Une enfance à Anderlecht, les premiers pas sur scène, la naissance de « Zidani »… L’humoriste belge nous raconte son cliché d’enfance. Par Florence Hainaut.

La fille de l’Algérien

J’ai 4 ans et j’habite encore chez mes parents! Nous vivons à Anderlecht. Je suis la petite dernière, ma mère a déjà eu quatre enfants d’un premier mariage. Mon père est algérien, du côté de ma mère c’est très belgo-flamand. Je suis un peu “la fille de l’Algérien”, au sein même de ma famille. J’ai des souvenirs très nets, à 5, 6 ou 7 ans, de me sentir étrangère sans vraiment comprendre ce que ça signifie. À 9 ans, j’ai commencé le théâtre à l’école et ce sentiment d’être étrangère a disparu instantanément. J’ai senti que j’avais ma place, je me sentais chez moi sur scène, c’était un lieu magique, à part, où les nationalités n’existaient pas.

« J’avais du mal à trouver mon moi qui se sentait bien sur scène, du coup Zidani est devenu mon identité, une manière d’être un personnage. »

Pour mon premier rôle au théâtre, je jouais une gamine pauvre qui a faim et qui pique des gaufres. Je me souviens que la salle a éclaté de rire à ma première réplique. J’avais bossé ça de manière très sérieuse, c’était pas du tout un rôle marrant. À la fin, tout le monde est venu me taper sur l’épaule et puis après, on ne m’a plus donné que des rôles comiques. Mais j’avais un peu ça en moi. Mon père avait un resto où j’aimais raconter des blagues. Mais je pense que ma vraie carrière a commencé à 5 ans en chantant L’Accident de Sardou. Tout le monde trouvait ça très mignon que je connaisse les paroles et on me filait de l’argent. J’ai réalisé que je ferais du rire mon métier au moment de l’émission La Classe, sur France 2, c’était en 1987. Les humoristes allaient raconter leurs histoires. Tout le monde me disait que j’allais faire du théâtre, mais je ne le sentais pas, je voulais raconter des histoires que j’écrivais. Mon pseudo? Le Sandra est vite tombé. J’avais du mal à trouver mon moi qui se sentait bien sur scène, du coup Zidani est devenu mon identité, une manière d’être un personnage. Sandra Zidani ça fait sérieux, quand même.»

SON ACTU

Son spectacle Retour en Algérie est à découvrir cette saison. «Mon père est mort en 1992 et j’ai réalisé que je ne connaissais rien de son histoire, il ne racontait rien, je ne savais pas qui j’étais. Plus le temps passait, plus ces questions devenaient aiguës. Finalement, un peu par hasard, j’ai rencontré un de mes cousins que je ne connaissais pas. On a fini par aller ensemble en Algérie, en décembre 2009. J’étais très angoissée, mais quand j’y ai mis les pieds, ça a été extraordinaire. C’était comme si j’avais trouvé la pièce de puzzle qui me manquait.»

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