Notre journaliste littérature Paloma de Boismorel profite de l’été pour se perdre entre fiction et réalité avec des lectures à effet miroir.

LA VIE MODE D’EMPLOI

Le pitch Que se passe-t-il quand il ne se passe rien ? Sur le point d’accoucher de son premier enfant, la journaliste et philosophe française Adèle Van Reeth se lance dans une drôle d’enquête. Les faits ? Le vertige et le dégoût qui la saisissent dans les moments les plus anodins de son existence. Les témoins ? Les auteurs qu’elle aime et qui, comme elle, ont osé regarder le réel en face. L’accusée ? La vie ordinaire, celle qui s’écoule malgré nous et dont l’ennui finit toujours par nous rattraper.

Pourquoi ça nous parle ? En s’écartant des grandes théories et en acceptant d’interroger son rapport concret au monde jusqu’à l’intimité, l’autrice réussit à faire entrer dans le champ philosophique les expériences fondamentales mais longtemps ignorées que sont la grossesse et l’accouchement. Le résultat est surprenant, captivant et parfois touchant.

  • LA VIE ORDINAIRE, ADÈLE VAN REETH, 190 P., ÉD. GALLIMARD.

AUTEUR À SUCCÈS

Le pitch Malgré une cohabitation avec un neveu altermondialiste vaguement insolent et quelques problèmes de grille-pain, Germain Pourrières a une vie confortable et bien réglée. Sans compter que ses romans se vendent à merveille et que les femmes lui tombent dans les bras. Pourtant, l’écrivain parisien se sent un peu las. Fuir la grande ville comme sa sœur qui s’est installée dans les Cévennes au milieu des chèvres ? Plutôt mourir. Décidé à rester dans son appartement, il se lance dans l’écriture d’une fable dystopique intitulée Plus rien ne sera comme avant.

Pourquoi ça nous parle ? Difficile de résister au ton léger mais grinçant de cette satire sociale qui nous fait découvrir l’envers moins glorieux de la littérature à travers les petites lâchetés et les habitudes poussiéreuses d’un écrivain au travail.

  • LOIN DES QUERELLES DU MONDE, ANNA ROZEN, 254 P., ÉD. LE DILETTANTE.

ÉTÉ SOUS TENSION

Le pitch Par un matin d’été dans les années 50, Ben et Addie Grossman font monter leurs deux enfants endormis dans la voiture et quittent Washington pour la banlieue tranquille de Long Island. Sous l’insouciance apparente des vacances et malgré le ciel bleu, les blagues, les jeux et leurs délicieux sandwichs, la tension est palpable. Pour quelles raisons chacun redoute- t-il le long séjour qui les attend dans le bungalow des parents d’Addie ?

Pourquoi ça nous parle ? Autopsie d’une crise conjugale, ce roman typiquement américain au décor merveilleusement rétro fait éclater certains clichés, dont celui de l’épouse et de la mère parfaite des années 50. En décalage avec son époque, Addie est un formidable personnage de femme libre à laquelle on s’identifie avec plaisir, en dépit ou à la faveur de ses contradictions.

  • LONG ISLAND STORY, RICK GEKOSKI, 350 P., ÉD. BELFOND.

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