En vacances? Chez vous, au soleil ou à la montagne? Voici 6 lectures, sélectionnées par notre journaliste, parfaites pour vos moments de détente.

CHOC DES CULTURES

Pour payer son loyer d’étudiante, Margot Vanderstraeten répond, dans les années 90, à une petite annonce pour des cours de soutien scolaire. Dès son entretien dans une luxueuse maison bourgeoise d’Anvers, la jeune fille réalise que les enfants dont elle va s’occuper ne font rien comme les autres. Issus d’une famille juive orthodoxe, ils doivent respecter d’innombrables règles pour se nourrir, s’habiller et se comporter en société.

Pourquoi il faut le lire ? On partage à chaque page la curiosité de la narratrice, aujourd’hui journaliste, pour les mœurs et la culture de cette communauté très fermée qui provoque en elle parfois de l’incompréhension mais aussi de l’admiration, de l’amusement et pour finir une véritable sympathie. Un récit sans langue de bois sur le défi que représentent les identités dans un monde qui se veut pourtant tolérant.

  • MAZEL TOV!, MARGOT VANDERSTRAETEN, 329 P., ÉD. PRESSES DE LA CITÉ

POLAR BRUXELLOIS

Le 3 février 2014, deux meurtres sont commis à Bruxelles. L’une des victimes est un SDF d’origine polonaise retrouvé près d’un parking vers la place Rogier, l’autre un célibataire homosexuel tué dans son appartement à Uccle. Ils n’ont rien en commun, mais la journaliste Anne-Cécile Huwart a réussi à suivre pendant cinq ans l’enquête autour de leur mort au sein de la Crim bruxelloise.

Pourquoi il faut le lire ? Le quotidien de la police belge n’a peut-être pas grand-chose à voir avec les séries US, mais il est tout aussi passionnant et aiguillé par la même excitation à découvrir la vérité derrière les faits. Aussi bien technique que psychologique ou administratif, le travail d’équipe y prime avant tout sur l’ego. Un polar 100 % réel qui nous ouvre hélas les yeux sur le manque de moyens et de reconnaissance de notre système judiciaire.

  • MOURIR LA NUIT, ANNE-CÉCILE HUWART, 250 P., ÉD. ONLIT

DIABOLIQUE

Quand Aimé Grandin apprend la mort de son oncle, le jeune vaurien est désemparé. Dandy et faussaire de génie, son père de substitution ne laisse que quelques toiles et un tas de dettes. Mais les étranges feuillets qu’il lui a transmis et les personnages inquiétants qui s’intéressent à sa mémoire semblent indiquer que l’histoire n’est pas finie. Paris, 1917, les cafés de Montmartre sont remplis d’artistes et la guerre gronde dans les tranchées. De son côté, Aimé se bat contre les pouvoirs maléfiques d’un curieux tableau. Mages noirs, démons et espions à ses trousses, le héros a eu la bonne idée de tomber amoureux.

Pourquoi il faut le lire ? Ce premier roman qui mêle personnages historiques, langue classique, rebondissements et intrigue fantastique possède le souffle romanesque des grands feuilletons du 19e siècle.

  • QUAND ON PARLE DU DIABLE, JOSEPH DENIZE, 544 P., ÉD. JULLIARD

MARIAGE DÉRANGÉ

Si tous les mariages sont uniques, celui de Clementine Blumenthal l’est plus que la moyenne : sa mère attend en secret un bébé, son frère fait des graffitis nazis, la maison familiale prend l’eau, sa grand-tante est en train de perdre la tête. Il reste cinq jours pour tout préparer, mais la mariée n’a pas vraiment l’air de s’en soucier.

Pourquoi il faut le lire ? Les meilleures fêtes ne sont pas celles que l’on organise ni celles auxquelles on est convié, mais celles qui se déroulent dans les romans. Pas de cuisine à faire, pas de sujet de conversation à trouver, on reste tranquillement installée dans son canapé et on écoute tout ce qui se dit entre les invités. C’est l’effet que produit en tout cas le dernier livre de l’auteure américaine Leah Hager Cohen, qui possède tous les bons côtés d’une comédie familiale, le style et l’intelligence en plus.

  • DES GENS COMME NOUS, LEAH HAGER COHEN, 320 P., ÉD. ACTES SUD

GENTILLE

Laurence Graissac est une petite fille naïve et pleine d’amour. En dépit des abus de son père et des humiliations de son frère, Lolotte fait aveuglément confiance à ses proches tout en compensant l’affection qui lui manque avec du chocolat et de la brioche. Esseulée, moquée, l’ado en surpoids s’accroche à une vocation sportive inespérée et remporte la médaille d’or du lancer de marteau aux JO. Sauvée ? L’enfer ne fait que commencer.

Pourquoi il faut le lire ? Pour l’écriture envoûtante mais hyperréaliste de Sophie Loubière, qui traite aussi bien des traumatismes de l’enfance que des ondes électromagnétiques ou de l’addiction au jeu. Elle signe ici un puissant thriller psychologique dont l’héroïne n’est peut-être pas la victime que l’on croit. Et vice-versa.

  • CINQ CARTES BRÛLÉES, SOPHIE LOUBIÈRE, 345 P., ÉD. FLEUVE

HÉROS MALGRÉ LUI

En attendant le rôle de sa vie, Alain, comédien sans succès, mange des conserves, dresse une liste de noms de poneys et va visiter tous les dimanches sa grand-mère aux Magnolias où il tente de la distraire du néant, jusqu’au jour où celle-ci lui demande de l’aider à mourir.

Pourquoi il faut le lire ? Si tout ceci pourrait paraître furieusement déprimant, le jeune romancier réussit à rendre les aventures de son anti-héros aussi hilarantes que touchantes grâce à un sens aigu du rythme et de la formule. Un texte parfois cru, parfois lyrique, qui aborde sans jamais tomber dans le cliché des sujets aussi terrifiants que la vieillesse, la malbouffe, la prostitution, l’ennui, les aires d’autoroute et les jeux télévisés. Difficile de résister à cette drôle de poésie de la loose et de la débrouille.

  • LES MAGNOLIAS, FLORENT OISEAU, 220 P., ÉD. ALLARY

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