Oubliez la bière pour l’apéro 100 % local. Nos vins sont en train de se tailler une solide réputation : ainsi, une cuvée wallonne vient de remporter le titre de meilleur vin mousseux du monde 2019, devançant les champagnes les plus réputés. Excusez du peu.

Argentine, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud : on se délecte des vins du monde entier, alors que nous vivons au beau milieu… d’une région viticole. Cela vous étonne ? Notre Plat Pays ne s’illustre pas uniquement grâce à ses breuvages houblonnés, l’industrie vinicole belge est aussi en plein essor. Les températures actuelles sont idéales pour produire des vins blancs légers et des mousseux. La spécialité de nos vignerons ? Le chardonnay et le pinot noir, comme en Champagne et en Bourgogne.

FROZÉ AVANT L’HEURE

La Belgique se situe entre deux grands pays vinicoles : la France et l’Allemagne. Autrefois, notre pays avait une industrie viticole florissante. « Au 15e siècle, nos régions ont connu une miniglaciation. Ces 30 années plus fraîches ont suffi à provoquer le déclin de la vigne belge. La Révolution française en a rajouté une couche et les Allemands ont terminé
le travail. En 1918, cette culture avait complètement disparu du pays », explique Éric Boschman, le célèbre sommelier belge. Ce n’est que vers 1960 que les vignes ont refait leur come-back en Belgique.

 

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L’intérêt pour le raisin a continué de croître et de plus en plus de vignobles ont vu le jour, surtout en Wallonie. « Si c’est en Flandre qu’on a commencé à produire du vin de façon contemporaine, c’est en Wallonie que cette culture s’est le plus développée, notamment grâce à ses grands espaces. C’est d’ailleurs en région wallonne qu’est apparu le premier exemple concret d’œnotourisme belge, au Château de Bioul », poursuit-il.

Amazing !’, c’est le cri du cœur de Barack Obama après avoir dégusté un verre de bulles en provenance du domaine de Meerdael.

BULLES DE COMPÉT’

La viticulture belge se professionnalise petit à petit, mais elle a déjà obtenu de très bons résultats aux concours internationaux. Une cuvée wallonne du domaine Chant D’Éole a remporté, par exemple, le titre de meilleur vin mousseux du monde 2019. Autre domaine belge primé lors de cette compétition, le vignoble des Agaises et son prestigieux Rufus. Malheureusement, même si nos vins se distinguent par leur qualité, il faut reconnaître qu’ils ne représentent qu’une très faible part du marché mondial. Nous comptons seulement 450 à 500 hectares de terres viticoles, alors qu’en France la viticulture s’étend sur plus de 800 000 hectares.

 

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VICTIME DE LA MODE

Envie de vous délecter d’un grand cru de nos contrées? Malheureusement, les stocks sont si limités, que le vin belge est devenu une denrée rare! Contre toute attente, certains vignobles locaux ont réussi à construire des communautés qui n’ont rien à envier aux clubs de foot. De véritables aficionados qui réservent leurs précieuses bouteilles des mois, voire des années, à l’avance. « Il y a un réel engouement pour les vins belges, c’est un phénomène unique au monde. Certains vignobles, comme les Vins de Liège, ont même pu se développer grâce au crowdfunding. Chaque domaine draine sa population. Si bien que les viticulteurs ne parviennent même pas à mettre de côté quelques bouteilles à déguster lors des foires vinicoles. C’est un peu le côté revanchard et fier du Belge. On refuse de se dire chauvin, mais on est très fier de nos produits et on veut en mettre plein la vue à nos voisins français. »

Retrouvez cet article en intégralité dans le GAEL d’octobre, disponible en librairie!

GAEL octobre

Pour les addicts du vin: