En force ou en douceur, par la plume ou par le style, elles prennent des risques pour les causes qu’elles défendent. La rédaction de GAEL vous parle des femmes qui donnent furieusement envie de s’engager à leurs côtés.

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Maggie Gyllenhaal (40 ans), actrice américaine

BEAUTÉ CRUE

«Maggie les a laissés tomber. Je parle de ses seins, qu’elle arbore libres de tout soutien-gorge dans The Deuce, la série HBO sur la montée de l’industrie du porno dans les années 70. À l’époque, Times Square n’était encore qu’un village aux rues colorées par les prostituées et les proxénètes. Maggie Gyllenhaal (Candy dans la série) y joue une Marie-couche-toi-là en chair et en os et ne fait pas appel à de jeunes doublures pour les gros plans poitrine. Maggie a 40 ans, elle a eu deux enfants et quand elle tombe le haut, on voit la vie telle qu’elle est, et les seins tels qu’ils pendent. Ses consœurs exhibent également des corps réels: obésité luxuriante, anorexie malsaine, etc. Des physiques si réels qu’ils posent question: à quel point la différence est-elle normale à l’écran? Gyllenhaal a exigé qu’on lui permette de produire la série afin de garder le contrôle sur les scènes de sexe et de les soustraire à un regard masculin qui a trop longtemps dominé le monde du cinéma et dépeint les femmes uniquement comme des objets d’agrément. Dans The Deuce, Candy revendique sa sexualité dans une scène de masturbation menée de maîtresse main. Et cela n’est qu’un des nombreux exemples de solidarité féminine montrés dans cette série féministe. Dans la deuxième saison, Candy va plus loin et devient entrepreneur dans le business du porno. L’univers des séries télévisées s’est enfin ouvert au regard féminin, avec plus d’opportunités pour les écrivaines, les réalisatrices et les personnages qui prennent les choses en main. Prochaine étape à conquérir: le cinéma!.»

  • ILSE INGANG, RÉDACTRICE FINALE.
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Angela Merkel (63 ans), chancelière fédérale d’Allemagne

ÜBER ANGELA

«Quand il s’agit de se faire entendre, je ne crois pas au bruit ni à l’agitation. Je crois à la modestie, à la discipline, à la persévérance, même si je me rends compte que ces valeurs ne sont absolument pas tendance. D’un autre côté, il est agréable de voir que ce sont ces mêmes valeurs qui ont fait d’Angela Merkel la femme la plus puissante du monde. Mutti Merkel met son énergie dans l’essentiel (d’où ses tenues ennuyeuses, elle a sans doute mieux à faire que de se préoccuper de la mode). Et malgré toutes les critiques qui ont suivi, elle a montré au monde avec “Wir schaffen das” que dans les moments de crise, il faut aussi oser omettre toute raison et laisser parler son cœur. Vieux jeu? Peut-être. Mais quelque chose me dit que dans un avenir proche, ces valeurs désuètes nous serons plus utiles que jamais.»

  • NATHALIE BALSING, RESPONSABLE LIFESTYLE.
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Adwoa Aboah (25 ans), mannequin anglo-ghanéenne

TOP COURAGE

«Adolescente, j’étais peu sûre de moi, je ne savais pas ce que je voulais et je me sentais souvent nulle. J’aurais bien eu besoin d’un modèle comme Adwoa Aboah! Beauté atypique mais bien de son temps, avec ses cheveux rasés, sa peau moka et ses taches de rousseur, elle est aussi un modèle de courage. Ex-accro à la kétamine, elle a fait une tentative de suicide. “Je me sentais laide, je voulais être blonde et mince”, dit-elle. Heureusement, elle a réussi à redresser la barre et est maintenant une source d’inspiration pour quiconque se sent perdu ou doute. Elle a fondé Gurls Talk, une plate-forme où les filles et les femmes peuvent parler ouvertement de dépression et d’anxiété. Parallèlement à mon activité de journaliste, j’enseigne à des adultes qui n’ont pas réussi à obtenir leur diplôme en raison d’un passé difficile. Malheureusement, je constate souvent qu’ils ont perdu confiance en eux. J’aime leur parler d’Adwoa. Elle est la preuve que même les mauvais jours ont du bon, que la beauté connaît de nombreuses formes, que même les personnes les plus prospères ont des doutes sur elles-mêmes. Mais par-dessus tout, elle nous enseigne que les préjugés sont ridicules et que tout le monde mérite une seconde chance, peu importe son passé.»

  • GOELE TIELENS, JOURNALISTE WEB.
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Loubna Azghoud (38 ans), coordinatrice de la plate-forme Women in Business

À L’ÉCRAN

«Women in Business, c’est la plate-forme régionale de l’entrepreneuriat féminin à Bruxelles et Loubna Azghoud en est le visage. Depuis mai dernier, elle a aussi lancé Women in Tech, qui vise à sensibiliser, informer et orienter le public féminin en matière d’entrepreneuriat dans les nouvelles technologies et l’innovation. Une initiative qui me fait bondir de joie, car il y a un vrai problème de sous-représentation des femmes dans les métiers de l’IT. Un étudiant sur quatre seulement dans les sections STEM (science, technologie, ingénierie, mathématiques) est une étudiante alors que les femmes constituent plus de 60 % des universitaires. D’ailleurs, cette année aura aussi lieu la deuxième édition du Women Code Festival, le premier et unique festival du code au féminin en Europe. Au programme: des workshops de code, évidemment, mais aussi des tables rondes, des débats sur la place des femmes dans le milieu de la technologie et de l’innovation, des projections de films ou encore des actions de sensibilisation des acteurs de terrain… Il est grand temps de décomplexer les femmes dans leur rapport au numérique.»

  • CHARLOTTE VERSELE, JOURNALISTE WEB.
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Diane Stroobant (31 ans), pédiatre, bénévole au sein de l’association Médecins Sans Vacances

LES VACANCES DE DIANE

«On demande rarement à son médecin comment il va, alors que les métiers liés à la santé sont souvent très lourds en termes de charge de travail et de stress. Pourtant, le Dr Diane Stroobant a choisi de passer une partie de ses vacances au chevet des jeunes patients de l’hôpital de Nyangezi, dans le Sud-Kivu. Une zone que les incertitudes géopolitiques rendent dangereuse. C’est déjà dans cette région que Diane avait choisi d’effectuer son stage en pédiatrie. Je suis admirative de son engagement, comme de celui des centaines d’autres médecins volontaires qui participent à ce mouvement. “Deux semaines par an, ce n’est pas grand-chose. Bien sûr, ce ne sont pas des vacances, on travaille énormément et on revient épuisés, mais avec un regard plus lucide et le sentiment d’être utiles autant ici que là-bas.” Ses moteurs: la satisfaction de soigner et de sauver des vies dans une région où la mortalité des enfants de moins de 5 ans est l’une des plus élevées au monde, la richesse des échanges avec les équipes médicales sur place et la constatation, mission après mission, que la qualité des soins s’améliorent. “Faut-il du courage pour partir là-bas? Je ne sais pas… Ceux qui y vivent sont confrontés aux difficultés et aux dangers chaque jour. On peut le supporter deux petites semaines par an, non?”»

  • AURORE D’HAEYER, COORDINATRICE LIFESTYLE.

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