plus voir de monde. Ça a été très compliqué pour moi. Aujourd’hui, je me rends compte que voir des gens, il n’y a que ça qui me fait du bien. Quand je suis plus ouvert aux sentiments, j’ai l’impression que mon cœur s’ouvre de plus en plus. Aller vers l’autre, c’est aller vers soi au bout du compte. Cette ouverture a été un long travail. J’ai l’impression d’être en chantier depuis longtemps, de progressivement comprendre qui je suis et vers quoi je veux aller. Dans mon dernier album, je parle d’humanité. Je n’aurais pas pu le faire il y a quarante ans. »

Quand a commencé cette expansion vers les autres ?

« Probablement lorsque j’ai eu des enfants (NDLR : Lloyd, 40 ans, et Joy, 37 ans). Ça t’oblige à t’ouvrir, à te surpasser, à ne pas être seulement l’artiste fatigué qui rentre chez lui. Il fallait exister aussi pour eux. J’ai essayé de le faire. Ce n’était pas facile, parce que je n’étais pas beaucoup là. Mais j’avais cette volonté. »

Quand tu es très fatigué, tu arrives à être généreux ?

« Je peux être odieux ! Mais ça passe très vite. Et je le regrette terriblement par la suite. C’est mon côté slave, complètement up & down. Ce qui prouve que j’avance dans ma vie d’homme, c’est que je l’avoue, ce qui n’a pas toujours été le cas (rires). »

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