Il y a plus de 45 ans, Jane Birkin réalisait un exercice d’équilibriste à dos d’éléphant. La chanteuse revient pour nous sur ce doux souvenir. Par Isabelle Blandiaux.

NUMÉRO DE CIRQUE

“Je ne me souviens pas de quand cette photo date précisément, mais elle a été prise entre 1971 et 1975, lors d’une de mes participations au Gala de l’Union, un événement exquis qui avait lieu une fois par an et où les plus grands artistes, comme Michel Simon, Brigitte Bardot, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo…, faisaient des numéros de cirque auxquels ils n’étaient pas du tout habitués.

J’avais eu cette année-là l’éléphant d’Alexis Grüss, Toffee, qui était un amour. Je devais monter sur sa tête, tenir dans sa trompe, c’était un numéro de charme en fait. J’ai eu la chance de mettre ma main dans sa bouche ; la bouche d’un éléphant a une douceur soyeuse que vous ne pouvez pas imaginer. C’est comme mettre sa main dans une mangue tiède. Une sensation délicieuse. On s’amusait beaucoup. Et tous les bénéfices allaient aux gens du spectacle dans le besoin.

“J’aime cette photo parce que je trouve le costume seyant et l’éléphant était tellement adorable. J’ai toujours regretté de ne pas avoir fait de film d’action, par exemple à dos de dromadaire dans le désert. Une folie britannique !”

Rien n’a été filmé, ou très peu, pour un reportage télévisé. L’événement avait lieu au Cirque d’hiver, à Paris. Une autre année, j’ai marché sur un fil de fer, habillée en lapin. La dernière fois qu’on l’a fait, j’avais un numéro en patins à roulettes avec Nono, un performer. Il mettait mes patins autour de son cou et puis il lâchait les mains et tournait, tandis que moi, j’étais à l’horizontale. C’était super dangereux mais on se lançait des défis. On était coachés par des professionnels du cirque, qui donnaient de leur temps, peut-être un mois. Nos répétitions étaient très gaies parce que les enfants pouvaient y assister.

Nos enfants à nous venaient nous voir lors d’une représentation dans l’après-midi. J’aime cette photo parce que je trouve le costume seyant et l’éléphant était tellement adorable. J’ai toujours regretté de ne pas avoir fait de film d’action, par exemple à dos de dromadaire dans le désert. Une folie britannique ! (Rires.) Cela m’enchante quand il y a des animaux. J’ai tout eu : des chiens, des perroquets, des chats… Je ne peux pas imaginer une enfance sans animaux. En plus, ils nous aident beaucoup. J’ai perdu mon bouledogue Dolly récemment. Elle m’a portée tout au long du confinement, que nous avons passé en tête-à-tête. Elle a été un tel trésor, un tel compagnon, un tel soutien !”.

SON ACTU

Douze ans après Enfants d’hiver (2008), le dernier album qu’elle avait écrit, Jane Birkin revient avec un disque poignant dont elle a ciselé les textes, mis en musique et réalisé par Étienne Daho et Jean-Louis Piérot. Un album concept, tendre, rock et vénéneux, qui est parti de l’adaptation musicale de la pièce de théâtre de Jane, Oh ! Pardon tu dormais… “Puis ça a bifurqué assez vite parce que j’avais écrit dans l’urgence deux chansons sur ma fille Kate (qui s’est suicidée fin 2013, NDLR). Étienne a aussi transformé des passages de la pièce en chansons. C’était excitant. Cela parle de la jalousie, de la déception amoureuse, de la nostalgie des coups de foudre…”.

  • JANE BIRKIN, “OH ! PARDON TU DORMAIS…” (UNIVERSAL). Sortie le vendredi 11 décembre.

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