Pour vous aider à #conso-mieux, GAEL dresse chaque mois le portrait d’entrepreneurs belges qui se bougent et innovent dans le respect des hommes et de la nature. Ce mois-ci : la pétillante créatrice de la marque de tricots Leselles.

Leselles, UNE MAILLE DE LUXE ET DE RÉCUP !

Les yeux de la créatrice et entrepreneuse Liesbet Allaer (49 ans) pétillent en permanence. La passion, sans doute. Et l’imagination dont elle fait preuve pour créer de jolis pulls, bonnets et écharpes. Distribuées sous le label Leselles, ses créations colorées sont réalisées à la main avec des surplus de laine mohair. Un bon moyen d’éviter le gaspillage sans renoncer à la qualité et au style.

Comment est né votre label ?

« Une de mes amies était à la tête d’une usine de tricot qui fabriquait des produits en maille pour des marques comme Armani, Maje, Copine ou Ba&sh. En lui rendant visite, je suis tombée sur des boîtes pleines de fils de mohair, des excédents qui n’avaient pas été utilisés. Sans savoir ce que j’en ferais exactement, j’ai décidé de les lui acheter. Finalement, comme je suis frileuse et que je trouve ces accessoires parfaits pour pimenter un look, ils sont devenus des écharpes. Puis je me suis mise à faire des croquis plus précis. Ma copine et moi avons passé deux jours à tester les différents modèles avant d’en arriver au Jille, la première écharpe de la ligne. Jille, c’est le prénom de ma fille aînée. Plus tard s’est ajoutée Hélène (ma deuxième fille), une écharpe plus classique. Ces deux modèles figurent dans la collection permanente. Je les ai d’abord vendus dans mon pop-up. C’est l’influenceuse belge Tiany Kiriloff qui, après les avoir vus là-bas, m’a convaincue de créer ma marque. J’ai donc imaginé une étiquette. Petit à petit, j’ai eu de plus en plus de demandes, de clientes privées mais aussi de propriétaires de boutiques. Si je voulais continuer, je devais trouver davantage de surplus de laine… J’ai d’abord tenté ma chance au Portugal. Certains ateliers trouvaient ma démarche suspecte au début, mais au final, je collabore avec plusieurs usines en Europe. »

 

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Expliquez-nous le nom du label.

« Leselles, ça représente les femmes, celles qui fabriquent nos produits comme celles qui les achètent. Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul homme dans mon équipe. La marque de fabrique du label, c’est le petit élément féminin que j’essaie d’intégrer dans chaque création. L’autre point commun de tous nos produits, c’est la couleur. Je propose des écharpes en 107 teintes : des couleurs neutres, des pastels et des nuances très vives. J’aime croire que je vends de petits morceaux de bonheur. »

“Une pièce comme celle-là, c’est pour la vie. On est loin de la culture du jetable”

En quoi votre label peut-il être qualifié de durable ?

« J’utilise des restes de laine. Qu’il s’agisse de nourriture ou de mode, je ne supporte pas le gaspillage. On ne peut plus s’imaginer détruire des surplus textiles alors qu’on peut tout à fait leur donner une deuxième vie. Je fais également en sorte de n’utiliser que du papier de récupération pour mes étiquettes. Et je n’emballe aucun de mes produits dans du plastique. Le caractère durable d’un pull ou d’une écharpe est aussi lié à sa durée d’utilisation. Il est fréquent qu’on se sépare d’une pièce à peine portée parce qu’elle semble usée ou qu’elle bouloche. C’est l’avantage du mohair : vous pouvez le porter des années sans qu’il s’abîme. Une pièce comme celle-là, c’est pour la vie. On est loin de la culture du jetable. »

Quel est le plus grand défi auquel doit faire face un business durable ?

« Ce qui me choque, ce sont les clients qui commandent de manière compulsive sur des sites de fast fashion, puis qui renvoient sans se soucier de l’impact environnemental. Une commande sur trois en provenance des Pays- Bas nous revient. Parfois, les produits sont renvoyés sans étiquette, ou même semblent avoir été portés. Il n’est pas rare que la laine sente le parfum ou qu’un client commande le modèle dans huit couleurs pour n’en garder finalement qu’une. Certaines de nos boutiques passent une commande chaque semaine. Ça signifie plus de camions sur les routes et donc plus de pollution. Nous aimerions pouvoir mieux informer nos clients, mais c’est difficile. J’aimerais les convaincre de faire plus attention à leur manière de consommer, mais sans avoir l’air de les juger. Le problème, c’est que les acteurs de la fast fashion ont instauré de nouvelles habitudes d’achat. Changer les mentalités, c’est ce qu’il y a de plus difficile. »

  • Les pièces du label sont disponibles sur l’e-shop ou dans certains points de vente. Liste complète sur leselles.be.

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