Ces parents au foyer s’amusent à gérer la maisonnée comme une petite entreprise. Ayant connu le monde du travail, ils savourent leur choix d’une vie moins stressée et se consacrent avec pragmatisme à leur nouveau full time. Éric, 34 ans, nous raconte son quotidien de papa à temps plein. Par Evelyne Rutten, avec la collaboration d’Anne-Sophie Kersten. Photo: Liesbet Peremans.

Le témoignage d’Éric, papa de 5 garçons

Éric: « Ma femme et moi nous sommes rencontrés très jeunes : elle avait 14 ans et moi 16. Cela joue dans notre relation, ça n’est pas comme pour les couples qui se rencontrent plus tard. On ne se positionne pas soi-même en premier, on est comme entremêlés. Notre relation est d’autant plus solide que durant notre enfance, nous étions tous les deux mal lotis à la maison. On a chacun dû apprendre à se battre. Après quatre enfants, on a senti que ça serait mieux pour notre famille que l’un de nous deux reste à la maison. Ma femme étant infirmière en chef, elle gagnait plus que moi avec mon salaire d’éducateur. Il était donc logique que ce soit moi qui quitte mon boulot. Ça nous a valu de nombreux commentaires, surtout de la part d’hommes. Il faut dire qu’on habite un petit village où le modèle familial est encore très traditionnel. Mais j’ai une autre perspective que les femmes au foyer des années 50. Pour elles, une fois tout le monde parti, ça signifiait une maison vide. Moi, je retournerai travailler dès que le dernier des enfants ira à l’école primaire.

“Ce n’est pas aux autres de définir votre façon de vivre. C’est peut-être bien la clé du bonheur, d’ailleurs.”

Je suis peut-être un peu trop cool avec l’éducation, mais je ne veux pas que plus tard, mes enfants puissent dire que ce n’était pas chouette à la maison. Heureusement, nos garçons sont calmes. Cela nous permet de continuer à faire ce qui nous plaît. On ne s’est jamais fixé de limites. Des voyages lointains, un city-trip à New York ? Ce n’est pas évident avec cinq enfants, mais on ne s’en prive pas. On est des impulsifs et adorons vivre de nouvelles expériences. Lorsque je serai vieux, je ne veux pas avoir de regrets. Si on se prive de vivre des choses à cause des enfants, c’est que quelque chose ne va pas. Même si c’est à contre-courant, c’est comme ça qu’on voit la vie. On pousse nos enfants à grandir l’esprit ouvert. Les jours d’école se déroulent toujours de la même façon. Le matin, je vais faire un jogging ; je cours une quarantaine de kilomètres par semaine. L’après-midi, je range, je fais les lessives et je commence progressivement le repas du soir. On a un jour séjourné dans une maison de vacances avec deux lave-vaisselle : c’était si fantastique qu’on en a acheté un deuxième pour chez nous. La seule tâche domestique que je ne fais pas, c’est le repassage, je suis trop lent. Nos finances sont organisées de façon à ce que tous nos biens soient en commun. Il ne pourrait pas en être autrement dans une telle situation. J’ai récemment commencé à mettre de l’argent de côté pour ma pension. À cause de mon passé, j’ai toujours cette peur d’avoir un jour des problèmes financiers, bien qu’il n’y ait aucune raison. Je suis très heureux d’avoir pris ma vie en main. Ce n’est pas aux autres de définir votre façon de vivre. C’est peut-être bien la clé du bonheur, d’ailleurs. »

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