Comment Iris Apfel est-elle devenue la reine du style?

Iris Apfel a attendu l’âge de 83 ans pour devenir une icône de mode. Mais la centenaire, qui s’est éteinte ce vendredi 1er mars, était bien plus qu’une source d’inspiration style. Son esprit libre la tenait éloignée des tendances. La règle de base de la guérillera glamour : toujours rester soi-même. Nous l’avions rencontrée l’année dernière. Résumé de son parcours hors norme.

Quand elle était jeune, Iris Apfel a découvert Loehmann, un magasin-dépôt situé à Brooklyn dont la sélection de vêtements l’enthousiasmait. Très vite, elle est devenue accro à ce lieu hors norme. Madame Loehmann, la propriétaire, une femme qui avait pour habitude de toiser ses clients depuis un tabouret installé dans le magasin, la fascinait. « Je vous ai observée, jeune fille, lui dit un jour madame Loehmann. Vous n’êtes pas particulièrement jolie, mais vous avez tellement plus : vous avez du style. » À ce moment précis, comme Iris Apfel l’a raconté dans sa biographie, elle n’avait pas le recul nécessaire pour saisir la portée de ces mots : « Je n’ai pas vraiment compris ce qu’elle essayait de me dire, mais ce qui est sûr, c’est que son discours était prémonitoire. »

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Iris Apfel, icône de la mode du jour au lendemain

Le mot style est souvent galvaudé, mais si vous le définissez comme « la manière très personnelle dont quelqu’un s’exprime au travers de ses vêtements », Iris était passée maîtresse en la matière. Son apparence était immédiatement reconnaissable, cohérente, originale et parfaitement en phase avec sa personnalité. « Je ne suis pas belle, je ne l’ai jamais été, confie Iris. Mais je n’ai aucun problème avec ça. Je n’ai jamais aimé l’idée d’une beauté trop évidente. Cet état d’esprit m’a donné l’opportunité de développer d’autres qualités. Je savais que je pouvais me démarquer autrement. », racontait-elle. Nous ne pouvons qu’applaudir le fait que cet « autrement » passe, entre autres, par une monture de lunettes aux couleurs vives, de jolies boucles argentées, des tonnes de perles et des franges. Son ami le photographe Eric Boman pense que son excentricité était une réponse à son statut d’« éternelle outsider ». Petite fille, en raison de problèmes médicaux, Iris était obèse. En tant que jeune femme, elle ne cadrait pas du tout avec le stéréotype de la beauté américaine.

OISEAU RARE

Iris a d’abord été une figure très populaire de Palm Beach et New York avant de connaître la gloire en 2005 à l’occasion d’une exposition de ses bijoux au Metropolitan Museum of Art de New York. « Quand le conservateur du musée m’a contactée, j’ai été très étonnée. Je pensais qu’il fallait être mort pour se voir dédier une exposition », blaguait-elle. Ce qui, à l’origine, devait s’apparenter à une modeste exposition de bijoux s’est transformé en une présentation de 82 silhouettes et 300 accessoires. C’était la première fois que le Met consacrait une exposition à une femme qui n’était pas créatrice, au nom inconnu du grand public. Il n’y a pas eu de grande campagne de pub ni même de dossier de presse détaillé. Baptisée « Rara Avis » (oiseau rare), cette présentation grandiose a étonné tout le monde et suscité des réactions sans précédent.

« Me voilà célèbre du jour au lendemain... Je suis devenue une starlette gériatrique. I’m hot, I’m cool, j’ai des fans », résumait-elle.

FUIR L’ENNUI

Le mantra d’Iris était aussi simple qu’accrocheur : « More is more, less is a bore. » Le style d’Iris ne venait pas du monde de la mode ou des magazines. Il s’agissait plutôt d’une cristallisation de tout ce qu’elle a en elle. Sa mère en premier lieu lui a servi de modèle : « Élégante, avec le souci du détail. » Iris évoquait aussi la Grande Dépression, qui a façonné sa créativité : « J’ai appris à être économe, à bien réfléchir avant d’acheter quelque chose, à ne rien jeter et à tout recycler. » Quant à ses études d’histoire de l’art, elles l’ont aussi fortement inspirée : « Je suis une grande admiratrice de Matisse. En matière de look, je me laisse guider par ses combinaisons de couleurs. » Iris Apfel s’est également nourrie des nombreux voyages qu’elle a faits avec son mari— Inde, Maroc, Turquie, Liban — à la recherche de matières pour leur société de tissus.

« Le style n’est pas une chose innée, analysait-elle. Vous devez savoir qui vous êtes et sentir jusqu’où vous pouvez aller. La définition du style ? L’attitude, l’attitude, l’attitude. Il doit venir de l’intérieur. Ce processus d’auto-examen n’est pas toujours facile. Prendre confiance en soi prend du temps. », concluait-elle.

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