Souvenirs d’enfance et rencontre coup de foudre: voici notre GAEL guest, Sébastien Ministru comme vous ne l’avez jamais vu!

GIUSEPPE, 83 ANS, RETRAITÉ, PAPA DE SÉBASTIEN

À l’âge où d’autres vont à l’école, le petit Giuseppe travaillait comme berger en Sardaigne. Proche à les confondre du personnage du père dans Apprendre à lire, le vrai Giuseppe Ministru a passé huit ans dans la mine en Belgique, puis dans le bâtiment. Il fallait assurer les médicaments, les séjours à l’hôpital de sa femme, et puis la vie sans elle. « Une femme que le bon Dieu a rappelée à lui parce que c’était une femme à aimer. » La famille s’est beaucoup resserrée autour de lui et des quatre enfants pour gérer le quotidien. « Souvent, Sebastiano dormait quand je rentrais du travail. Je ne l’ai pas tellement connu… »

Est-ce que Sébastien vous ressemble ?

« À 100 % ! Moi, je ne savais pas lire, puisque j’ai dû garder les bêtes, mais j’ai réussi à apprendre tout seul. Sébastien aussi: il s’est débrouillé tout seul. La famille ne l’a pas aidé pour faire ses études, pour développer son métier, pour écrire son livre (que j’ai à la maison). Je suis très fier de lui. »

Un défaut ?

« Il a acheté une maison trop tard. Il a loué pendant 20 ans, 20 ans de trop! »

Un souvenir qui vous a marqué ?

« Quand il a dû passer son permis de conduire à Mons, Sebastiano devait rentrer dans un emplacement de parking en trois fois. Et ça ne marchait pas. C’est moi qui ai dit : “On arrête!” Il était très fâché. Mais moi, j’étais plus tranquille de savoir qu’il n’allait pas rouler en voiture à Bruxelles. »

SERGE, 65 ANS, PEINTRE, COMPAGNON DE SÉBASTIEN

Chez Serge aussi, la première rencontre, il y a 32 ans, a laissé des traces indélébiles: « Ça a été comme un flash, un éclat de lumière. Mais il a quitté le bar avec son ami. Par hasard, on s’est revus à 300 m de là plus tard dans la soirée. Là, c’est moi qui l’ai abordé. »

Une qualité de Sébastien ?

« Il a une formidable discipline et un grand sens de l’organisation, le tout pimenté d’humour. Ses journées s’organisent en tranches horaires, et les nombreuses activités qu’il mène renforcent encore sa tendance. Moi, je suis plutôt relax. Du coup, on fonctionne en équipe. Pendant qu’il mène ses projets, je m’occupe des tâches administratives, du quotidien, comme les repas, les courses ou même le conduire, pour qu’il soit libre d’esprit. Et ça me convient. Il n’est pas tortionnaire! »

Un défaut ?

« Il est parfois impatient. Tout devrait aller vite, à son rythme accéléré. Ça peut l’énerver terriblement de ne pas trouver ce qu’il veut dans un magasin : “Ça devrait y être, ce n’est pas professionnel!” Ou : “Les prix sont mal mis.” Comme un enfant qui n’a pas ce qu’il veut. Ceci dit, il s’est nettement amélioré. »

Une situation 100 % Séba ?

« Imaginons qu’il soit bousculé dans un lieu où il y a du monde: il va d’office s’excuser, lui, même si ce n’est pas de sa faute. Moi, ça m’énerve. Je dois carrément lui rappeler que ce n’est pas à lui de le faire. Quand il manque de confiance en lui, je lui dis : “Sors de ton coin, ta place est aussi dans la lumière.” »

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GAEL mars

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