Avec leurs grandes feuilles de cannabis en déco, on dirait des coffee shops néerlandais : les boutiques de CBD ont poussé comme des champignons aux coins de nos rues. Le cannabidiol, c’est la drogue qui ne drogue pas, en toute légalité. Ou presque. Des consommatrices nous ont livré leur témoignage quant à leur utilisation et les bienfaits ressentis.

ARIANE, 42 ANS, chargée de projets dans une ASBL

« Je consomme des joints classiques, mais j’ai commencé à fumer du CBD par curiosité. Les effets sont intéressants : j’ai constaté que je riais beaucoup et que je parlais plus facilement que d’habitude. Ça me permet de prendre un moment de distance avec ma vie, du recul et d’analyser certaines choses. C’est un moment à moi, hors du temps, que je m’accorde, parfois avec des gens de confiance. »

MYRIAM LEROY, 37 ANS autrice

« J’ai fumé pas mal de joints à l’adolescence, mais avec le recul, adulte, je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas tellement. Il y a quelque temps, je passais une mauvaise journée et je devais accueillir chez moi une dizaine de copains. Je me sentais beaucoup trop tendue pour jouer les GO du Club Med. Dans un shop de CBD, la vendeuse m’a donné toute une série de conseils qui m’ont convaincue d’essayer. D’autant plus que derrière moi, il y avait une petite vieille et des personnes semblant venir d’horizons très divers. Ça n’avait donc pas l’air d’être un trip de junkies. J’ai acheté quelques grammes de CBD et une graine pour en planter (j’ai obtenu un plant magnifique jusqu’à ce que mon chien le mange).

« Il n’y a pas de sensation de défonce, juste celle d’une caresse légère »

Mon premier joint de CBD, c’était ce soir-là : après deux bouffées, mon dos s’est décontracté de manière incroyable. J’ai passé ensuite une soirée très cool, et puis dormi comme un bébé alors que ce n’était pas gagné. Depuis, j’en fume de temps en temps, pour le plaisir, pour la détente, la plupart du temps avec des amis. Il n’y a pas de sensation de défonce, juste celle d’une caresse légère. Par contre, je pensais pouvoir me réfugier dans le CBD pendant la promo de mon roman, Les yeux rouges, pour me relaxer. J’ai fumé un joint avant un entretien pour une radio française et j’ai passé l’heure à chercher mes mots, le cerveau au ralenti. J’étais très gênée de ma prestation. (NDLR : le chien de Myriam va bien.) »

MARINE, 46 ANS, chargée de communication

« En mars, on m’a trouvé un kyste sur l’ovaire pendant une visite de routine. Dès le lendemain, j’ai commencé à souffrir. La gynéco m’a demandé de tenir jusqu’au prochain rendez-vous, en juin. En mai, j’ai terminé aux urgences tellement j’avais mal. On a diagnostiqué une endométriose et je devais voir un spécialiste en juillet. Mais la douleur continuait d’augmenter et je n’en pouvais plus. J’ai vu des filles en parler sur un forum et j’ai atterri au Super Green Shop où Samantha m’a bien conseillée. Grâce à elle, je me suis dirigée vers l’huile de CBD qui m’a aidée jusqu’à l’opération, fin juillet.

J’ai dû arrêter quelques jours avant parce que c’est un anticoagulant et j’ai senti la différence ! Depuis l’opération, je continue parce que ça m’aide pour l’endométriose (actions anti-inflammatoires) mais sans que je sois stone. Je suis zen, mais pas assommée. »

FRANÇOISE, 37 ANS prof de morale

« Je suis porteuse du syndrome d’Ehlers Danlors hypermobile. C’est une maladie génétique liée au collagène. En gros, je suis comme un meuble Ikea sans vis ni colle. Mes articulations se déboîtent, ma peau est hyper fragile, mes tendons sont inutiles. Cela occasionne des douleurs en continu, des troubles du sommeil, des problèmes cardiaques et digestifs… Je suis sous antidouleurs depuis 20 ans et mon foie peine un peu. Quand enfin j’ai eu un diagnostic correct, on a aussi mis en place un traitement pour la douleur.

« Ça me permet de dormir sans avoir besoin de somnifères qui m’assomment et tuent mon foie »

Quand le CBD est arrivé en Belgique, mon fils, qui a la même maladie, m’a proposé d’essayer. On en a parlé à notre médecin traitant et au spécialiste, qui ont validé la chose très naturellement : c’est reconnu comme efficace pour mon type de douleurs. Au début, j’ai pris de l’huile. C’est dégueulasse et très très parfumé, un goût d’herbe à vache, pouah ! Du coup, j’ai testé d’autres choses. Je prends des gélules (sans goût et moins dosées) et ça me convient. J’en prends une fois par semaine, ça me permet de reprendre des forces en dormant sans avoir besoin de somnifères qui m’assomment et tuent mon foie. »

LARA, 32 ANS attachée de presse

« J’en consomme en forme d’huile principalement. J’ai eu de grosses périodes de crises d’angoisse en début de cette année et je n’arrivais plus à dormir. Je ne suis pas du genre à me bourrer de médicaments : même un antidouleur, j’ai du mal à le prendre. Et justement, je commençais à avoir des maux au dos, à la tête et aux muscles sans raison particulière. En fait, la raison de tout ça, c’était le stress.

Comme le CBD commençait à devenir de plus en plus « grand public », je me suis dit que j’allais tester ! J’ai beaucoup fumé d’herbe dans ma jeunesse et ça me détendait bien, mais je n’aimais pas du tout le côté high. Au niveau des effets, le CBD me calme, comme si on enlevait juste un cran de stress. Donc c’est vraiment léger, mais ça me permet de dormir. Et comme je suis détendue, je n’ai plus mal. Je me réveille le lendemain sans gueule de bois ni effet secondaire. »

ISABELLE, 36 ANS, mère au foyer

« J’ai commencé à en prendre au mois de juin et sans exagérer, cela a changé ma vie. J’avais des épisodes d’anxiété très handicapants qui, avec la fatigue inédite que j’ai connue au moment où j’ai eu mon fils, se sont transformés en vraies crises de colère et de larmes assez violentes. Chaque épisode renforçait mon anxiété parce que j’avais vraiment l’impression de perdre le contrôle. Un jour, à l’instinct et en suivant des conseils judicieux, j’ai été me chercher un petit flacon de gouttes de CBD à mettre sous la langue et j’ai retrouvé une paix de l’esprit que je n’avais plus connue depuis bien longtemps.

En plus, ma capacité de concentration a décuplé. Je n’arrivais même plus à lire plus de 10 pages alors que là, ça va beaucoup mieux. Depuis, ma mère en prend pour supporter mon père, ma tante pour supporter ma grand-mère, ma belle-sœur pour surmonter sa dépression. C’est en train de devenir un remède contre la charge mentale. Bref, CBD mon amour… »

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GAEL octobre

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