On commence l’année avec le moral tout en haut grâce à la sélection de livres qui donnent la pêche de Paloma de Boismorel.

VOIR LA LUMIÈRE

Le pitch. Après la publication précoce de romans d’une élégance désabusée et d’un ouvrage sur la masturbation qui choque sa famille d’aristos cathos, Thibault de Montaigu s’exile à Buenos Aires avec femme et enfants. Au lieu du dépaysement espéré, l’auteur parisien sombre dans une dépression sans fond et se raccroche de justesse à un projet de livre sur Xavier Dupont de Ligonnès. C’est dans un monastère du Sud de la France, où il soupçonne le meurtrier de s’être réfugié, que l’écrivain fêtard et nihiliste est soudain « touché par la grâce ». Bouleversé, il tente de se rapprocher d’un oncle franciscain. Mais celui-ci meurt en laissant sans réponses les questions de son neveu. Notamment celle sur cette brusque vocation religieuse à 37 ans après une vie de débauche.

Pourquoi ça nous réjouit : ce récit d’une rédemption impossible est une sorte de miroir à celui qu’a fait Emmanuel Carrère de sa dépression dans Yoga. Un livre vertigineux, brillant et sincère.

  • LA GRÂCE, THIBAULT DE MONTAIGU, 320 P., ÉD. PLON.

SURPRISE-PARTIE

Le pitch. Sarah Hopkins est professeure de chant à l’école bilingue de Zion Heights, une petite ville tranquille, mais pas sans histoires, de la côte est américaine. La jeune femme organise chaque année des comédies musicales hallucinantes, conduit nerveusement un van aux rideaux fleuris et vit une histoire d’amour bancale et silencieuse avec le père d’une de ses élèves. Même si la vie de Sarah est remplie de poésie et de personnages amusants, elle n’est pas à l’abri d’un drame immense et déchirant.

Pourquoi ça nous réjouit : grâce à son écriture piquante, Émilie de Turckheim réussit à convoquer l’imaginaire de la banlieue résidentielle issue des séries US pour ciseler un roman surprenant, drôle et émouvant. Une lecture
idéale pour éclairer le ciel gris d’un dimanche après-midi.

  • LUNCH-BOX, ÉMILIE DE TURCKHEIM, 256 P., ÉD. GALLIMARD.

100 % DÉCALÉ

Le pitch. Imaginez un magazine féminin qui propose une recette de crumble aux croutons, des pages mode « Manifestez lookée », un dossier sur les montres déconnectées, des conseils pour méditer dans son coffre de voiture en cas d’embouteillage, un guide de survie inspiré du monde animal pour affronter la jungle du travail (la stratégie « autruche » est notre préférée) ou encore une interview de rappeurs seniors défoncés à la liqueur de prune, le tout émaillé de publicités déjantées pour des marques aux noms vaguement familiers (Netflic, YvesSaintGermain, Loubouquin ou Ralph Lorraine). Natoo, l’humoriste et youtubeuse aux 5 millions d’abonnés, revient en fanfare avec le deuxième numéro de sa revue parodique Icônne.

Pourquoi ça nous réjouit : rien de tel que de rire un peu (beaucoup) pour dédramatiser l’époque dans laquelle nous vivons, surtout que chez GAEL, nous n’avons pas peur de l’autodérision.

  • ICÔNNE (TOME 2), NATOO (NATHALIE), 128 P., ÉD. MICHEL LAFON.

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