Fan de littérature? Notre journaliste Paloma de Boismorel vous dresse son top 3 du mois; et il y en aura pour tous les goûts!

Fenêtre sur cour

Anna passe ses journées à zoomer avec son appareil photo sur les fenêtres de ses voisins. Échafaudant des hypothèses à partir de ses observations et de ses recherches sur Google, cette ancienne pédopsychiatre se passionne pour l’existence des autres. Il faut dire que la sienne se résume à des jeux en ligne, à des coups de fil à son mari et à sa fille, à des films vintage, à beaucoup de Merlot et à une agoraphobie qui l’empêche de sortir. On pourrait lui envier sa tranquillité dans sa jolie maison de Harlem si Anna n’était pas témoin un soir d’une scène de meurtre. Pourtant, la famille de la victime et la police sont formelles: la femme qu’elle a vue mourir est toujours en vie.

Hallucinations ou machination? Anna ne peut compter que sur sa raison défaillante pour rétablir la vérité. On aime l’ambiance hitchcockienne de ce thriller dont l’adaptation au cinéma est déjà programmée.

Où et quand le lire? Dans le hall d’entrée de l’immeuble en attendant que le serrurier vienne ouvrir votre porte dont vous avez oublié la clé.

  • LA FEMME À LA FENÊTRE, A. J. FINN, 528 P., ÉD. PRESSES DE LA CITÉ.

Happy family

Graham n’a aucune certitude sur le quotidien qu’il partage avec sa deuxième femme Audra et leur fils Matthew. Elle est aussi extravertie et excentrique qu’il est taciturne et renfermé. Le genre de femme qui connaît la date de naissance de tous les gens qu’elle croise et le nom des neveux de la caissière du supermarché. De bonne volonté, Graham lutte contre lui-même et tente tant bien que mal de suivre les conversations de son épouse et de l’accompagner avec enthousiasme dans ses initiatives. Leur terrain d’entente? Assurer l’épanouissement de leur petit garçon de 10 ans qui souffre du syndrome d’Asperger. Convaincus qu’une saine activité lui permettra de canaliser son énergie et ses obsessions, ils l’ont inscrit dans un étrange club d’origami et semblent prêts à tout pour satisfaire la nouvelle passion de leur fils. Oui, mais jusqu’où? Avec un humour efficace mais subtil, Katherine Heiny nous fait partager les doutes d’un homme sur ses engagements conjugaux et familiaux.

Où et quand le lire? Un dimanche ensoleillé au milieu d’un parc rempli de familles en ébullition.

  • LES FAUX-PLIS DE L’AMOUR, KATHERINE HEINY, 320 P., ÉD. JC LATTÈS.

Poupée russe

Valia est tombé amoureux dans le métro d’une inconnue au regard froid et aux traits émaciés. Qui est cette jeune fille? Où vit-elle? Que pense-t-elle? Pour l’étudiant en lettres fraîchement arrivé à Moscou, ces questions deviennent vite vitales. Abandonnant son indolence naturelle, ses amis et ses cours, Valia ne respire plus que pour ses rencontres furtives la nuit avec cette mystérieuse Anna dont l’unique obsession est la mémoire de la Russie soviétique et la condamnation de la société capitaliste. Lui est persuadé que cette sévérité cache une autre Anna, elle est convaincue qu’elle doit se vouer corps et âme à la préparation d’une révolution. Leur amour empoisonné et chaotique dessine le paysage contrasté d’une jeunesse russe déchirée entre hyperindividualisme consumériste et nostalgie politique.

Où et quand le lire? Entre les deux tours des élections présidentielle russes qui ont lieu cette année le 18 mars et le 8 avril. Attention, Vladimir Poutine est donné favori dès le premier tour!

  • CAMARADE ANNA, IRINA BOGATYREVA, 274 P., ÉD. ALBIN MICHEL.

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