Les étudiants de fin d’humanités s’entendent souvent poser la même question : « Que vas-tu étudier l’année prochaine ? » Que ceux qui n’ont pas encore été foudroyés par l’intuition ultime se rassurent : on peut très bien décrocher un diplôme, s’en satisfaire un temps et trouver sa véritable voie plus tard. Comme Lina, qui a quitté le monde des médias, pour apprendre à dompter le levain et se lancer dans la boulangerie!

Le témoignage de Lina (32 ans)

« J’ai toujours adoré cuisiner. Depuis très jeune, rien ne me plaît plus que d’inviter des amis pour de petits dîners. Ado, je me voyais à la tête de mon propre business dans la food avant 30 ans. Après  ma rhéto, j’ai quand même choisi l’option sécurisante de m’inscrire en philo à l’université. À la fin de mon master, j’ai réalisé un travail sur l’éthique dans les médias. Je me suis tellement passionnée pour le sujet que j’ai décidé de prolonger mes recherches pendant un an. Après un stage dans une chaîne de télé, on m’a offert un poste à la rédaction du journal et d’une émission d’actualité. C’était une chance unique, je l’ai saisie à deux mains. Une belle expérience, j’ai énormément appris. J’y appréciais à la fois le contact humain et la possibilité de développer mes connaissances en politique, en économie et dans le domaine socioculturel.

Il n’empêche, après un an, j’ai senti que ma créativité ne pouvait pas vraiment se déployer. Il faut savoir qu’une telle rédaction est très hiérarchisée, je devais tenir compte de différents chefs et sous-chefs. C’est finalement mon envie d’un plus grand espace de liberté et de créativité qui m’a motivée à partir. J’ai trouvé cet espace dans la boulangerie.

« Ici, pas de train-train. Boulanger, c’est chaque fois partir de zéro et créer quelque chose de nouveau »

Déjà à l’époque de mon travail à la télé, j’avais commencé à préparer des pains au levain pendant mon temps libre. Je me suis plongée plus à fond dans le processus du levain et je me suis passionnée pour la préparation de pains artisanaux que je livrais à des amis et à des connaissances. Quand un traiteur du quartier m’a demandé si je voulais bien aller faire du pain chez lui, j’ai commencé à réfléchir à différentes formules avec mon mari. À ce moment-là, il était aussi en train d’hésiter à changer de carrière. On s’est décidés à faire le grand saut et à ouvrir notre propre boulangerie. Le cœur battant, on a investi nos économies dans du matériel et un four, et on a installé un container à côté de l’atelier : cela nous servirait de boulangerie. Ainsi, on s’est mis à fournir du pain au traiteur du coin mais aussi à nos propres clients. J’ai transmis tout mon savoir à Bob. On s’y est mis à fond.

 

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Deux ans et demi ont passé et pas une seule fois je ne me suis rendue à l’atelier à contrecœur. Ici, pas de train-train. Boulanger, c’est chaque fois partir de zéro et créer quelque chose de nouveau, surtout quand on travaille avec un ingrédient aussi capricieux que le levain, qui se modifie au fil des saisons et selon la température. Avoir son propre business demande de travailler très dur, chaque jour est un défi. Mais le processus de création et le contact avec les clients m’apportent énormément de satis- faction. En plus, je peux organiser moi-même mon temps de travail. Je ne dois plus faire les navettes et je peux consacrer du temps à mes deux fils. Le petit troisième est en route… C’est une situation idéale. Bob et moi, nous nous partageons les tâches et nous nous levons en alternance à 5 h du matin pour préparer nos trésors. Il n’y a rien de plus beau, à l’aube, que de voir monter mes pains dans le four et de voir que ça a de nouveau réussi. »

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