Nombreux sont les couples qui partent avec une valise remplie d’envies romantiques et rentrent chez eux avec plus de désillusions que de photos-souvenirs. PAR GOELE TIELENS, AVEC LA COLLABORATION DE MARIE AUBIN.

Iris (56 ans) est allée en Indonésie avec Pierre, son mari. Là-bas, il n’a pas jugé nécessaire de l’informer du décès de son père.

A l’autre bout du monde, la disparition de son père lui a enfin ouvert les yeux

Les enfants étant devenus grands, Pierre et moi avions décidé de faire un grand voyage sans eux. Je me réjouissais et j’espérais que ce voyage donnerait un nouveau souffle à notre relation. Il y a 32 ans, quand j’ai rencontré Pierre lors d’un voyage en Russie, je l’ai d’emblée trouvé charmant. Le groupe l’aimait bien, il était drôle, et après le voyage, nous avons gardé un chouette contact.

Nous nous sommes mis ensemble et, comme nous habitions loin l’un de l’autre, nous avons décidé assez vite de nous marier. Je m’attendais à ce que notre voyage de noces soit très romantique, mais pas vraiment : Pierre ne se montrait pas très aimant et il y avait peu d’intimité entre nous. Mais je ne suis pas du genre à abandonner facilement et je croyais à notre amour. Nous avons finalement eu quatre enfants. J’ai vécu pour eux et pendant tout ce temps, j’ai refusé de voir l’état de notre couple. Il m’arrivait de douter, d’avoir envie de partir, parce que Pierre me tirait vers le bas et m’humiliait parfois. Mais il avait aussi ses bons côtés.

« Mais une fois dans la chambre, il redevenait glacial. Même quand j’ai reçu un appel téléphonique urgent : l’état de mon père (…) s’était dégradé d’un coup et il était en soins palliatifs. »

Nous avons choisi un voyage de groupe en Indonésie. Pendant tout le voyage, la distance entre nous a été énorme. Nous ne nous disputions pas et quand nous étions avec le groupe, Pierre était à nouveau drôle et charmant. Mais une fois dans la chambre, il redevenait glacial. Même quand j’ai reçu un appel téléphonique urgent : l’état de mon père, qui luttait contre un cancer depuis des années, s’était dégradé d’un coup et il était en soins palliatifs. Pierre s’entendait bien avec mon père, pourtant il n’a pas montré la moindre compassion.

Avec l’accompagnatrice du voyage, j’ai cherché un moyen de rentrer immédiatement en Belgique, mais nous étions au milieu de nulle part et ce n’était pas jouable. Il ne me restait plus qu’à espérer rentrer à temps pour faire mes adieux à mon papa. Le groupe me soutenait, même le chauffeur m’a prise dans ses bras pour me consoler. Moi, c’est le soutien de Pierre que je voulais. Mais la nuit, quand je voulais me blottir contre lui, il me repoussait.

« Il avait vu le message et n’avait même pas jugé bon de me réveiller. Dès cet instant, quelque chose s’est brisé en moi. »

Le lendemain matin, j’ai lu l’horrible message : mon père était décédé, je ne le reverrais plus. Quand je me suis rendue à la salle du petit-déjeuner pour annoncer la nouvelle à Pierre, qui s’était levé plus tôt, il m’a dit qu’il était déjà au courant. Il avait vu le message et n’avait même pas jugé bon de me réveiller. Dès cet instant, quelque chose s’est brisé en moi. J’avais du chagrin et mon mari y réagissait avec froideur. De retour à la maison, j’ai laissé mes soucis de couple de côté et j’ai organisé les funérailles. Pierre et moi vivions encore sous le même toit, mais pas ensemble. Quelques mois plus tard, nous avons entamé la procédure de divorce. Nous avons été mariés 31 ans au total, mais ce voyage de groupe m’a fait prendre conscience de la solitude dans laquelle je vivais. Et de combien Pierre était narcissique. Je suis célibataire depuis cinq ans. Je suis ouverte à une nouvelle rencontre, mais uniquement avec un homme qui me donnera l’amour dont j’ai été privée pendant toutes ces années. »

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