Découverte à The Voice Belgique, la jeune Charles fait ses débuts sur la scène musicale avec son premier EP Falling While Rising. Elle nous raconte une image qui lui est chère. Par Isabelle Blandiaux.

L’instantané de Charles

Cette photo a été prise dans le backstage du shooting pour la sortie de mon EP (au printemps dernier, NDLR). Quand je fais des photos ou quand je tourne un clip, un make-up artist m’accompagne, mais avant mes concerts, c’est moi qui me maquille seule.
Je sais exactement ce qui me va et ce qui ne me va pas. Et, avec l’expérience, je sais aussi ce qui marche bien avec les lumières du show. J’ai commencé à m’intéresser au make-up vers 11-12 ans. Tous les jours, je m’entraînais à la maison à tracer un trait d’eyeliner. J’ai appris par moi-même et grâce à du contenu trouvé sur le Web.

J’ai commencé à me maquiller pour aller à l’école quand je suis rentrée en première secondaire au Sacré-Cœur de Nivelles. J’étais précoce, plus grande que tout le monde, je ne me sentais pas du tout à ma place. Cela m’a aidée à m’accepter et à avoir confiance en moi. C’était une façon pour moi de me faire apprécier, voire d’être admirée pour mes différences. Mon but ultime, en secondaires, c’était de ne pas rentrer dans les cases.

“Selon ce que je ressens dans la journée, je dessine une ligne noire très légère, minimaliste ou démesurée…”

À 15 ans, j’écoutais beaucoup de métal et je m’habillais déjà complètement en noir, avec de gros bonnets qui pendent et du make-up ultra-black. Je me suis mise à écrire des chansons à ce moment-là, mais si on relisait ça maintenant, ce serait une catastrophe… J’avais du mal à parler, alors la musique, c’était ma façon de m’extérioriser, de partager mes sentiments. Le maquillage a aussi été — et reste — un moyen d’expression et d’affirmation. Selon ce que je ressens dans la journée, je dessine une ligne noire très légère, minimaliste ou démesurée, « badass », extravagante, avec des faux cils et des paillettes. Ça m’aide à me sentir plus puissante.

Quand je fais mes retouches make-up en coulisses, ça me change les idées, me déstresse. C’est une sorte de mise en situation et en confiance avant de monter sur scène. On n’est jamais complètement en phase avec soi-même, ou en tout cas, il y a des moments où on l’est et d’autres où on ne l’est pas. Je n’ai que 20 ans, donc je suis toujours en train de travailler là-dessus.

J’ai beaucoup de potes qui me demandent de les maquiller. Et de plus en plus de gens m’envoient des commentaires par rapport à mon make-up et au fait que je les inspire. Ça me fait trop plaisir, même si ça reste bizarre pour moi de me dire que j’ai un impact sur les autres. Mais c’est hyper gratifiant et je suis hyper reconnaissante parce que c’est ça que je veux faire passer comme message : “Acceptez-vous et soyez comme vous êtes !”»

SON ACTU

  • La Belge Charlotte Foret, alias Charles, a emmené les titres rock de son très recommandable 1er EP, Falling While Rising (Universal), sur les scènes de quasi tous les festivals de notre pays l’été dernier, dont le Ronquières Festival, où elle a enregistré le clip de son hit Riddle. Elle sera en concert le 27/10 au Botanique en matinée (Bota Kids) et à la Rotonde le soir (sold out), ainsi que le 28/10 à l’Orangerie. Le 11/12, elle jouera au Reflektor, à Liège.

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