Généreux, modeste, timide, indécis: les proches et acolytes de Mon Ket, premier film de notre Guest de juin François Damiens, en dressent un portrait tendre et touchant. Photo cover: Filip van Roe.

PATRICK QUINET, 50 ANS, PRODUCTEUR DE MON KET

‘CE FLUX DE PAROLE DÉSINHIBÉE TIENT DU GÉNIE. IL A ÇA EN COMMUN AVEC POELVOORDE’

Votre lien avec François?

«À l’époque d’OSS 117, son premier rôle au ciné — inoubliable, d’ailleurs —, on s’est retrouvés par hasard dans le Thalys. Au passage du contrôleur, François s’est aperçu qu’il avait oublié son billet. Il ne me connaissait pas, mais moi si car j’étais coproducteur du film. J’ai proposé de payer son voyage. Étonné, il m’a demandé qui j’étais. J’ai répondu que ce billet allait tomber sur la note d’OSS 117! On a fini le trajet à la Duvel…»

Une qualité de François?

«Il est généreux. Sur le plan artistique, il y a un vrai partage avec les gens qui l’entourent: il dit ses envies, ses angoisses, ses ambitions. Au resto, il est du genre à payer l’addition discrètement. Et il est d’une grande modestie, et même timide.»

Un défaut?

«Il est tellement ouvert aux opinions qu’il change parfois trop d’avis. Difficile à suivre. En tant que producteur et ami, je sais qu’il faut parfois juste lui laisser un peu de temps, sans pression, pour qu’il finisse par poser ses choix.»

Un truc typiquement lui?

«Il a une capacité impressionnante à se transformer en une seconde. Il est là sur le tournage, dans son état normal, on se demande comment il va pouvoir se remettre dans son personnage… La caméra s’allume et paf, il devient le François à l’impertinence incroyable, à l’imagination débordante, avec ce flux de parole désinhibée qui tient du génie. Il a ça en commun avec Poelvoorde. C’est hallucinant.»

KAATJE VAN DAMME, 54 ANS, MAQUILLEUSE DE DANY DANS MON KET

‘CERTAINS ACTEURS S’ENDORMENT LORS DES LONGS MAQUILLAGES. LUI RESTE ÉVEILLÉ, AVEC VOUS’

Votre lien avec François?

«Je l’ai rencontré sur un tournage il y a quatre ans, il parlait déjà de son projet de film. Un défi très excitant pour une maquilleuse car il fallait le rendre méconnaissable sans tomber dans le carnavalesque. Ça a été un long travail de création et aussi, chaque jour de tournage, de 2 h 30 à 3 h de maquillage à chaque fois!»

Une qualité de François?

«C’est un homme super respectueux. Il est tellement galant et gentil! Il arrive toujours à l’heure, souriant. Il blague tout le temps (et moi je me laisse avoir à chaque fois), même s’il est moins en forme. Il est capable de remonter le moral de toute une équipe. Sur des biopics que j’ai faits, comme Cloclo ou Dalida, certains acteurs s’endormaient lors des très longues séances de maquillage, et ça se comprend. Lui, il reste éveillé, avec vous, en alerte. Et sans bouger.»

Un défaut?

«Il n’a que des qualités.»

Un truc typiquement lui?

«Pour moi, le moment le plus stressant a été le début du tournage: les deux visages que j’avais créés allaient-ils être crédibles? Allait-on le reconnaître? (Je suis très fière car on a même piégé des chirurgiens esthétiques!) Le premier jour, je me suis trompée, j’ai mis le nez du look 1 avec le menton du look 2. On a perdu pas mal de temps. Mais François n’a rien dit, il a même ri. Et quand il est enfin sorti, il a juste dit aux autres: “On a eu un petit problème”, et c’est passé.»

BENOÎT MARIAGE, 56 ANS, CINÉASTE ET COSCÉNARISTE DE MON KET

‘SES BLAGUES NOUS ENLÈVENT CETTE SORTE DE COUVERTURE QU’ON PORTE EN SOCIÉTÉ’

Votre lien avec François?

«En 2006, mon producteur m’a dit qu’un gars qui faisait des caméras cachées pour RTL avait envie de me rencontrer. François est arrivé à notre rendez-vous avec deux DVD de François L’Embrouille. On s’est bien plus. Peu après, je lui ai proposé le rôle du cameraman un peu idiot (mais pas tant que ça) dans mon film Cowboy. Il s’en est suivi une tournée en France mémorable avec Benoît Poelvoorde et lui. On est devenus amis.»

Une qualité de François?

«Il aime vivre et travailler entouré des gens qu’il aime. Il est très clanique, très famille. Moi, je suis plus solitaire, mais je trouve ça agréable chez lui.»

Un défaut?

«Il n’arrête pas de se foutre de la tête de ses amis. Il m’a encore récemment piégé par téléphone en se faisant passer pour un journaliste de la DH super insistant. Comme je ne voulais pas répondre à tout, il a commencé à me menacer: «Je sais où vous habitez.» Je ne l’avais pas reconnu, c’est un champion du monde. Ses blagues nous enlèvent cette sorte de couverture qu’on porte en société. Il n’aime pas que ça somnole, il nous oblige à rester éveillés.»

Un truc typiquement lui?

«Lors de la tournée de Cowboy, on a séjourné dans le plus bel hôtel de Bordeaux. Il m’a fait livrer un faux cadeau du maire de la ville, Alain Juppé: un cubi de mauvais vin, même pas du Bordeaux, avec une carte de visite d’Alain Juppé. Il s’amuse à ça, monter des coups.»

Retrouvez notre rencontre exclusive avec François Damiens en intégralité dans le GAEL de juin, disponible en librairie!

À lire aussi: