La sélection de Noël de notre journaliste littérature Paloma de Boismorel: des livres à commander, à lire et à s’offrir sans restriction.

POÈTE EXCENTRIQUE

Quel point commun entre l’opium, la boxe, le personnage d’Orphée, un crayon, la poésie
et l’acteur Jean Marais ? Jean Cocteau, bien sûr. Génie touche-à-tout, l’artiste français a laissé des œuvres aussi bien dans la littérature que dans le cinéma, le théâtre et les arts plastiques. Rayonnement de l’imagination ou éparpillement mondain ? Dans ce biopic en images, les auteurs ont choisi de mettre en scène un procès imaginaire dans lequel le poète se défend des accusations de superficialité et plaide la cause de la légèreté et de l’inspiration à travers des aperçus de sa vie et de ses créations. L’occasion d’une immersion en noir et blanc dans l’intimité d’un homme libre à l’avant-garde de son temps.

Pour qui ? Notre meilleur ami, qui a appris à jouer du saxophone, dessiné des licornes et redécoré trois fois son salon pendant le confinement.

  • COCTEAU, L’ENFANT TERRIBLE, LAURELINE MATTIUSSI ET FRANÇOIS RIVIÈRE, 265 P., ÉD. CASTERMAN.

DANS LES NUAGES

Le 24 juin 2021, un Boeing 787 d’Air France apparaît sur les radars aériens après avoir traversé des turbulences d’une grande violence. À sa grande surprise, le commandant de bord est prié de changer sa trajectoire pour un atterrissage d’urgence escorté par des avions de chasse. Pendant ce temps-là, les chefs de l’armée et du renseignement américains ont réuni secrètement une assemblée de scientifiques et de représentants religieux pour discuter de la situation. Les passagers qui descendent de la carlingue abîmée sont retenus dans un bâtiment et soumis à de multiples questions. Mais pourquoi les empêche-t-on de rejoindre leurs proches ou même de communiquer avec eux ? Le problème, c’est que l’avion du vol Paris-New York dont ils viennent de sortir a déjà atterri quelques mois auparavant. Impossible de résister au rythme et au suspense de ce thriller métaphysique et atypique qui était sur toutes les listes de prix littéraires de l’automne.

Pour qui ? Notre amoureux, qui sera ravi de pouvoir concilier ses exigences littéraires et son goût régressif pour les films catastrophes à la sauce américaine.

  • L’ANOMALIE, HERVÉ LE TELLIER, 333 P., ÉD. GALLIMARD.

VOYAGES VOYAGES

Les pays lointains n’ont jamais semblé aussi lointains que durant 2020. Pour se consoler d’un quotidien sans sommets enneigés ni horizons infinis, rien de tel que de feuilleter le carnet de voyages d’un bourlingueur. Jacques de Loustal, dit Loustal, travaille comme illustrateur depuis une quarantaine d’années pour de grands magazines (The New-Yorker, Géo, Beaux- Arts). Il collabore également avec des écrivains (notamment Jean-Luc Coatalem et Tonino Benacquista) pour la réalisation de romans graphiques. Malgré, et surtout grâce à, ces collaborations variées, Loustal a voyagé, beaucoup voyagé.
Dans son dernier carnet, le dessinateur a rassemblé esquisses au fusain, peintures
à l’huile et aquarelles (certaines exposées à Bruxelles, chez Huberty & Breyne) issues d’expéditions aussi bien réelles qu’imaginaires. Dépaysement garanti.

Pour qui ? Notre collègue, qui ne tient plus en place depuis qu’elle a dû reporter deux fois son trek en Amazonie.

  • AUX ANTIPODES, LOUSTAL, 192 P., ÉD. LA TABLE RONDE.

À CARACTÈRE EXPLOSIF

Souriant, concentré et énergique à l’antenne, Adrien Devyver est atteint de trouble de l’attention avec hyperactivité. S’il ne connaît le nom de cette bizarrerie cérébrale que depuis quelques années, l’animateur radio a dû apprendre à vivre avec ses symptômes dès sa petite enfance. Gamin turbulent, il représente une source de fatigue énorme pour son entourage et vit les longues heures d’école comme autant de séances de torture. Adolescent susceptible et impulsif, il n’est jamais à l’abri de provoquer des catastrophes. Marié et père d’un petit garçon, le journaliste de la RTBF continue de perdre ses clés, mais il a réussi à transformer certaines de ses faiblesses en atouts dans sa vie professionnelle et privée. La formule magique ? De la détermination, de la bienveillance envers soi-même et une bonne dose d’autodérision, comme l’illustre son témoignage vif et sincère.

Pour qui ? Pas besoin de vous faire un dessin…

  • ON M’APPELLE LA TORNADE, ADRIEN DEVYVER, 190 P., ÉD. KENNES.

TABLEAUX FANTÔMES

Ce qu’on aime avec les romans policiers, c’est ce frisson qui accompagne la découverte de la vérité. Mais quand l’enquête s’intéresse à des faits réels et que l’enquêtrice raconte l’histoire de sa famille, on ne frissonne plus, on palpite. Intriguée par les déclarations d’un cousin croisé par hasard, Pauline Baer s’interroge sur la vie de son arrière-grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale. Comment ce Parisien né juif allemand a-t-il survécu avec sa femme pendant l’Occupation ? Que sont réellement devenus les chefs-d’œuvre qui composaient sa fantastique collection ? Un récit passionnant qui nous fait visiter le Louvre, aborder Patrick Modiano dans la rue, ouvrir les archives de la Gestapo et entrer dans la mémoire cachée de l’histoire de l’art.

Pour qui ? Notre mère, qui aime ouvrir les tiroirs et poser des questions bizarres en prétextant (avec raison) qu’on lui cache tout.

  • LA COLLECTION DISPARUE, PAULINE BAER DE PERIGNON, 303 P., ÉD. STOCK.

MISSION IMPOSSIBLE

Alors que tout le monde s’agite et se lamente à l’idée de se trouver confiné, Lucas reste paisible sur sa bouche d’égout. Pour ce SDF de 35 ans qui a dû quitter son métier de prof suite à un scandale, la pandémie ne va pas changer grand-chose à son quotidien au grand air. Mais c’est compter sans l’étrange accident et le kidnapping dont il est l’objet. Enlevé par son amour de jeunesse à la veille du confinement, l’homme se retrouve dans la propriété de son enfance, aujourd’hui à l’abandon, avec une mission écrasante à accomplir : sauver l’humanité. De surprises en révélations, ce conte mi-fantastique, mi-philosophique déjoue avec malice les faits de notre difficile actualité.

Pour qui ? Notre beau-frère, qui ne peut pas s’empêcher de commenter et de suivre heure par heure les statistiques des hôpitaux et les nouvelles mesures sanitaires.

  • L’INCONNUE DU 17 MARS, DIDIER VAN CAUWELAERT, 176 P., ÉD. ALBIN MICHEL.

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