Entre gadgets à gogo et dîners de copains, Thomas Dutronc nous raconte en image(s) quelques souvenirs de son enfance parisienne. Par Isabelle Blandiaux. Photos: Yann Orhan & doc. privés.

L’instantané de Thomas Dutronc

Je dois avoir 4 ans sur ces photos. Elles ont été prises dans la maison où j’ai grandi à Paris ; elles m’évoquent cette période de l’enfance qu’on regarde avec nostalgie quand les années passent. À l’époque, je sifflais et je chantais à tue-tête toute la journée. Mon père me répondait en sifflant à l’étage du dessus. Il y avait beaucoup d’animation, de rigolades, de copains de mon père, de dîners chez nous. C’était très vivant.

Tous les murs étaient peints en noir, à part ma chambre qui était blanche. Là, on est dans la pièce de cinéma, où un projecteur était installé avec des bobines de 35 mm. Mon père était amateur de gadgets et de nouvelles technologies. Il a été l’un des premiers à posséder un magnétoscope. Il enregistrait Des chiffres et des lettres et puis il repassait l’émission à ses copains comme si elle se déroulait en direct et il faisait mine de trouver les mots à 8 lettres. Tout le monde était épaté (rires) ! On regardait beaucoup de films en version originale ensemble. Comme j’ai su lire très tôt, vers 4-5 ans, cela ne me dérangeait pas. Tous les Laurel et Hardy, les Marx Brothers, Les Trois Mousquetaires avec Gene Kelly, les Hitchcock un peu plus tard, les Frank Capra, les films avec James Stewart, dont je suis devenu fan… Par la suite, j’y ai reçu plein de copains pour des séances de cinéma. À 14 ans, je faisais mes premiers petits films avec un caméscope VHS et je les montais dans cette pièce.

“Mon père a toujours aimé jouer, il m’a transmis ce goût.”

C’est là aussi que ma mère (Françoise Hardy, NDLR) me faisait écouter des disques. Elle m’a fait découvrir Eddy Mitchell, Alain Souchon, Starmania, Émilie jolie… Il y avait une double culture musicale chez nous : un mix de country-rock-jazz via mon père et de la variété française des années 60 via ma mère. À l’adolescence, je suis naturellement allé vers des groupes anglo-saxons comme les Stones, Pink Floyd, Jimi Hendrix… Il y avait également dans cette salle un baby-foot, un train électrique, deux flippers. Mon père a toujours aimé jouer, il m’a transmis ce goût. J’ai pas mal joué au flipper puis aux jeux vidéo. Grace à une fan, j’ai pu récupérer le flipper des années 60 avec le cow-boy qu’on voit sur la photo. Je l’ai racheté sur eBay. Ma mère l’avait donné quand on avait déménagé. Elle a jeté énormément de choses, comme sa mythique robe en métal de Paco Rabanne ! »

SON ACTU

Thomas Dutronc vient de sortir la réédition de son album Frenchy (Universal) — des standards de la chanson française en version jazz —, augmentée d’un live et de six duos avec des artistes français, parmi lesquels son père, dont ils reprennent la chanson Le petit jardin. « Mon père a beaucoup donné son avis pour cette collaboration, il a fait des efforts. Un vrai bonheur. Ce qui me rend triste, c’est que j’aurais bien voulu chanter avec ma mère aussi. Mais pour l’instant, elle est trop fatiguée. »

WWW.THOMASDUTRONC.FR.

LISEZ AUSSI: