Le sale gosse des lettres françaises nous a reçues dans sa suite, allongé sur le lit « comme chez sa psy », pour une confession entre gravité et hilarité. Interview: Paloma de Boismorel.

Le speed-dating de Frédéric Beigbeder

La dernière photo que vous avez prise?

Un photographe vient de me tirer le portrait dans mon lit. Il m’a demandé de sourire et je n’avais pas envie. Je crois que c’était pour un article sur le bonheur et qu’il est traumatisé.

Un malheur plus grand que mourir?

La mort de quelqu’un qu’on aime. Quand j’avais 30 ans, je vous aurais répondu: «Ne pas rentrer au Club 54.»

Un son ou une musique qui vous apaise?

Le bruit de la pluie quand on est à l’intérieur. En revanche, les cris d’oiseau que l’on met dans les spas, c’est une catastrophe.

Une faille dans votre éducation?

Je ne sais pas faire marcher une machine à laver. Mais je connais très bien le fonctionnement du lave-vaisselle, que j’adore vider. C’est un très bon antidépresseur.

Un talent caché?

Je sais loucher d’un seul œil. Regardez.

Le comble de l’autodérision, pour vous?

La semaine dernière, je buvais un verre au Ritz et trois types cagoulés sont arrivés avec des armes. Je me suis réfugié dans les toilettes et je me suis dit que ce serait un comble de crever ici alors que je venais de publier Une vie sans fin.

Un snobisme qui vous laisse de glace?

Les carrés VIP dans les boîtes, c’est toujours le coin le plus chiant.

Un tableau dans lequel vous voudriez vivre?

« Thérèse dreaming », de Balthus. C’est un tableau qui fait l’objet d’une pétition pour qu’on le retire du MET à New York. On y voit une jeune fille un peu alanguie, les jambes découvertes. Je me verrais bien à l’arrière-plan en train de cuisiner des œufs brouillés.

Un personnage de fiction à inviter à dîner?

Seymour Glass, le soldat qui se suicide dans l’une des nouvelles de Salinger. Tout ce qu’il dit est original, malheureusement il se tire une balle à la fin.

À quoi comptez-vous occuper vos 300 prochaines années?

À lire tous les numéros de GAEL.

UNE VIE SANS FIN, 360 P., ÉD. GRASSET.

Retrouvez cette rencontre en intégralité dans le GAEL de mai, disponible en librairie!

 

Gael mai

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