Elle a déjà été GAEL Guest. C’est d’ailleurs la première personnalité que nous réinvitons. En cinq ans, la vie a pas mal changé pour elle. La comédienne et humoriste fait plus que jamais ce qu’elle veut, pas ce qu’on attend d’ellePar Florence Hainaut. Photos: Laetizia Bazzoni. 

À une époque, avant que ça ne soit dans l’air du temps, vous aviez un projet : réaliser des capsules télé sur des femmes qui ont marqué l’histoire.

On les a faites ! Mais personne ne les a achetées. Quand on sait que Caméra café a mis dix ans pour exister, je me dis que rien n’est perdu. Je trouvais ça passionnant de vulgariser l’histoire et de tourner ça avec de l’humour, c’est une super manière pour que les gens s’y intéressent et retiennent. Quand tu transformes la vie de Marie-Antoinette en sketch, ça marque. C’est d’ailleurs avec elle que j’ai commencé, comme ça. Puis j’ai réalisé que je ne savais pas grand-chose de Marie Curie ou de Frida Kahlo et je me suis lancée. C’est pas tellement une question de féminisme. Mais quand on y pense, toutes ces femmes ont ouvert le passage et elles avaient vachement de caractère.

Vous vous considérez comme féministe ?

Non. Enfin, à certains moments, oui. À Noël, quand je me suis retrouvée à faire la vaisselle avec ma mère et ma cousine alors que tous les mecs étaient au salon, ça m’a bien gavée. Mais j’ai toujours trouvé ma place en tant que femme et on ne m’a jamais fait remarquer que j’en étais une, sauf une fois.

Quand ça ?

Quand j’ai débarqué à Paris, on m’a proposé de présenter une émission télé. Le producteur m’a dit : « Vous êtes faites pour ça, mais dépêchez-vous, les femmes, à un certain âge, c’est fini. » Gros con ! Tout d’un coup, on me renvoyait au fait que je suis une femme et pas à ma compétence. Je l’ai très mal pris. J’ai refusé.

Vous dites: « Je ne me sens jamais légitime et je n’arrête pas de m’excuser ! »

Je me sens toujours moins bien que les autres, j’ai toujours eu ça depuis le conservatoire. Chaque fois que ça va mieux, hop, il y a un nouveau challenge et je replonge. C’est comme ça, toute la vie tu seras plus petit que quelqu’un que tu admires. Je vais dans des émissions télé, parfois, je me sens comme un caca puis finalement je fais des super rencontres.

« Le bon personnage, la bonne rencontre, ça peut tout changer. »

Lors de la promo d’un spectacle que je jouais avec Zinedine Soualem, je me suis retrouvée dans l’émission d’Arthur. J’étais super mal, il annonçait des ténors du box-office, il y avait Christian Clavier, des gros caractères, et j’étais la seule nana. Puis à un moment, faut jouer avec ses faiblesses, je suis pas une ténor du box-office, j’ai plaisanté là-dessus et finalement c’était super. Et Christian Clavier s’est dit : « Tiens, elle serait bien dans mon film. » Comme quoi, c’est en étant naturelle et en m’assumant que ça passe.

Qu’est-ce qu’on attendait de vous et que vous n’avez délibérément pas respecté ?

J’ai une grande liberté, mais elle a un prix. Je ne fais pas partie d’une grande famille du showbiz. Je suis restée dans mon petit sillon. J’ai très envie de rester longtemps, pas d’être fulgurante. Donc je fais mon métier en m’écoutant, je prends des risques, je me remets en question. J’ai refusé des coproductions, de bosser avec des grosses boîtes qui ne me faisaient pas envie. C’est le prix de la liberté.

Cette année, vous partez en tournée avec un nouveau spectacle. Il parle de quoi ?

Je l’adore. Ça fait un an et demi que j’y travaille, j’ai mis plein de trucs différents, il est inclassable, je suis hyper contente. Quand les gens vont s’asseoir, ils n’auront pas le temps de se dire : « Tiens ça ressemble à machin, ça me fait penser à ça. » Il y a plein de surprises, beaucoup de connivence avec le public. Je demande aux gens de ne rien poster sur les réseaux sociaux pour garder l’effet de surprise.

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