C’est du belge, sur la RTBF, fête ses 15 ans. Une longévité rare pour une émission télé. C’est sans doute parce qu’elle s’attache à ce qui fait vraiment ce pays. Du Nord au Sud, l’émission 100 % belge qui scanne tous les talents garde le cap. Par Florence Hainaut. Photos: Laetizia Bazzoni.

Rencontre avec « la Belge équipe »

C’était une belle fête : 70 minutes d’émission spéciale, la participation de ceux et celles qui se sont succédé à l’antenne depuis la création de l’émission et une interview de Jean-Claude Van Damme, l’ambassadeur le plus barré du pays. C’est du belge, qui a donc tout juste 15 ans, est née d’une idée somme toute banale : faire barrage à la concurrence en créant un royal rendez-vous sur l’actualité des têtes couronnées. Et puis, il y a quelques années, ils ont tout changé. C’est l’exemple parfait de l’émission qui a évolué pour ne pas disparaître. Ils ont laissé les roitelets roiteler et se sont concentrés sur la mise en valeur des talents belges. « Et ça, c’est une émission de service public. L’actu royale, ça se fait en face, et ça se fait bien ! » Marie-Hélène Vanderborght est chroniqueuse et éditrice « depuis… je n’ai aucune notion du temps, je dirais cinq-six ans ». Après des débuts classiques, le programme s’est donc tourné vers ceux et celles qui font et qui font bien. « Et c’est génial, parce que c’est inépuisable. On parle gastronomie, design, savoir-faire, découvertes, jeunes talents. Notre force, c’est le positivisme, c’est assumer qu’on peut être fier d’être belge. On ne fait pas profil bas, on assume notre fierté. »

Meet our Guests: C'est du Belge, 15 ans déjà!

Les audiences au rendez-vous

Gerald Watelet, le présentateur, qui est là depuis le début, confirme : « Je pense que l’émission, dans sa forme actuelle, est arrivée à un moment où être belge était enfin devenu respectable. Le tournant qu’on a pris il y a cinq ans nous permet d’explorer ce qui fait nos manières d’être et de créer. Et le public est fier d’être belge, on n’est plus les cousins de province des Français. L’émission est bienveillante, on n’est pas là pour chercher des noises aux gens, on n’est pas dans l’attaque. » Les audiences confirment que la recette fonctionne : « On est à 22 % de parts de marché, avec une audience stable, qui reste tout le long, les gens ne zappent pas. C’est quand même super encourageant. » Lui qui papillonne depuis des années s’est d’ailleurs posé : « Plus les années passent, plus je prends du plaisir à la faire. » Anne-Laure Macq entame sa quatrième saison. Dans sa séquence « Et si tu n’existais pas », elle émiette nos madeleines de Proust et nous fait découvrir (ou redécouvrir) un savoir-faire ou un lieu belge : « Le Coudenberg, l’histoire de la frite chez De Corte. Mais aussi le “passe-vite” ! Vous saviez que c’était une invention belge ? » Ça ne nous a peut- être pas placés au centre de la carte du monde, mais que serait la soupe à la tomate de ma mère sans passe-vite ?

Tiany, la petite nouvelle

Nouvelle venue, Tiany Kiriloff est une inconnue chez nous et une star au Nord du pays. Elle vient apporter sa connaissance de ce qui fait bouger la Flandre : « Ils ont enfin eu envie de passer la frontière ! » Indispensable, confirme Gerald Watelet : « Le pays commence sur la côte et se termine au bout de la province de Luxembourg.On ne devait pas se limiter aux talents de Bruxelles et de la Wallonie, il fallait proposer une personne qui fasse le lien entre les deux. » Hollandaise d’origine, elle passe son enfance au Venezuela et débarque en Belgique à 13 ans. « Ce qui m’a étonnée, au début, ce sont les autoroutes. Je n’en avais jamais vu ! Mais ce que j’ai trouvé vraiment bizarre, ce sont les gens qui regardent par terre en marchant. Au Venezuela, les gens se regardent, se parlent. Ici, c’est moins le cas et ça a été très déstabilisant. »  Vingt-huit ans de Belgique plus tard, Tiany s’est habituée à nos mines parfois grises et est tombée amoureuse de nos créateurs hauts en couleur. « C’est important pour moi de mettre en avant les talents locaux, on doit être fiers de ce qu’on fait. Côté flamand, il n’y a pas d’émission comparable. On a de la chance de pouvoir mettre en valeur des gens qui font bouger le monde. »

« On ne s’adresse pas à une clientèle exclusive, on ne fait pas semblant que le luxe est accessible. Mais le beau l’est » – Gerald

Savoir-faire de chez nous

« Même nous, on fait des découvertes, s’exclame Gerald. Des choses plus jeunes, que je connais moins, je les apprends grâce à l’émission. Et puis j’aime le côté culturel populaire, sans élitisme. Quand on propose des chroniques sur le luxe, qui fait vraiment partie du savoir-faire belge, c’est dans l’idée de montrer ce qu’on arrive à faire chez nous, de faire découvrir des ambassadeurs, de la même manière qu’on adule les sportifs qui performent. On ne s’adresse pas à une clientèle exclusive, on ne fait pas semblant que le luxe est accessible. Mais le beau l’est. »

Le drôle aussi, et pendant toute la séance photo, il sort de la bouche de Gerald, qui s’inquiète d’avoir l’air ewaré, promet que c’est le dernier shooting, parce qu’il est trop vieux, et chambre sa complice Marie-Hélène : « Je veux bien partir avec elle en vacances n’importe quand, elle est hyper facile. Tu covoitures avec elle, elle s’endort en deux minutes. Et puis elle est toujours contente de manger. Tu vois les frites froides de la photo ? Je te jure qu’elle est capable de les manger et de les trouver bonnes ! » La Belgique regorge sans nul doute de talents qui permettent à C’est du belge de vivre encore de nombreuses années. Mais l’émission ne serait pas ce qu’elle est si la belge équipe ne s’amusait pas tant à la faire.

Découvrez le portrait de nos Guests en intégralité dans le GAEL d’avril, disponible dès maintenant. 

Spécial Belgique! Ce que vous réserve le GAEL d'avril

Plus de Guests: